‹ Syndrome de Mikulicz et Syphilis: Contribution à l'étude des déterminations de la Syphilis sur les glandesChapitre 33 sur 41 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE

Notre enquête sur l’étiologie du syndrôme de Mikuliez peut-elle tirer quelque profit des notions acquises jusqu'ici, touchant l’anatomie pathologique des glandes malades ?

Les faits étudiés sont en réalité très peu nombreux. L’affection est bénigne, et il est difficile, sans une cicatrice relativement apparente, de faire l’ablation d’une glande atteinte.

Ces diverses considérations ont fait que les pièces soumises à l’examen microscopique ont été rares. C'est ce qui donne plus de prix encore aux quelques études que nous possédons.

Power, en 1886, chez le malade duquel la glande lacrymale fut extirpée, constata une hypertrophie du tissu conjonctif.

Dans le cas de Fuchs, que nous avons déjà cité, une partie de la tumeur fut enlevée et soumise à l'examen histologique. On y trouva des lésions analogues à celles du lymphome, l'élément glandulaire ne paraissait pas atteint.

En présence de ce résultat, on peut se demander s'il s’agit d'un syndrôme de Mikuliez vrai, où si plutôt on n’a pas été en présence d'un cas de lymphadénome à début palpébral. Nous ne retiendrons pas cette observa-

lion parmi celles qui peuvent servir à établir les relations entre la syphilis et le syndrôme de Mikuliez.

Le cas de Wecker et Masselon, avec examen histologique de Lateux, n’est pas utilisable également.

Il n’en est pas de même du malade de Külbs. Cet auteur a pu examiner les glandes de son malade, qui avait succombé à une maladie intercurrente.

L'examen a montré une inflammation diffuse, avec présence de petites cellules, de la prolifération du tissu conjonetif el, nous insistons sur ce point : la présence de formations ressemblant aux cellules géantes. Le bacille de Koch a été recherché sans succès.

Les cas de Hirsch, Tietze, Séjournet, Fleischer, Kümmel son calqués sur le précédent. Dans toutes, on retrouve un mélange de lésions d’inflammation, et souvent de sclérose, de cirrhose glandulaire.

Dans toutes, on retrouve des formations tuberculoïdes : follicule {ypique, cellules géantes. Ces lésions retentissent sur le parenchyme glandulaire, qui présente des modes variés de dégénérescence cellulaire plus ou moins étendus.

La constatation de ces lésions histologiques a fait affirmer à quelques-uns de ces observateurs : Fleischer, Kümmel, que l'infection glandulaire à tendance selérosante était d’origine tuberculeuse.

En étudiant rapidement les lésions provoquées par le bacille de Koch au niveau des glandes, nous avons été amené à parler de la valeur du eritérium histologique et à signaler les causes d'erreur qu'il est susceptible d’entraîner.

La croyance en la valeur absolue de la cellule géante

des formations tuberculoïdes, comme pierre de touche de l'infection tuberculeuse, ne doit plus être admise au- Jourd’hui.

Au niveau des glandes, la syphilis donne aussi fréquemment que la tuberculose des îlots circonscrits ou des nappes de cellules épithéliales, de cellules géantes, des nécroses qui ressemblent à la caséification tubereuleuse.

Les recherches qu'ils ont poursuivies sur ce point ont amené MM. Nicolas et Favre à étendre à bien d’autres üissus les constatations qu'ils avaient faites au niveau de la peau et des muqueuses.

Ils ont vu des cellules géantes : dans des lésions pulmonaires syphilitiques, dans la paroi d'aorte diffusément enflammée, dans des cirrhoses hépathiques tertiaires, dans des thyroïdites syphilitiques.

Et nous dirions en terminant que, bien loin d’être défavorables à l’origine syphilitique du syndrôme de Mikuliez, les constatations histologiques qui ont été faites jusqu'ici s'accordent parfaitement avec le rôle que nous croyons très important de l'infection tréponémique comme facteur de la maladie de Mikuliez.

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