POLITICIENS QUI LES TROMPENT
Montluçon était un fief guesdiste, Bordeaux appartenait à la même secte, Calais dépendait du même parti. Calais fut choisi comme siège du quatrième congrès, qui eut lieu en 1890.
La fédération des syndicats était entièrement compromise par sa dépendance du parti guesdiste. Elle avait de plus le défaut d'être une organisation en quelque sorte factice, organisation centrale, sans rapports directs avec les divers groupements qui se constituaient sur tout le territoire, pour relier et réunir les syndicats d'une même ville ou d'une même région.
Ces organisations, — les plus sérieuses, — étaient les Bourses du travail, créées pour être de simples bureaux de placement et devenues le centre de toute l'actioïKsyndicale des grandes villes et la forteresse des revendications ouvrières *. On conçoit facilement que ces Bourses, parfois indépendantes au point de vue politique, mais presque universellement hostiles aux idées modérées et parlementaires de la fraction guesdiste, n'aient eu aucun souci de s'affilier à la fédération des syndicats, où d'ailleurs leur place n'était pas marquée.