OBSERVATION Î
De Lapersonne (résumée).
(Archives d'Ophtalmologie, 1902, p. 760.) Dacryoadénites syphilitiques.
Un malade âgé de quarante-deux ans entre à l'hôpital le 5 mai 1902.
Depuis sept semaines, les paupières sont devenues volumineuses, présentant de violentes douleurs. Après quinze jours, l’inflammation commence à diminuer. Cinq semaines après le début des lésions palpébrales, ont apparu des symptômes d'iritis double; quelques jours après, apparaît également une orchite double.
A l'examen, on constate la tuméfaction des paupières supérieures, quoi que plus diminuée qu’au début, mais suffisamment appréciable.
A la partie extérieure des orbites, on trouve une tumeur dure, de la grosseur d'une noisette, pénétrant dans l'orbite et occupant exactement la loge de la glande lacrymale orbitaire. Indolore au toucher, ne présente ni adénite, ni rougeur de la peau, pas de fluctuation.
L'iritis est bilatérale, avec injections périkératiques peu
intenses. [Il y a des synéchies postérieures nombreuses, avec des exsudats pupillaires.
L’acuité visuelle est très réduite : du côté droit, il n’y à que la perception lumineuse; à gauche, le malade compte difficilement les doigts à 50 centimètres.
L'orchite apparut brusquement après cinq jours.
À la pression, le {testicule n’est pas très douloureux. Les épididymes sont durs et augmentés de volume, le testicule proprement dit n’est pas beaucoup augmenté el n’a pas la dureté du testicule syphilitique.
Dans les antécédents du malade, nous trouvons, vingt ans avant, une blennorragie accompagnée d’orchite.
Aucun signe de tuberculose.
Il nie l'infection svphilitique et ne présente aucun signe révélateur, à part quelques taches douteuses et une micropolyadénite inguinale.
Malgré cela, à cause des lésions oculaires, on lui preserit un traitement antisyphilitique (injections de bniodure alternant avec des frictions et 2 grammes d’iodure de potassium par jour).
Après un mois et demi du traitement, l'iritis s’est améliorée légèrement, l’adénite lacrymale a diminué d’une façon fort appréciable des deux côtés, les testicules également se sont un peu réduits.
A ce moment, apparaît une adénile du sein gauche. La glande gauche est plus forte et plus dure que la droite. Ge qui est à remarquer, c’est que l’adénite mammaire est douloureuse.
Les glandes parotides sont également hypertrophiées et fort dures au toucher, de telle façon qu’au niveau du maxillaire, on pourrait les confondre avec celui-ci.
Les glandes sont indolores au toucher.
Le malade à observé que, de temps en temps, il v eut une pelite exagération de la tuméfaction des glandes, mais de courte durée.
IT n'y à pas de ganglions préauriculaires ou sous-maxillaires.
Le 5 octobre 1902, le malade revient à l'hôpital.
AU
L'iritis est en régression des deux côtés, l'infection péri-
AE
kératique a disparu. La cornée s'est clarifiée, mais, des deux côtés, on constate des synéchies postérieures et des exsudats pupillaires qui empêchent l'examen du fond de l'œil.
Les glandes lacrymales, quoique palpables, ont considérablement diminué.
Les testicules et les glandes mammaires ne sont plus agrandis, seulement les glandes parotides ont persisté dans leur volume.
Tuméfaction des parotides, des seins, des testicules el dacryoadénites chez une syphilitique.