IV. Diagnostic de nature
On ne peut que soupconner dans un certain nombre de cas l’existence d’un mfarctus anémique : l'absence habituelle de phase diarrhéique, les phénomènes d’occlusion installés d'emblée, le défaut d’entérorrhagie permettent de penser à une nécrose primitive de l’intestin. Cette hypothèse sera encore plus vraisemblable si on assiste à une évolution coupée par une phase d'atténuation des symptômes, de fausse amélioration (Sprengel, Leclerc et Cotte).
B. SYNDROMES INTESTINAUX LIÉS AUX ARTÉRITES PARIÉTALES
Les syndromes liés aux altérations des artères de la paroi intestinale sont certamement, par leur latence et leur pénurie symptomatique, les plus difficiles à déceler. Les facteurs éliologiques qui président à leur installation ne sont pas assez saillants pour créer une orientation ; cependant, si les malades présentent des lésions artério-scléreuses dans d’autres territoires, en particulier s'ils ont une néphrite chronique, on peut penser à l’évolution d’un processus similaire au niveau des artères de l’intestin.
L'erreur la plus fréquemment commise consiste à faire le diagnostic de cancer. Il s’agit d’un malade d’une cinquantaine d'années qui a un état général souvent très touché : il a maigri, perdu ses forces ; il se présente avec des selles diarrhéiques et légèrement hémorrhagiques. On cherche immédiatement le cancer au niveau de lintestin ou même de l’estomac. La répétition des petites hémorrhagies intestinales est considérée trop facilement comme presque pathognomonique de néoplasme, et on finit souvent par faire le diagnostic de cancer intestinal sans en préciser le siège. Si une hémorrhagie abondante survient avec selle de sang rouge, on le localise très probablement au niveau du côlon sigmoïdien. Dans les cas où, en plus, existe une pseudo-tumeur mflammatoire, l'erreur est presque fatale et on la maintient souvent après l’ablation chirurgicale, si un examen histologique ne vient
trancher la question en faveur du pseudo-néoplasme inflammatoire. Il est très difficile d'indiquer les moyens d'éviter cette erreur clinique. Il faut d’abord savoir qu’elie est possible, penser à l’existence de ces lésions artérielles de l'intestin et orienter l’examen de ce côté : Pappétit est mieux conservé que dans le cancer : il nv à pas en particulier d'anorexie élective pour la viande. Si d’autres syndromes artériels coexistent, le diagnostic devient plus aisé. Enfin, l'épreuve thérapeutique peut montrer, sous l'influence de la médication vasculaire, une amélioration notable, une augmentation de poids qui confirmeront le diagnostic.
L'aspect dysentériforme des selles, le ténesme rectal observé dans les cas d’ulcérations bas situées, peuvent faire discuter hypothèse d’une dysenterie. Mais lPabsence d’étiologie tropicale, la répétition moins fréquente des selles, leur allure plus stercorale écarteront déjà ce diagnostic, et les moyens de laboratoire finiront de ruiner cette hypothèse en montrant l’absence d’amibes ou de bacilles dysentériques dans les selles,
Faut-il discuter le diagnostic d’entérite urémique si le malade a une albuminurie chronique et des signes d'urémie ? Ce que nous avons dit à propos de la pathogénie de ces ulcérations urémiques et du rôle joué dans leur production par les lésions vasculaires nous permet de négliger cette discussion, Purémie wayant créé des ulcérations mtestmales qu'à la faveur des altérations artérielles antérieures de la paroi,