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qu'elle peut persister fort longtemps et que certaines cholécystites survenant même plusieurs années après une dothiénentérie relèvent en réalité de cette origine lointaine. Nous trouvons en effet, à l'appui de cette opinion, la communication de M. Ramond à la Société de biologie (9 janvier 1897) ,de l'observation d’une angio-cholécystite à balles d'Eberth, dont les accidents survenus immédiatement après la dothiénentérie ont persisté pendant 6 ans jusqu à l'intervention chirurgicale qui montra la vésicule contenant de la bile séro-purulente et six calculs. Les ensemencements révélèrent la présence du bacille d'Éberth à l’état de pureté.
M. Galliard rapporte également l'observation d’une femme, ayant eu antérieurement des coliques hépatiques, qui a été prise, pendant la convalescence d’une fièvre typhoïde, de cholécystite aiguë avec 40° et au-dessus. Intervention : pus mélangé à la bile et calculs biliaires dans la vésicule (1). |
Done, la fièvre typhoïde peut provoquer la cholécystit dans une vésicule déjà atteinte de cholélithiase. Peut-elle être la cause de la cholélithiase elle-même? A celte question nous ne pouvons mieux répondre que par des faits. D'abord ce fait rapporté par MM. Gilbert et Girode (2) : Il s’agit d’une femme de 45 ans, ayant été atteinte d’une fièvre typhoïde d'intensité moyenne, au cours de laquelle on avait trouvé une tuméfaction correspondant à la vésicule distendue. Or quoique cette tuméfaction eût diminué pendant la convalescence, la malade fut atteinte cinq mois
(1) Sociélé médicale des hôpitaux, 17 novembre 1905. (2) Sociéte de biologie, ? décembre 1893.
après sa fièvre typhoïde d’une cholécystite calenleuse : cholécystectomie, un gros calcul, bile purulente, paroi vésiculaire enflammée, présence de bacilles d'Eberth en culture pure.
MM. Gilbert et Fournier ont observé à l'hôpital Tenon une femme qui, soignée d'abord pour üne fièvre typhoïde, rentra deux mois après à l'hôpital pour une première crise de coliques hépatiques (1). Enfin M. Schwartz présenta à la Société de chirurgie (10 juillet 1901) une femme de 41 ans qui, à la suite d’une fièvre typhoïde eut des accidents de lithiase biliaire avec rétention intermittente. Cholédocotomie : un calcul dans le cholédoque.
Ces observations montrent que la fièvre typhoïde peut être une cause et une cause assez fréquente de la cholélithiase, quel que soit le mode de formation des calculs, que ce soit par l'unique présence dans la vésicule des bacilles qui seraient comme un centre de cristallisation pour certains éléments de la bile, que ce soit par l’action sur la bile des sécrétions de la paroi vésiculaire enflammée, que ce soit par une modification de la composition chimique de la bile par suite du trouble de la nutrition dû à la maladie elle-même, mais plutôt par toutes ces causes réunies.
Et maintenant, y a-t-il des rapports de cause à effet entre la dothiénentérie et l'appendicite ? Nous laissons de côté naturellement les cas où la douleur iliaque de la fièvre Lyphoïde simule l'appendicite (Observations de Moizard, Journal de médecine et de chirurgie pratiques, 10 juillet 1899, p. 485 ; de Maurange, Gazette hebdomadaire de Médecine et de Chirurgie, 28 septembre 1899,
(1) Sociéte de biologie, 21 juillet 1894
p. 925 ; de Rendu, Clinique médicale, Semaine médicale, 1901, p. #1, etc.). Mais nous voulons parler de l’appendicite vraie, que ce soit une appendicite banale favorisée par l'infection intestinale éberthienne ou une appendicite essentiellement typhique. Les deux sont aussi intéressantes puisque, en dernière analyse, la cause est la même : la dothiénentérie, et l'effet le même : l’appendicite.
La fièvre typhoïde seule, dit M. Routier (1), peut provoquer l’appendicite par des lésions de voisinage ou par des lésions folliculaires dans l’appendice lui-même. MM. Stokes et Amick (2) ont publié le fait d’une appendicite typhoïdique primitive sans autres lésions intestinales. Il s’agit d’un étudiant en médecine âgé de 24 ans, qui avait eu une dothiénentérie très grave à l’âge de 11 ans, et qui fut pris brusquement de douleurs violentes et d’abord généralisées à tout l'abdomen, puis localisées à la fosse iliaque droite, avec nausées, vomissements et légère diarrhée. Température de 37°7 à l'entrée à l'hôpital et qui retomba à la normale aussitôt après l’excision de l'appendice. De celui-ci on isola deux microorganismes : le bacille pyocyanique et le bacille d'Éberth ; par contre on ne trouva pas de colibacille. On remarqua spécialement des altérations prolifératives dans lés espacees lymphatiques et la couche sous-muqueuse , semblant dues au bacille typhoïdique. Huit jours après l'intervention, le sérum sanguin du patient agglutinait le bacille d'Eberth isolé de l'appendice. Les auteurs pensent à cause du retour rapide à la normale de la température que l'infection typhoïdique était limitée
(4) Société de Chirurgie, 30 décembre 1896.
(2) Johns Hopkins Hosp. Bull., août 1905.
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