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CHAPITRE I

Le syndicat typographique.

Les typographes n'avaient pas attendu la loi de 1884, pour essayer de se syndiquer. Faisant partie de l'élite ouvrière, ils devaient montrer la voie à suivre aux ouvriers des autres professions.

Sous mille formes différentes, avant que la législation ait reconnu leur droit à l'existence, des sociétés typographiques se groupèrent pour la défense des intérêts professionnels. Elles arrivèrent à une si gi'ande puissance en 1878, qu'elles crurent pouvoir imposer leurs volontés aux patrons; mais alors, depuis 1870 déjà, le métier typographique était libre, le nombre des patrons s'était considérablement accru, et de plus les chemins de fer avaient pris une telle extension, que cette malheureuse grève n'eut pour résultat que de plonger pour longtemps la typographie parisienne dans la misère et dans l'impuissance, et faire émigrer vers la province les travaux dont jusque-là Paris avait le monopole.

Enfin, le travail typographique se fait par équipe, et nous devons chercher dans l'organisation que comporte cette méthode de travail, la raison principale qui a tou-

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jours poussé les typographes à s'associer en sociétés de secours mutuels, en corporations, en syndicats. L'habitude prise du travail en commun a incliné ces ouvriers à vouloir défendre des intérêts communs.

Le syndicat s'est proposé deux buts : la prévoyance et la défense des intérêts professionnels. — Nous allons démontrer son utilité au point de vue de la prévoyance et sa ténacité pour la défense des intérêts professionnels.

Mis en rapport avec les divers ateliers de la ville par des chefs d'atelier ou receveurs, le syndicat peut s'occuper de chaque ouvrier pris en particulier.

Le receveur inscrit sur le livre du syndicat le numéro et le nom de chaque syndiqué, il perçoit les cotisations individuelles et en opère le versement au siège social, le troisième dimanche de chaque mois, au plus tard. Mais son rôle ne s'arrête pas là : il droit recruter de nouveaux adhérents, stimuler les syndiqués en retard pour leurs cotisations et veiller dans l'atelier à l'exécution du règlement et du tarif.

Sur les cotisations qui sont versées au syndicat par les receveurs de chaque imprimerie, de chaque galerie, de chaque groupe, il est prélevé par un trésorier spécial une somme fixe par membre et par mois, qui sert à ali< menter la caisse des maladies.

Prenons pour exemple un des syndicats les plus modestes, le syndicat d'Albi. Tout syndiqué malade reçoit, pendant trois mois, un secours de 1 fr, 25 par jour, pourvu qu'il soit en règle pour ses cotisations et qu'il les ait soldées pendant un an au moins. —

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