LE SYNDICAT TYPOGRAPHIQUE
Passé ce délai, le bureau du syndicat reste juge de décider .si un secours doit continuer à être servi à l'ouvrier malade, et il en fixe le chiffre. Une clause spéciale établit le but moral de l'institution : Tout sociétaire, malade à la suite de débauche ou de rixe, n'a droit à aucun secours.
A côté de la caisse de maladie, une caisse de chômage : un secours de 1 franc par jour est servi pendant un mois, à partir du quinzième jour de chômage.
Pour être admis au syndicat, l'ouvrier typographe doit justifier de son apprentissage et être représenté par deux syndiqués. Le droit d'affiliation est de 3 francs, pour tout compositeur exerçant sa profession depuis plus de trois mois, de 9 francs pour celui qui aurait été rayé d'un syndicat faute de paiement de ses cotisations, et de 15 francs pour celui qui aurait été rayé pour préjudice causé à un autre syndicat. La cotisation mensuelle ordinaire est de 1 franc; mais, en cas de force majeure, cette cotisation peut être élevée, pour un laps de temps déterminé , par le comité syndical et la commission syndicale de contrôle, après un vote dans les ateliers.
Tout syndiqué est tenu d'accepter les fonctions qu'un vote de la chambre syndicale peut lui conférer ; il peut cependant, s'il a rempli une fonction élective pendant une année, refuser pendant deux ans de nouveaux emplois.
En entrant dans le syndicat, l'ouvrier typographe prend d'autres engagements. Il doit éviter tout ce qui peut abaisser le salaire et nuire au métier. S'il est metteur en pages, il ne devra jamais avoir d'apprenti à son compte, ni occuper des femmes, ou remplir des fonctions pour l'exécution de leurs travaux. Il ne peut se
mettre en grève, sans y être autorisé par la chambre syndicale, de même que la chambre syndicale ne peut décréter la grève, sans l'autorisation du comité central de la Fédération, à moins de cas prévus dans les règlements généraux.
En échange de ces obligations, le syndiqué en grève a droit, pendant six mois, à une somme de 24 francs par semaine, pourvu qu'il réponde à deux appels par jour, au siège de la chambre syndicale, où on lui indiquera les demandes de travail qui peuvent se produire.
Le règlement du syndicat, pour le versement des cotisations, est des plus sévères. Sont rayés d'office les syndiqués qui doivent plus de six mois de cotisation, à moins de maladie constatée, ou de défaut de travail; auxquels cas, ils sont exemptés de toute charge.
L'administration du syndicat est confiée à un comité dont le bureau est formé d'un délégué, d'un secrétaire et d'un trésorier. Toutes ces fonctions sont gratuites, à l'exception pourtant de celles du délégué du syndicat de Paris, qui doit tout son temps au syndicat et dont les appointements sont de 65 francs par semaine (10 francs par jour et 5 francs pour la demi-journée du dimanche).
Le délégué ne peut rien faire sans avoir pris l'avis du comité qui le nomme et peut toujours le révoquer. Les réponses qu'il fait aux questions qui lui sont adressées n'ont, en aucun cas, un caractère officiel.
Tout est donc prévu pour que le délégué ne puisse prendre une trop grande importance, ni exercer une trop grande influence, en dehors du comité syndical.