FORMES ANATOMO-PATHOLOGIQUES
Les lésions tuberculeuses du vieillard n’offrent rien de vraiment original. Quelques notions méritent pourtant d’être retenues.
La phtisie aiguë granulique, caractérisée par la diffusion de granulations miliaires, auxquelles on attribue ordinairement une origine hématogène, les formes pneumoniques, Proncho-préumoniques, les lobites, les cavernes isolées et, d’une manière plus générale, toutes les lésions qui ressortissent à des formes récentes, à des évolutions aiguës, à des localisations limitées, sont rares.
La diffusion, l’ancienneté des lésions, la sclérose, l'association d’emphysème et de bronchite chronique sont les caractères essentiels des phtisies séniles.
Fréquentes sont les vieilles lésions guéries, soit qu’on trouve simplement des tubercules de guérison, crétacés, fibro-crétacés, dans un poumon sain, soit que ces tubercules s’accompagnent d’altérations chroniques banales.
On rencontre fréquemment, à l’autopsie des vieillards, des concrétions crétacées, du volume d’un grain de mil à celui d’un pois, de siège apical, totalement
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calcaires, par guérison totale, ou entourant un centre caseux. Même dans ces tubercules calcifiés, le bacille peut être souvent trouvé, par inoculation, contrairement aux assertions de DÈJERINE. Ainsi, dans un cas de Le-Coz, où il s'agissait d’un nodule calcaire chez une femme de 74 ans. Ces concrétions sont généralement entourées de fibrose, d’anthracose, d’une zone de broncho-pneumonie chronique.
Les lésions ordinaires de la tuberculose caséeuse sont fréquentes : cavernes, infiltrations diffuses ; mais elles sont presque constamment compliquées de lésions de fibrose.
Celle-ci est souvent tellement prédominante que le poumon est transformé en bloc noirâtre difficile à détacher des parois thoraciques auxquelles il adhère.
La sclérose du poumon est presque constante.
On note aussi des zones d’emphysème localisées au sommet, au bord antérieur, ou plus étendues — des lésions de dilatation bronchique, de faible calibre et d'extension modeste.
Enfin, l'examen complet peut déceler, plus souvent que la clinique ne le ferait prévoir, des localisations extrapulmonaires, mais presque toujours thoraciques, adénopathies cervicales, axillaires, médiastinales, altérations osseuses sternales, costales, claviculaires, vertébrales.
Les tuberculoses cutanées, génitales, articulaires, sont rares.
Il s’agit donc souvent de lésions anciennes, partiel-
lement ou complètement cicatrisées, mais qui recèlent
toujours des bacilles dont l’inoculation montre la virulence parfaitement conservée.
Dans 30 à 40 % des cas, on trouve des lésions évolutives, mais tout particulièrement des lésions scléreuses.