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CHAPITRE XXIII. ON

Il semblerait au premier coup-d'œil que cette terminaison fût latine et que tous les noms qui la possèdent vinssent directement du

(i}Eq latin, Is même difléreiic« exiile, suiviiQt Doederleio, enire marorH

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DES SYfîONYMKS GRAMMATICAUX. 4$j

laiin^ comme germon de sermo, (mis. Ce serait cependant une erreur de le penser. Parmi les substantifs latins en o, onù, il en est fort peu qui soient passés dans notre langue avec le même radical et aient pris la d^inence on ; bien moins encore parmi le^ substantifs en on pourrait-on en citer qui fussent^ comme ^^rmon^ des traductions des noms latins en o^ onù. En français^ la désinence on se trouve presque toujours ajoutée à des radicauX; ou francisés, comme dans soupçon^ ou totalement étrangers à la langue latine^ et les noms qu'elle sert à former appartiennent très souvent au langage commun ou même fa* milier et populaire, comme jargon, bouchon, brimborion, torohon, trognon, cochon, salisson, poHsson, oapon, coton*

Les substantifs ainsi terminés peuvent se diviser en trois espèces^» Les uns sont des substantifs abstraits féminins ayant pour base un significatif verbal, comme oraison, déclinaison, floraison, dé^ mangeaiêon, leçon $ leur sens approche de celui des substantifs ea ion dont ils sont quelquefois synonymes. D'autres sont masculins, à base généralement nominale, et ont pour caractère essentiel d'être diminutifs (i) : Exemples, cordon, poêlon, raton, carafon, pe^^ loton, sablon, oison, aiglon, chaudron. Les derniers, masculinS| à base tantôt verbale et tantôt nominale, rentrent dans la classe des qualificatifs : tels sont , brouillon, bouffon, frippon, fanfaron, mignon, grognon.

Lien, liaison, C% qui tient plusieurs choses on plusieurs personnes ensemble. Liaison, substantif féminin abstrait, à base verbale, joue à l'égard de lien un rôle analogue à celui que jouent â l^égard de leurs synonymes sans terminaison significative les substantifs en ion. Au lieu que lien est objectif et absolu, liaison se prend relativement , et rappelle comme ayant eu lieu l'action du verbe qui lui correspond. Le lien est ; la liaison est devenue, a été faite. Il y a lien de parenté entre personnes qui soiit parentes, et liaison de parenté entre personnes qu'une alliance a rendues parentes. On dit le lien de l'amitié, et une liaison d'amitié -, l'un est absolu^ l'autre relative. Vous ne direz pas la liaison, mais seule-*

(i) On dérive si peu du latin o, onts^ que ceUe dernière désinenee termina beaucoup de mots latins qui sont augmentatifs el marquent grosseur, eicèt. Exemples : bibo^ grand buveur; comedo ou edo^ grand mangeur ; cap'Uo, qui a une grosse télé; /iajo,.qui a un gros nez, etc. Notre langue possède bien aussi des noms augmentatifs en o/i; mais ils sont très rares et viennent de substantifs italiens dans lesquels la terminaison oné exprime augmentation, grtndéui. Sallon vient de sallont, grande salie ; carton de eamme^ grande cannt) graii4 tube; bailofi de ballone, grande balle^ grand globe. ,

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ment le lien an mariage^ parce que le mariage est un état absolu ^î ne comporte pas de degrés^ comme la parenté, ramitié, etc. On dit les liens, fii non la Haigonàu sang et de la nature, l'union^ dont il s'agit ici, étant, et ne se faisant pas. Le lien est un objet qui se qualifie en soi; la liaison est un fait qui se qualifie par rapport à l'érénement : des /îé^« étroits le sont par nature, tels sont ceux qui unissent un fils à son père ; une liaison étroite est telle crfectivement, par le fait. Le lien se considère a?ant qu'on ait lié : il sert ou il est propre à lier; la liaison se considère après que l'action de lier a été faite : elle lie. Aussi Condillac a remarqué avec beaucoup de justesse qu'au propre le lien est tout différent des choses liées et empêche seulement qu'elles ne se séparent , tandis que la liaison fait partie des choses liées el forme avec elles un seul corps, un seul tout. «En maçonnerie, dit-ily la liaison se fait par la manière de poser les pierres les unes sur les autres et par l'emploi du plâtre ou du mortier; ainsi elle fait partie du mur. Mais le lien , avec lequel on assemble les parties d'une gerbe, est toute autre chose que la gerbe. Dans les bâtiments on fait quelquefois usage de liens de fer, afin de mieux assujettir les pierres. Les liens qu'on donne à un criminel, à un prisonnier, sont des chaînes dont on le lie pour l'empêcher de •s'échapper. »

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