OBSERVATION XL
(Grossmann).
Syphilis. — Crises de douleurs périombilicales. — Guérison par (héobromine et trinitrine.
Homme, trente-trois ans, fonctionnaire. Syphilis à dixhuit ans, non traitée régulièrement.
A trente et un ans, premiers accès douloureux abdominaux pris pour des coliques néphrétiques : accès de plus en plus violents et tenaces, obligeant le malade à garder le lit. Douleur à point de départ ombilical avec irradiations rachidiennes se répétant plusieurs fois par Jour, durant parfois deux à trois heures ; aucun symptôme digestif concomitant (ni brûlure, ni renvoi, ni vomissement, n1 péristaltisme, ni ballonnement). Gros cœur. Souffle systolique et éclat en deuxième ton, au foyer aortique. Tension, »2 (Potain).
Bon appétit. Selles normales : Weber négatif, La palpation profonde, à deux travers de doigt au-dessus de l'ombi-
lic, éveille une vive sensibilité et reproduit la douleur des accès. Peu d'amélioration par repos régime et narcotique, on élimine le diagnostic d’ulcère gastrique (insuccès du traite ment d'épreuve).
Pouls instable, passant de 80 à 120 et plus, devient filiforme et irrégulier quand le malade se lève.
Traitement hypotenseur (théobromine et trinitrine) amène en un mois la guérison complète du syndrome douloureux,
ORsERvATION XLI (résumée)
(Max Buch).
Migraine, arlério-sclérose.— Crises de douleurs abdominales paraombilicales provoquées par l'effort. Amélioration par la diurétine et l'iodure de sodium.
Blanchisseuse, cinquante-deux ans. Céphalée avec nausées par accès. Vertiges.
Ventre plat; aorte très élargie, tendue, très mobile: l’épaississement et la dureté se prolongent sur l'artère iliaque droite ; la gauche paraît normale. Toute l’aorte abdominale est très sensible ; la pression au niveau de la bifurcation (V° vertèbre lombaire) éveille une vive douleur. Au-dessus de l’ombilic la pression provoque, outre la douleur, des nausées ; celles-ci sont encore plus intenses si on presse le long du bord gauche de l'aorte. La pression sur la colonne vertébrale à gauche de l'aorte est également très douloureuse. Les iliaques ne sont pas sensibles. Le plexus hypogastrique supérieur et le sympathique pelvien ne sont pas sensibles.
Diagnostic. Migraine artério-selérose.
Traitement : Iodure de potassium et analgésiques. La céphalée disparaît.
Quelques mois après, apparition de douleurs abdominales à maximum siégeant à gauche, entre l’épine iliaque antéro-
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supérieure et l’ombihic, plus près de ce dernier ; dans les accès violents, elles irradient aussi à l’épigastre.
La pression au point douloureux rencontre le flane gauche de la dernière lombaire qui est très sensible : la douleur provoquée est semblable à la spontanée: elle irradie aussi à l'épigastre. L’aorte est moins douloureuse qu'au premier examen. Par contre, la colonne lombaire le long de l'aorte est très sensible à la pression. Pression douloureuse sur les artères iliaques tant qu'elles reposent sur le rachis, plus à gauche qu'à droite. Selles normales. Aucun symptôme digestif ; pas de nausées. Accès indépendants de l’alimentation, plutôt en relation avec les efforts prolongés.
Traitement : Diurétine et iodure de sodium. Disparition des douleurs pendant un mois. La malade reprend son travail au bout de quelques semaines ; elle ressent des douleurs abdominales atténuées, dans la même région.
OgBsErvATION XLII
(Læper, in thèse Mie Mordkovilch).
Entéro-spasme chez un aortique, indépendant de l'alimentation.
H..., cinquante-huit ans : en 1908 et 1909, accidents syncopaux avec bradycardie (38-42).
En janvier 1910, troubles de la déglutition : l'examen œæsophagoscopique (Guisez) démontre l'existence d'un simple spasme.
Ces accès de spasme œsophagien alternent avec des phénomènes douloureux du côté de l’estomac et de l'abdomen. Sans rapport avec l'ingestion des aliments, le malade ressent des sortes de crampes sous-ombilicales avec contraction des muscles abdominaux, nausées, ténesme rectal et impossibilité d’aller à la selle.
Sensibilité très nette des points mésentériques même en
dehors des crises douloureuses : par moment, on sent à la palpation les régions du côlon ascendant, transverse et descendant alternativement spasmées. Selles : rien d'anormal.
Nifièvre, ni signe d'infection intestinale. Tout le système artériel est dur et l'aorte abdominale est élargie, comme irrégulière et déviée. Les artères iliaques et fémorales sont en partie calcifiées.
Iodure à petites doses ; pilules de digitale, valériane et belladone : amélioration très sensible, sans disparition compiète des accidents.
OBsErvaTION XLIII
(Lœper, in thèse Mie Mordkovilch).
Entéro-spasme et entéralqie chez un aortique.
Homme, est venu à plusieurs reprises à la consultation de l’Hôtel-Dieu pour troubles cardio-vasculaires avec rudesse aortique et manifestations intestinales vagues.
En avril 1910, douleurs dans la fosse iliaque gauche avec rétraction de la paroi, nausées et constipation.
A l'examen (le troisième jour) : Ventre rétracté; la palpation de la fosse iliaque gauche, difficile, permet de percevoir un boudin dur très sensible, mobile, dont la résistance paraît s'étendre sous la pression de la main,
Le côlon transverse est contracté, le cæcum dur et résistant.
La paroi abdominale est hyperesthésiée dans le flanc gauche : la pression de la zone épigastrique est pénible et l'on réveille une douleur exquise au point mésentérique supérieur et au point iliaque gauche.
Aorte dilatée au niveau des deux premières vertèbres lombaires : battements durs et un peu précipités. Athérome des ihiaques et des fémorales.
La pression artérielle, habituellement de 19, est actuellement de 21 et paraît s'élever encore dans les différentes manœuvres de palpation.
Diagnostic : Entéro-spasme et entéralgie chez un aortique.
Radiographie : Dilatation de l'aorte dans la traversée diaphragmatique et la région épigastrique.
Amélioration par le traitement : compresses humides, extrait de gui et iodure.
OBSsERVATION XLIV
(Teissier, in Artério-sclérose el Athéromasie).
Goutte, Crises d'entéralqie avec selles sanglantes et hypertension pédieuse.
J'ai vu chez un goutteux — arrivé aujourd’hui à soixantedix ans et dont le rein a toujours été indemne — des manifestations cardio-aortiques avec hypertension limitée aux deux radiales disparaître au bout de trois années pour être remplacées par une localisation abdominale caractérisée par des crises d’entéralgie avec selles sanglantes et hypertension de la pédieuse, c'est-à-dire avec une pression de de 22-23 centimètres à la pédieuse, la tension radiale ne dépassant pas 18.
O8sERVATION XLV
(Christian Simpson, The Lancel, 1919, €. [er, p. 1430).
Crises abdominales douloureuses, invariablement ramenées par la marche, surtout après les repas. Amélioration par les tablettes de trinitrine.
OBsERrvATION XLVI
(Jaquet).
Obésité. Syphylis? Crises de douleurs dans les membres inférieurs, puis accès douloureux abdominaur avec melæna.
Homme, quarante-cin( ans, gros mangeur, grand buveur,
Pr
grand fumeur. Syphilis (?) Obésité précoce. Début des accidents, il y a deux ans, par des troubles dans les membres inférieurs : fatigue rapide, lourdeur des jambes, qui disparurent pour reparaître plus accentuées, empêchant la marche. Sensation de froid. Vives douleurs spontanées dans les jambes, surtout la nuit. Depuis deux mois, douleurs abdominales violentes, par accès, à maximum épigastrique, térébrantes, indépendantes des repas, ne rappelant pas un accès de coliques. À la fin de l'accès, très souvent sang dans les selles. Une fois une frès notable hémorrhagie.
L'examen, rendu difficile par l'obésité, montre une douleur profonde à la pression à 3 centimètres au-dessus de l’ombilic. Pas de battements aortiques perceptibles. Accentuation du deuxième bruit aortique, exploration du cœur très difficile. Pouls régulier, à 85. Radiales sinueuses et dures. On ne sent pas la pulsation des fémorales ni des pédieuses.
Jambes cyaniques et froides. Réflexes conservés; pas de troubles de la sensibilité.
Traitement : Nitroglycérine et iodure de potassium. Peu à peu amélioration. Disparition d'abord des douleurs intestinales, puis des douleurs des membres inférieurs et possibihté de courtes promenades.
OrservaTION XLVII
Lagane (thèse).
Syndrome clinique : crises douloureuses, puis diarrhée sanquinolente. Lésions athéromateuses énormes de l'aorte.
Homme, soixante ans. Scarlatine à dix ans: syphilis à vingt-deux ans, peu traitée; paludisme en Algérie: gros buveur, surtout de vin. A été peintre en voitures pendant un an (pas d'accident saturnin). Ethylisme.
À cinquante-huit ans, ictère catarrhal (?) : à ce moment,
à l'occasion d'une purgation (eau-de-vie allemande), violentes