OURS
douleurs périombilicales, avec paroxysmes pendant deux Jours. Depuis, à plusieurs reprises, douleurs analogues avec constipation, parfois suivies de débâcles diarrhéiques et même de selles noirâtres. Deux fois on a pensé à des coliques de plomb. Depuis dix-huit mois, amaigrissement, ædème des jambes : fréquentes périodes de diarrhée parfois noirâtre. — Radiales et temporales dures, sinueuses. Tension artérielle, 24 au Potain. Mort d'hémorrhagie cérébrale en quarante-huit heures.
Auropsie. — Athérome des artères cérébrales ; hémorrhagie de la capsule interne gauche.
Gros cœur : 560 grammes : athérome léger des valvules mitrale et aortique.
Aorte : À l'origine, dilatation ; athérome tres marqué, avec grands placards bourbillonneux. L'aorte thoracique et abdominale très dilatée présente au maximum ces lésions d'athérome: en certains points de la paroi aortique, amas jaunätres d'athérome avec hémorrhagies interstitielles et même petits anévrysmes disséquants d'Eppinger. Une plaque calcaire au-devant de naissance du tronc cœliaque.
Pas de lésion des artères mésentériques.
Pas de lésions appréciables de l'intestin; pas d'examen histologique.
Reins petits, décortication difficile.
Ogservarion XLVIII
(J. Teissier, Bulletin Médical, 1910).
Maladie de Basedow. Aortite abdominale. — Crises de
diarrhée.
Il peut, sous l'influence d'une vaso-dilatation tres active, se produire un flux sécrétoire extrêmement abondant, soit une véritable crise d'œdème intestinal aigu, sorte de pendant de la crise d'æœdème aigu du poumon, qui, elle, vient souvent compliquer l'uortite thoracique. C'est le cas de
notre malade, affectée de goitre exophtalmique, dont la crise d'engorgement abdominal se Juge par des pertes séreuses de l'intestin vraiment extraordinaires, et apparaissant en général sous forme de diarrhées paroxystiques matutinales.
Osservarion XLIX (Potain, Médecine Moderne, 1899, et Bulletin Médical, 1899).
Aortite abdominale d'origine probablement tu bherculeuse. Crise de diarrhée prolongée.
Femme, trente-cinq ans, domestique.
Rougeole dans l'enfance ; fièvre typhoide à quatorze ans.
Réglée à quatorze ans; pas de grossesse.
Bonne santé jusqu à trente-trois ans, époque à laquelle la malade a été atteinte de congestion pulmonaire, avec mauvais état général et hémoptysie.
La malade a remarqué qu'elle se porte plutôt bien à la campagne, tandis qu'elle dépérit dès qu’elle met les pieds à Paris; elle attribue cette différence à la fatigue qui résulte du frottement des appartements en ville.
Pas de troubles digestifs, ne tousse pas. À maigri de 15 à 0 livres depuis deux ans.
Depuis quelques mois, appétit médiocre, digestions pénibles. Les souffrances débutent une heure et demie ou deux heures après les repas; elles s'accompagnent quelquefois de vomissements alimentaires. Alfernatives de constipation et de diarrhée : cette dernière a duré tout récemment plusieurs semaines. De temps en temps on constate des crises caractérisées par de la fièvre, des frissons, des palpitations, une tendance syncopale. Régime lacté, scrupuleusement suivi, n'a produit aucune amélioration.
Entre le 26 avril, salle Piorry. Repos absolu: régime sévère ; traitement médiocre. Les douleurs se sont légèrement atténuées.
Apyrétique désormais, la malade présente une langue sale, blanche, de l’inappétence, des malaises une heure etdemie après les repas, des garde-robes régulières. Elle ne tousse plus: la tendance à un état vertigineux persiste.
Le ventre est plat, souple, peu douloureux à la pression. La pression épigastrique met en évidence l'existence d'une hyperesthésie notable de cette région ; mais cette hyperesthésie notable n'est pas cutanée; elle est surtout considérable lorsque la pression est forte et déprime profondément l'épigastre.
Cette douleur siège sur la ligne médiane et un peu à gauche: elle s'étend jusqu'à la région ombilicale. Dans toute la région douloureuse, on sent les battements de l'aorte dont le volume ne parait pas augmenté. Ainsi la douleur existe tout le long de l'aorte abdominale; elle fait completement défaut sur le trajet des iliaques.
L'examen thoracique révèle des modifications du cœur et des vaisseaux. Le diagramme correspondant à la matité cardiaque est de 116 centimètres carrés au lieu de 85. Il y a un agrandissement de la crosse aortique et du ventricule gauche. Pas de bruit anormal : le deuxième bruit cependant est un peu éclatant à l’orifice aortique. Le signe de Fort (le soulevement du doigt placé au-dessus de la clavicule), indiquant l'agrandissement de la crosse aortique, est particulièrement net.
L'examen de l'appareil respiratoire donne peu d'indicalions ; il y a une légère diminution de la sonorité et du murmure vésiculaire dans la fosse sus-épineuse droite: il n'y a pas de retentissement de la voix, ni exagération des vibrations.
Chez notre malade, nous avons constaté l’induration d'un sommet, un amaigrissement sans cause, une hémoptysie. Nous pouvons donc croire à une ébauche de tuberculose qui a peu évolué et qui a pris celte forme scléreuse dans laquelle la maladie marche lentement et même cesse quel-
— pd —
quefois. On le voil, les présomptions en faveur d'une sclérose bacillaire sont à retenir.