ERIE, MENT
chuchoteriez chuchotement. Action de chuchoter, c'esl-à-dire de parler bas à Poreiiie de quelqu'un pour n'être pas entendu d'autres personnes. La terminaison erie étant fréquentative, marque une plus grande abondance de paroles, une suite de chuchotement*, ou un chuchotement prolongé. Mais la principale différence entre ces deux mots provient de ce que cette même terminaison désigne, nonseulement l'action, comme ment, mais encore le résultat de cette action, l'ouvrage qu'elle produit : chuchotement détermine le genredebruit, eXchuchoierie le genre d'entretien. Le eAucAo/^m&n^ peut ennuyer et importuner; la chuchoterie peut intriguer, parce qu'elle implique, une intention de se cacher, et a rapport au sujet même dont on s'entretient en chuchotant. Ce qui déplaît dans le chuchotement, c'est le bruit; et dans la chuchoterie, le discours. <c Elle avança son visage comme pour me parler à l'oreille. Je trem< blai qu'on ne cherchât du mystère à celle chuchoterie. » J.-J.
Ces terminaisons, toutes deux communes et peu nobles, désignent également l'action et son résultat. Mais l'une est diminutive, l'autre collective et compréhensive ; l'une présente l'idée en petit, l'autre en grand. Les noms en erie s'emploient souvent au pluriel pour signi-* fier les divers traits , les faits ou les tours particuliers, les différents cas où l'action se réalise, où un défaut se manifeste. Les noms en cige tiennent plus de l'absolu ; ils ne s'emploient gnère^ qu'an singulier pour représenter la chose comme un tout considéré en luimême et qui est d'une certaine nature. Un discours plein de rabâchéries n'est que du rabâchage.
1. Pillerie, pillage. Action de piller et perte qui en résulte. Tous les synonymistes, Coudillac, Laveaux et Leroy, qui ont traité ces deux mots, leur ont trouvé les mêmes différences. Le pillage porte sur des objets d'un plus grand prix, il est plus désastreux et entraîne plus de dégât. Il est commis, d'ailleurs^ audacieusement, ouvertement, avec violence, par une troupe de brigands ou un corps d'armée; tandis que l^pillerie est exercée furtivement et sans bruit par de petits pillards, plus rusés encore que hardis, et, par exemple, par un domestique qui vole adroitement sur la dépense. A l'égard de
frillerie, pillage est aussi absola^ que vel à l'égard de voierie : on livre uee ville ti\k pillage, et non à la pillerie.
2. Badinerie, badinage. Action de badiner ou ce qui se dit en badinant. La badinerie est pins fine et plus innocente : « C'est, dit Laveaux^ un trait léger de badinage sans conséquence ; un trait qui n'a rien de sérieux ou de solide est une pure badinerie,* mais le badinage peut, avec l'air de la badinerie, faire passer des choses très solides et très sérieuses. » Ajoutons qu'on ne se plait pas à toutes sortes de badinage. Le même synonymiste a bien saisi ce qu'il y a d'absolu dans le badinage^ de relatif et de particulier dans là badinerie. « Le mot badinage, dit-il^ indique particulièrement la nature, le génie, l'esprit de l'action ou de la chose, ce qu'elle est en elle-même et dans son ensemble. Radinerie exprime plutôt nn trait particulier ùé badinage, décoché en passant, et Tesprit ou l'intention de la personne qui fait l'action ou la chose. D^s badinerie» forment un badinage, et non des badinage». On prie quelqu'un de finir son padinage ou ses badinerie». Marot a un genre de badiîiage; le choix et le goût de ses badinerie» en font un badinage élégant. »
3. On distinguera de même bavarderie et bavardage, action dé bavarder ou ce qu'on dit en bavardant ; caqueterie et caquetage, action de caqueter ou caquets; clabauderie elclabaudage, vaine criaillerie, criaillerie importune et sans sujet ; radoterie et rado^ tage, propos d'une personne qui radote; rabâcherie et rabâ-chage, discours d'une personne qui rabâche. €eux de ces mots qui se terminent en me expriment un trait, une action particulière, quelque chose de moins long, de moins constant, de moins insupportable , et ils font songer an défaut particulier de l'agent. Leurs synonymes en âge représentent le défaut ou l'action en eux-mêmes, par rapport à leur nature,.et comme ayant une étendue, une durée, comme formant un tout, un ensemble. Les uns s'emploient presque toi^'ours avec l'article indéfini, un, une, on m pluriel ; les autres s'emploient presque toujours d'une manière absolue au singulier avec l'article défini, le, la. On est sujet au radotage, mrabâchage, et non à la radoterie, à la rabâcherie, etc. On dira d'une manière absolue : je n'aime pas le bavardage; et, d'une manière relative : je n'aime pas votre bavarderie. En supposant que les deux noots signifiassent le défaut, le dernier signifierait celui qui vous est particulier, qui vous est habituel , dont vous faites en quelque sorte métier ou profession.
4. Lainerie y lainage. Marchandises de laine. Lainerie, par Si
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terminaison si familière mx petite» indostries, rappelle pins panl« cnlièrement l'art ou le travail de l'ouvrier; tandis que la lerminaiaM de lainage suggère seulement Tidée d'étendue^de grande collection. Le oommerce des lainages est le commerce des choses de laine ^ ea général ou en gros; le commerce des laineries est celoi des cra^ vrages, des draps , des étoffes faites avec de la laine. Le lainaff^ comprend les laines brutes comme eellés qei sont travaillées , et même ces dernières n'ont reçu qu'une façon en grand, qui n'est pas descendue aux détails y qui n'a point été appliquée anx petits objets^ qui a peu modifié^ par conséquent, la matière première. Eiffin, Icd* nage, comme plus absolu, a plus de rapport à la nature, au genre d« matières ;<et lainerie, comme relatif^ en a davantage à la façon, m genre d'ouvrages.
ERlEy AD£.
Fanfaronnerie, fanfaronnade. Action de faire le fanfaron, on ce que dit le fanfaron, vanterle en paroles. Ade, comme âge, signifie quelque chose d'étendu, de compréhensif, et, quand il s'agit d'actions, quelque chose qui se répète. Et c'est pourquoi les substantifs en erie, la plupart fréquentatifs , ont des synonymes de Tune et de l'autre terminaison. Mais , en ce qui concerne erïe et ade dans les deuxàiols pris pour exemple, erie marque un défaut dont on fait ihétier ou profession, dont on a rtiabitude, ou un trait qui en dérive; ade exprime une simple action consistant en gestes ou en paroles, qui apparaît et frappe beaucoup , car la terminaison ade est très loin d'être diminiitive comme la terminaison erie. On trouve insoutenable la fanfaronnerie d*Hn homme qui fait de continuelles fanfaronnades. Une gasconnade, une arlequinade, une pas-^ quinade, une capueinade , ne supposent pas qu'on soit gascon, arlequin , pasquin , capucin; de même la fanfaronnade est d'un Itomme qui fait le fanfaron , tandis que la fanfaronnerie caractérise un homme qui est fanfaron.