A. LES AGENTS THÉRAPEUTIQUES
I. Médication vasculaire. — (est la thérapeutique générale des lésions artérielles et de lhypertension. Nous ne passerons pas en revue toute la médication hypotensive : nous nous contenterons de signaler les agents thérapeutiques qui ont été employés dans les cas de syndromes intestinaux d’origine artérielle en indiquant les résultats obtenus.
Les iodures ont été prescrits seuls ou associés à d'autres médicaments dans un certain nombre d’observations (Rosengart, obs. XXIX: Kaufmann et Paul, obs. XXX VIT; Max Buch, obs. XLI; Loœper, obs. XLIT: Jaquet, obs. XLVT); on donne l’iodure de potassium ou liodure de sodium (Potain) ; on peut également prescrire des combinaisons 1odées organiques (iodalose : J. Teissier, obs. XIV). Dans ces différentes observations, la médication 1odurée a été suivie d'amélioration très notable.
Les nitrites sont conseillés par beaucoup d’auteurs : le nitrite d’amyle en inhalations (Pal), le nitrite de soude (Jaquet, obs. XXXVIIT; Lauder-Brunton), la trinitrme (Lauder-Brunton, obs. XIX et XX; Christian Simpson, obs. XLV) ont donné d’excellents résultats : le malade de Lauder-Brunton (obs. XIX) voit
NC — ses crises douloureuses cesser immédiatement sous l'influence des tablettes de trinitrine : « Il exprime sa satisfaction de posséder un remède pour calmer ses douleurs abdominales. » Grossmann (obs. XL), associant la trimitrine et la théobromine, obtient en un mois la guérison de crises d’entéralgie. Jaquet(obs. XL VIT) provoque une amélioration par l’emploi simultané de nitroglycérine et d'iodure.
Le gui (Lœper, obs. XLIIT et LIT), associé à liodure où à la digitale, a fait cesser des crises entéralgiques avec entéro-spasme. Enfin Bonnamour conseille le silicate de soude.
La théobromine a été souventemplovée avec succès : si nous rangeons cet agent, surtout diurétique, dans le cadre de la médication vasculaire, c’est qu'il a également une action sur la pression sanguine, qui semble surtout une action dépressive (Plavec, Pal, Max Buch). La théobromine n’est employée seule que dans l’observation XXI de Warburg : après plusieurs jours, on note la disparition du météorisme intestinal.
L'association de la théobromine et du salicylate de soude (Gilbride, obs. XXITT, XXIV et XXV )ou l’emploi de /a diurétine (Rosengart, obs. XXIX:; Kaufmann et Pauli, obs. XXX VII; Breuer, obs. XX XIX: Max Buch, obs. LI) donne des résultats très heureux dans le traitement des crises intestinales : au rôle vasodilatateur, se jomt l'effet antitoxique par l'augmentation de la diurèse ; peut-être aussi ces agents médicamenteux Cagiraent-ils électivement sur le grand sympa thique ? »(Pal.) Cette action nerveuse nous permettrait de ranger la théobromine et la diurétine également
dans la médication nerveuse que nous allons étudier.
II. Médication nerveuse. — lle a pour but de ‘almer la douleur et d'agir sur le sympathique abdo— minal.
Les narcoliques ont une action infidèle. La morphine donne parfois une amélioration rapide (Teissier, obs. XVI), d’autres fois, un soulagement incomplet (Schnitzler, obs. XXXIT). Son efficacité est appréciée de facon très différente. Kreuzfuchs, qui conseille les injections de morphine, seules ou associées aux injections de camphre, déclare que c’est € le médicament souverain » pour supprimer le spasme dans l’angine abdominale. Pal dit qu’on a trop vanté l’action de la morphine, en particulier son action dépressive, mais qu’on en à aussi exagéré les dangers. En somme, l'injection de morphine parait amener un soulagement au moins partiel dans les crises très douloureuses, maiselle ne constitue qu’un traitement symptomatique de la douleur et ne semble pas avoir d’action curative sur la cause même des crises.
La révulsion au niveau de la région épigastrique et ombilicale a souvent une action très nette : cataplasmes chauds, sangsues, pointes de feu, emplâtres de belladone ou de ciguë, sparadrap de Vigo, vésicatoires volants. Dans l'observation LIL (Roque et Corneloup), les pointes de feu dans la région de Paorte abdominale, seules, sans modifications du régime, amènent en une semaine Ja cessation de la diarrhée et des douleurs.