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CHAPITRE XIX. ISE

La terminaison tse, d'origine toute française, est familière, et se prend d'ordinaire en mauvaise part pour exprimer un défaut, ainsi qu'on peut le voir par !es mots, balourdise, bêtise, sottise, couardise, fainéantise, friandise, paillardise. C'est pourquoi les noms en ise ont quelques synonymes en erie. Parmi les substantifs peu nombreux -qu'elle termine, plusieurs sont toqobés ou tombent en désuétude, comme hantise et chalandise; et quand un substantif en iseesx synonyme d'un substantif autrement terminé, si l'un des deux cesse d'avoir cours, c'est plutôt le substantif en ise.OT, le substantif en ise qui vieillit, et par cela même qu'il vieillit, a u» air de bonhomie, de naïveté et de familiarité étranger à son synonyme. Tel est en effet le caractère dlstinctif ^efeintise par rapport à feinte, et l'un des caractères distinctlfs de vaillantise par rapport à vaillance. Cette même remarque trouve son application à l'égard des mois simplesse et simplicité, {Voy. pag. 419 J

ISE, ERIE.

Ce qu'il y a de commun entre ces deuk terminaisons, c'est d'être familières, et d'indiquer des défauts ou des actes qui en émanent. Mais leur différence vient de ce que primitivement erie désigne un métier, une profession, une habitude, la répétition des mêmes actes, tandis qu'aucun nom de métier ne se termine en ise. En général, erie marquera plutôt le défaut, et ise l'acte qui en dérive. Mais supposons que tous deux marquent en même temps ou le défaut ou Tacte. Tout nom en erie, exprimant un défaut, fait entendre qu'on se livre habituellement aux actes provoqués parce défaut; ce que ne suppose en aucune sorte un nom en ise significatif du même défaut. Tout acte vicieux, dont le nom se termine en erie, est habituel; et le même nom terminé en ise n'emporte pas cette idée.

1. Ca far dise, cafarderie. Ces deux mots se disent en parlant du cafard, de sa manière d'être ou de sa manière d'agir. Cafardise s'entend plutôt de sa manière d'agir, d'un acte particulier; et cafarderie, de sa manière d'être, de son défaut. L'usage a presque rejeté cafardise, par la raison toute simple que cafardetie convient aussi bien pour marquer l'acte que le défaut. Tous deux néanmoins méritent d'être conservés ; car, si cafarderie peut exprimer un acte particulier de. cafard, il le fait avec une nuance étrangère à cafardise , et qu'on n'a pas toujours l'intention de faire entendre :

il représente la personne comme commettant fréquemment ou comme étant dans l'habitude de commettre des actes semblables.

2. Lourdise , lourderie. Ces deux mots, beaucoup moins usités que leur synonyme balourdùe, signifient une faute grossière conire le bon-sens , contre la cirilité ou la bienséance. On fait une lourdUe en passant, et des lourderies continuelles; la lourdUe est causée par l'irréflexion^ et la lourderie rient de ce qu'on est un lourdaud.

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