ISME, ANCE
Intelérantisme, intolérance. Ces deux mots servent à exprimer les dispositions de ceux qui ne veulent souffrir d'autres idées reli-gieuses, philosophiques on politiques, que les leurs. Isme indique un système, une doctrine qu'on professe; ance marque à- la-fois action et qualité. « Vintolérantisme, dit fort bien Condillac, est un système de conduite fondé sur l'intolérance, » Il faut sgouter seulement que ce système est plutôt enseigné ou soutenu en théorie, que pratiqué. Vintolérance, au contraire, est un sentiment conformément auquel on se conduit effectivement : « Elle consiste, suivant le même synonymiste, dans un zèle vrai ou faux , raisonnable ou excessif, avec lequel on poursuit ceux qui ne suivent pay notre religion. » L'un est pour la spéculation, et réside dans l'esprit; l'autre est pour la pratique, et se trouve dans les sentiments, d'où il passe dans les actions.
JSMK9 ERIE.
Isme et erie terminent quelquefois les mêmes radicaux et leur impriment le sens de dispositions et de manières d'agir mauvaises et dont on fait en quelque sorte profession. Mais, en général, isme, désinence spéculative, indique plutôt le système de conduite, le vice en lui-même, dans le caractère, indépendamment de l'application; erie, désinence active,, diminutive et fréquentative est plus propre " à marquer les tours, les traits, les pratiques, qui en dérivent, ou l'habitude de se livrer à ces tours, à ces traits, à ces pratiques.
1. Bigotisme, bigoterie^ cagotisme , cagoteîie.fmsseàéYO" lion. Bigotisme et cagotisme sont pour la théorie, pour l'idée; ils expriment une manière de penser, un système de croyances, un vice que le moraliste fait connaître dans ses conséquences et ses caractères principaux. La bigoterie et la cagoterie sont de fait, se rapportent à la conduite; ce sont les pratiques du bigotisme et du cagotisme où l'habitude de ces pratiques; elles peuvent être décrites par un poète comique ou satirique, ou racontées par un biographe. En un mot, il y a quelque chose de plus concret et de plus relatif à l'action dans les mots bigoterie et cagoterie. On hait le bigotisme, c'est-à-dire la n\anière de voir et le vice du bigot; on hait la bigoterie, c'est-à-dire la manière d'agir du bigot.
2. Pédantvtme, pédanterie, « La pédanterie, dit Condillac, est une action de pédant; lepédantisme en est le caraclèi*e ou 1^
profession. » Distinction vraie en général pour les synonymes de cette classe, mais tout au moins insuffisante à l'égard de ceux dont il s'agit ici. Ils signifient l'un et l'autre te caractère on la profession du pédant. Suivant rAcadémie, on dit également d'un livre et d'un discours^ qu'ils sentent XepédanHêmeon \9i pédanterie, qu'un homme est d'un pédaniisme on d'une pédanterie insupportable. Mais voici en quoi ils diffèrent. Si pédanterie ne signifie pas toujours l'action^ il l'a rappeile^ il rappelle un agent et sa manière d'agir, il est par conséquent moins général, il représente un défaut plus particulier à l'agent, qui tient plus de sa manière d'agir, à lui. La pédanterie d'un homme lui est propre ; son pédantimie est de son état ou provient de son éducation. On décrit Ist pédanterie, et l'on détermine les caractères généraux Aupédantisme.
8. Charlatanisme, oharlatanerie. Ces denx termes, au lieu d'être généraux, comme les précédents, expriment quelque chose de particulier, un tour, un artifice de charlatan. Les mêmes principes peuvent néanmoins servir à établir leur différence. Le charlatanisme fait partie d'un système, d'un art ; la charlataneHe est plus simple, plus accidentelle, plus faite pour le moment; l'un est d'un charlatan, l'autre d'un homme qui charlatane.