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N** du 10 septembre

dans l'usine ne fait défaut à cette union et Tintrus, qui ne voudrait pas se syndiquer avec nous, ne trouverait pas un citoyen dans rétablissement pour travailler avec lui.

Dans le même numéro, il est question d*un ouvrier, nommé Pons, qui est réclamé au bureau de son patron,

Nous avons dit que Pons était un franc cœur : sa réponse fut sublime, grande dans sa simplicité.

« Puisque je dois être entendu par votre maître, dites-lui que je ne descends point seul lui parler. J'appartiens à une chambre syndicale; je ne discuterai avec lui qu'en présence d'une délégation mandatée à cet eiïet! »

Le 10 novembre 1892, il est question d'un cadeau fait par les verriers de Carmaux, de deux revolvers aux citoyens Baudin et Duc-Quercy, pour qu'ils puissent s'en servir à combattre les affameurs.

Le 1®*" février 1893, le journal officiel de la fédération contient l'avertissement suivant, imprimé en très gros caractères :

Avertissement.

La chambre syndicale des verriers à vitres de Givors informe tout le personnel verrier de Tusine, qu'elle a convoqué par lettre spéciale les quelques collègues non syndiqués; que, si le 1*^ mars 1893, ils ne sont pas rentrés au syndicat et à jour, elle sera forcée de dévoiler leurs noms par l'organe de la corporation le Réveil des Verriers, à seule fin que personne n'ignore qu'ils ont été traîtres à la cause sacrée des revendications verrières.

Le Syndicat.

Voici maintenant une réhabilitation {Réveil du l®"* avril 1893) :

Reois.

La chambre syndicale des verriers de Reims porte à la connaissance des chambres syndicales fédérées, que le citoyen Chol Pierre, qui avait été signalé pour son inconduite envers le syn-

dicat, a fait amende honorable en venant s'excuser dans la réunion du 19 mars. En conséquence, la chambre décide de rapporter le verdict le flétrissant.

Dans le même numéro, une exécution :

Un laghb.

La chambre syndicale des verriers de la Madrague porte à la connaissance des chambres syndicales fédérées, que le nommé Bonnardel, dit la Grenouille, a, sur une observation faite à lui par un syndic qui le rappelait à ses devoirs de sociétaire, déchiré son livret de syndiqué, insultant et provoquant lâchement les syndiqués, de la plus grossière façon.

Déclare en outre que, depuis que cet individu était à la Madrague, il n'a pas payé de cotisation ; le repousse de ses rangs, le voue au mépris des travailleurs du verre, et demande que l'infamie qu'il a commise soit publiée dans le « Réveil des Verriers ».

Le Syndicat.

Récit d'une autre exécution (n« du !«' mai 1893) :

Bradville.

Nous avons eu la visite d'un lâche nommé Emile Mousset. Il était embauché, il vint au four; mais pas un de nous B*a touché la main qu'il tendait. La première parole qui lui fut adressée fut de lui demander s'il avait travaillé h Épinac;il répondit négativement : « J'y ai passé; ils étaient en four-mort *. Ensuite on lui demanda ses papiers, son livret de sociétaire; il n'en avait pas. Tout à coup il fut reconnu pour avoir travaillé à Lyon et à Épinac. Une véritable pluie d'espadrilles lui est tombée dessus. Voyant que, jusqu'aux enfants, chacun ne pouvait assez lui cracher son mépris, sa carrière ne fut pas longue. Il est allé se faire régler et est parti.

On comprend que devant ce pilori hebdomadaire, les c bons syndiqués » craignent de voir confondre leurs noms avec ceux des < renégats ».

Le citoyen Glaire (Jean -Philippe) déclare, dans le Réveil du 26 avril 1S93, pour sauvegarder son honorabilité, qu'il n'a rien de commun avec les lâches complices des Bobin et des Chagot, lesf nommés Clair (Jean) et Clair (Emile),

Un autre écrit au secrétaire général de la fédération :

Citoyens, Ayant lu, dans le dernier numéro qui a paru, la liste des lâches complices des Ghagot contre les syndiqués, j'en ai remarqué un qui porte le même nom que moi, et, comme j'ai aussi habité Blanzy, je crains que mon nom soit confondu avec celui de ce drôle. A cet effet, je vous prie, dans votre prochain numéro, d'ajouter au nom que vous avez signalé : Yirly (Jules), fils de Virly (Claude).

Les patrons ne sont pas mieux traités que les « renégats » :

Que ceux appelés le patronat, lit-on dans le Réoeil du 26 avril 1893, sachent bien que, malgré qu'ils nous aient chassé de leurs bagnes dirigés par un tas d'imbéciles et d'incapables, entravant le progrès moderne dans la liberté et la civilisation, et où la vie n'est qu'un long martyrologe, nous sommes toujours, comme par le passé, fermes et disposés à les combattre eux et leur austère tyrannie. Nous avons conservé une part de haines et de rancœurs à l'égard de ceux qui ont violé les droits sacrés de l'équité et du prolétariat, ainsi que les bandes panamineuses et leurs panacées (?).

Plus loin on lit encore, à l'adresse d'un patron, la menace suivante :

Nous demandons que ce beau môssieu Marchand respecte un peu plus ses ouvriers et n'insulte pas notre syndicat, car, comme il est connu par plusieurs ouvriers, il pourrait passer « le quart d'heure de Rabelais » (î).

Les ouvriers réfractaires à l'idée syndicale, non seulement se voient dénoncés ; mais on les recherche, on leur donne la chasse.

Dans le n^du 7 février 1893, il est question d'un nommé Rispail (Pierre) dont on ignore la résidence et qui a refusé de se syndiquer.

202 fÉDÉRATION DE SYNDICATS

Nous vous prions de le signaler, écrivent ses anciens camarades de travail, et de lui faire subir le sort des lâches. Que les ouvriers comprennent la situation où ils nous mettraient, s'ils ne faisaient pas leur possible pour Vempêcher de travailler du métier de verrier^ Nous vous demandons aussi où se sont réfugiés les nommés Roumegoux Basile et Darré Ferdinand, ou bien les deux fameux frères Muret, car nous avons complètement perdu leur trace et il nous faut un châtiment salutaire.

Ainsi, être syndiqué ou mourir de faim, il n'y a pas d'alternative.

Les renégats sont recherchés au moyen de communications du journal ainsi libellées.

Les verreries qui auraient dans leur sein (?) le citoyen H. Guillon, sont priées d'envoyer son adresse soit à la fédération, soit directement à Bradville.

Enfin nous terminerons ces citations par un article qui veut être spirituel et où un chef d'industrie est ridiculisé. Cet article est intitulé : V élevage du cochon ^

Les paysans élèvent de maigres animaux à. beaucoup de frais; cela m'ennuie parce qu'ils ne sont souvent pas riches. Aussi je veux leur indiquer un moyen économique pour en avoir de fort beaux.

D'abord, il ne faut pas le champ libre aux animaux. Us préfèrent de beaucoup le fln grillage d'un bureau de paiement; comme nourriture, du sang d'animaux vivants. G*est très dur, me diriez-vous, de saigner les autres bêtes pour engraisser un cochon ; certes, mais le résultat ! D'ailleurs le cochon suce lui-même aux veines des autres, une fois qu'on lui a fait voir le chemin et leur laisse juste assez de sang pour les empêcher de crever.

Le plus avantageux, pour le paysan, est d'acheter le cochon tout élevé. J'en connais beaucoup à vendre; mais je ne saurais trop recommander une superbe bête pur sang, teuton, qu'un propriétaire oullinois possède.

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