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CHAPITRE XV. ISME

Ronbatid et Butet s'accordent sur le sens de cette terminaison. Elle est grecque d'origine, ainsi que le prouve l'étymotogiede so^ pkimne, ^^ aphorisme, de syllogisme, etc, en grec aâ<{>io|i.a, «iço^wjfcdç, <Roa*7W(xoç. Aussi est-elle très relevée, et ne s'emploie-t-elieguère qu'en matière de science et de spécu^tion, pour exprimer un système ou une doetrine qu'on professe, une méthode que l'on suit. C'est le sens qu'elle donne, par exemple, en philosophie aux mots mcUéria- Usmcy sens'ualisme, idéalisme, stoïcisme^ épicurism^,^ cartésia>* msme; en religioii, aux mots christianisme, mahomélisme, jansénisme, mç^imsm^, jésuiUsme; en politique, aux mots^^^ j^blicanisme, libéralisme, absolutisme; en grammaire, aux Siots idiêiisme, gallicisme, barbarisme. Ces sortes de substan* tifs se prennent assez sauvent en mauvaise part, et indiquent l'affeo* tatWn, FabuSy l'excès; et, suivant les deux philologues que nous ve->^ nons de citer^ cela arrive surtout quand il existe dans la la»gu« d'autres sid)stantifs de même radical, propres h exprimer à-p«u^ prè8> la même idée.

ISME, TJÉ.

Mysticisme, mysticité. Dispositions intérieures des mystiques, c\îst-à-dire des philosophes on des dévols, qui laissent leur esprit s'enfoncer dans de profondes rêveries toucharit Dieu et

rimmortalité. Le mysticisme est une doctrine ; la mysiicitéy nue qualité. L'un a rapport aux opinions, l'autre au caractère. Les philosophes qiii professent le mysticisme ont pour adversaires les partisans dvirationalisfiie; la mysticité rend rêveur, contemplatif et peu propre aux affaires. Le mysticisme est pour ta spéculation^ c'est une conviction ; la mysticité est un sentiment dont on est pénétré/et qui porte à agir d'une certaine manière. On trouve de la mysticité dans Tàme de personnes simples et naives , dont Tesprit ne connaît et ne connaîtra jamais les idées du mysticisme. Le mpsticisme fait qu'on appartient à l'école on à la secte des mystiques ; la mysticité constitue mystique. On dira plutôt mysticisme en parlant des philosophes et des théologiens, lesquels s'occupent de théorie, de discussions et de controverses; et mysticité en psiTlfknt des âmes et des livres pieux, qui sont effectivement et foncièrement mystiques.On distinguerait de même spiritualisme et spiritualité. Roubaud distingue à-peu-près de la même manière héroïsme et héroïcitéy stoïcisme et stoïcité. Mais ses exemples sont mal choisis; héroïcité eistoïcité n'ont jamais été employés par des écrivains de quelque poids; d'ailleurs, la différence de stoïcisme à stoïcité se retrouve en grande partie entre les deux adjectifs stoïcien ei stoï^ que^ tous deux incontestablement français. — Aujourd'hui que tout est livré à la discussion, et que l'on s'élève sur toutes choses à des théories, à des systèmes, le nombre des noms en tm^ augmente prodigieusement, et par conséquent aussi le nombre des substantifs de celte désinence ayant même radical que d'autres substantifs à terminaison différente, qui deviennent leurs synonymes. On peut déjà compter parmi les synonymes en i^m^eten té, constitutionalisme et constitutionalité, libéralisme et libéralité^ dont les deux premiers signifient, ce qui fait qu'on est constitutionnel, et les deux derniers , ce qui fait qu'on est libéral. Le constitutionalisme et le libéralisme font qu'on est constitutionnel et libéral, c'est-à-dire qu'on appartient au parti des constitutionnels et des libéraux, qu'on en partage les opinions, les doctrines; la eonstitutUmalité et la. libéralité font qu'on est constitutionnel et libéral, c'est-^à-dire qu'on a des sentiments conformes, qu'on est attaché de cœur à la constitution et à la liberté, et tout disposé à agir en conséquence. Les deux premiers mots signifiant l'opinion et la profession qu'on en fait, le parti qu'on embrasse, ne peuvent se dire qu'en parlant des hommes; les deux autres signifiant la qualité d'être constitutionnel , libéral , peuvent se dire aussi, parmi. les choses, de celles qui sont conformes à la constitution et à la liberté : la comtitutionalité d'um loi, d'une

ordonnance; \^ libéralité At vos principes. Aces exemples on peut ajouter encore êervUisme et servilité,

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