LES FORMES AIGUES
Conirairement à l'opinion de LEBERT, la tuberculose aisuë n’a rien d’exceptionnel chez des sujets de plus de soixante ans. Mais elle évolue généralement
à très bas bruit, avec une séméiologie cachectisante
Us
plutôt que thoracique, et assez souvent lPautopsie révèle des lésions récentes pneumoniques, bronchopneumoniques ou granuliques non soupçconnées. Ces formes aiguës ne se voient guère qu’en milieu hospitalier, le seul où la contagion est assez massive et répétée pour jouer un rôle chez le vieillard, chez des diabétiques, des alcooliques ou de grands sur-
menés.
1) Granulie sénile
“ile est souvent tout à fait latente. Un vieillard hospitalisé pour bronchite, brightisme ou une infirmité peu menaçante, menant la vie banale de l’hopital et de l’asile, s’affaiblit brusquement, succombe en quelques heures. Une telle forme est surtout trouvée à l’autopsie de vieillards très avancés et forcément confondue avec la cachexie sénile.
D’autres fois, l’évolution est plus lente. Un homme d’une soixantaine d'années, sans antécédents remarquables, se plaint de fatigue, d’amorexie, maigrit, On pense souvent à un cancert. On s'étonne d’un cœur normal, d’une urée non modifiée chez ce malade souvent assez dyspnéique. Pas d’autres symptômes thoaciques. Après un Jent dépérissement, la mort survient en quelques mois.
Enfin, le début peut être brusque, fébrile avec fièvre
DEEE
à 39°, 40°, état saburral, la réaction nerveuse des
grandes pyrexies et même un syndrome méningé — Ja mort survient en une quinzaine.
2) Broncho-pneumonie tuberculeuse
Le tableau est généralement celui d’une de ces pneumopathies bâtardes si courantes chez le vieillard : ni frisson, ni point de côté, mais dyspnée, fatigue, fièvre ; un souffle tubaire, des râles crépitants et sibilants ; une expectoration purulente riche en bacilles.
— Souvent l’autopsie montre une granulie terminale à côté des lésions broncho-pulmonaires prévues.
Enfin, signalons les cas où les lésions pulmonaires évoluent sous une pleurésie purulente d'emblée ou
secondairement.
3) La poussée cachectisante de la cinquantaine
Cette forme très particulière fait l’objet d’un artiele récent de BüurNAND. Transformation brusque d’une évolution ancienne, elle forme la transition entre les évolutions aiguës et les phtisies lentes. Il s’agit d’un homme de 50 à 55 ans, fatigué, surmené, anxieux, qui vient consulter pour une atteinte brutale de l'état général.
Très pâle, anémique, adynamique, il a perdu dix,
NME vingt kilos en peu de semaines, pris d’un mois à l’autre l’aspect d’un vieillard.
La toux tantôt sèche, nerveuse, tantôt grasse, ramenant de gros crachats bacillifères, la dyspnée, les douleurs thoraciques attirent l’attention sur le poumon.
Mais les signes physiques sont souvent très discrets,
comme dans une simple sclérose
Obscurité des bases, respiration soufflante au sommet, irrégularité du murmure vésiculaire d’une région à l’autre, sibilances.
Pourtant, le cliché va révéler de grosses lésions : semis de nodules, infiltrations considérables, aspects en damiers, caractéristiques, selon DUMAREST, de fu-
berculoses fibreuses anciennes.
BURNAND rappelle que dans certains cas le cliché dit toute Fhistoire de la tuberculose par la juxtaposition des lésions anciennes (rétraction costale, déviation de la trachée, attraction du médiastin) et des images géodiques nodulaires ou lobaires des processus récents.
De fait, un interrogatoire précis révèle une lésion ancienne : un catarrhe qui n’a pas influé sur la santé générale, parfois quelques crachements de sang, évocateurs de tuberculose fibreuse paucibacillaire.
Granuliques, broncho-pneumoniques, ces poussées sont généralement très graves, bien que peu fébriles. Et la terminaison mortelle fréquente montre qu’un lissu fibreux ancien n’est pas toujours une garantie
contre l’extension des lésions bacillaires et, « lors-
no
que le feu s’y met, brûle comme le bois séché des vieux chalets >» (BURNAND).
FORME BRONCHITIQUE
Ce sont de vieux fousseurs, dont la santé générale est demeurée excellente, la température normale. Leur histoire, très banale, se résume au renouvellement hibernal des bronchites et à une expectoration très abondante.
L'examen montre le contraste classique des tuberculoses fibreuses :
— pauvreté des données stethacoustiques, réduites à quelques sibilances, à quelques anomalies de percüussion ;
-— richesse des constatations radiologiques : grosses civéernes mucttes, toujours intriquées de sclérose : rétraction de l’hémithorax, imbrication des côtes, travées, réseaux, quadrillages, faible mobilité des coupoles diaphragmatiques, assombrissement des sommets.
Enfin, il ést remarquable de constater que l’expectoration ést souvent pauvre en bacilles.
L'évolution est généralement apyrétique, longue, bénigne.
Maïs la latence de ces formes les rend très graves, du point de vue social. Elles s’incarnent dans le redoutable grand-père catarrheux, qui garde une santé excellente, mais dont les petits-enfants font des mé-
CNET
ningites de l'enfance, des pleurésies de l'adolescence, et souvent c’est à propos d’une ou plusieurs contaminations de l’entourage qu’on examine cette expecto-
ration ancienne et d’aspect si banal.