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CHAPITRE XXIV. BAU

Celte déiinenoe équivaut à la désinence el, féminin elle, qui a terHiiné d'abord les noms aujourd'hui terminés par eau. On a dit easiel, araiit de dire château ; tannel, d'où tonnelier, avant de dire tonneau ; ehapel, d'où ehapelier ,2Ly9Xi\ de dire ehapeau; eautel, d*où coutelier, avant de dire couteau; fnoncel, d'où amonceler, avant de dire monceau; batel, d'où batelier et hatelée, avant de dire bateau. Certains mots même possèdent encore les deux formes, l'ancienne en eltl la moderne en eau : par exemple; eaêtel et château, martel et marteau; tX, parôai les noms propres, Marcel, Marceau; Blondel, Blondeau; Moref, Moreau. Or, el, elle, italien ello, ella, dérivent du latin ellus, ella, elhtm, terminaison essentiellement diminutive : é^agnelhig a été fait agnel, agneau ;ûe scabellum, eècabelle, escabeau. D'où il suit qu'en général la désinence eau'^oïl être diminutive; c'est ce qui> d'ailleurs, se montre avec pleine évidence dans les mots lionceau, perdreau, chevreau, vermisseau, ormeau, arbrisseau, cô^ <«au,ea«^«/it«. Mais, quoique diminutifs pour la forme, beaucoup de mots en eau sont loin de l'être pour le sens. Ainsi, vaisseau, formé de vas, va^eelhis, ne signifle point du tout un petit rase, non plus que plumeau une petite plume, ni pruneau une petite prune ; et personne ne s'avisera de considérer comme diminutifs taureau, fardeau, tombeau,

Qne désigne donc la terminaison eau dans les mots au sens desquels elle n'imprime aucune idée de petitesse , de diminution? Et quelle différence met-elle entre ces mots et leurs synonymes, qui sont les radicaux mêmes auxquels on a ajouté la désinence eau pour les former; par exemple , entre tombeau et tombe, troupeau et troupe? Cette question se résout par une simple observation, c'est que tous les noms en eau sont masculins, tandis que leurs radicaux, qui leur servent de synonymes, sont féminins. De là, la différence des uns aux autres* Les noms en eau sont plus particuliers, et leurs anonymes féminins plus généraux. Les premiers ne marquent relativement aux derniers qu'une espèce, mais une espèce bien déterminée , bien distinguée par une destination on des caractères propres. Didérence conforme, du reste ^ à la signification, primitivement dimimitive, de la désinence eau. Aussi, c'est au ehapitre des synouj^ffies qui diffèrent uniquement par le genre , que se trouvent les synonymes tom^be et tombeau, tonne et tonneau, troupe îX

DES SYNONYMES GRÀMMATIGAUX:; 471

ir&upêaUj bande et bandeau , barre cl barreau. Ajotitons une remarque pour confirmer la distinction établie entre ces synonymes, en raison de ce que les uns sont féminins et les autres masculins : les premiers , étant des mots simples , désignent naturellement le genre des choses; et les derniers /étant des mots composés, marquent l'espèce , la sorte , en modifiant l'idée du genre par une idée particulière. Un vaiêêeau est un vase que distinguent sa grandeur et sa destination, un plumeau, un instrument de plumes ayant un certain usage; ^t^ pruneaux sont des prunes qui ont Àubl une certaine préparation et qu'on met en f éserre.

Porc, pourceau. Animal domestique qui a le pied fourchu, qui ne rumine pas et qu'on engraisse pour le manger. Le premier de ces deui mots n'étant point féminin, on ne saurait dire usagé de la, règle précédente pour trourer leurs différences. Il nous semble qu'on peut la trouver par cette autre voie: J9M^rc6al^, latin 7>orc^//w#, signifie proprement petit porc, porc qui n'a pas encore prts toute sa croissance, qu'on élève, qu^on nourrit. Ainsi, tandis que pore désigne le eoe^Aon, lorsqu'il a acquis le développement qui le rend propre à servir de nourriture à l'homme on même qu'il est actuellement employé à cet usage; pourceau exprime le même animal en tant et pendant qu'on l'élève, qu'on le fait paître, qu'on le mène aux champs. On dit, gros porc; de la viande ou de la chair de porc ; rôti de porc, pied de porc i porc frais, porc salé : et, d'autre part, étable à pourceaux; l'enfant prodigue fut réduit à garder les pourceaux; on appelle pourceau, pourceau d'Epicnre, l'homme qui met tout son plaisir à manger. Un marchand de porcs vend des cochons bons à tuer dès à présent ; un marchand de pourceaicx en tend qu'il faut d'abord engraisser, et qu'on ne tuera que lorsqu'ils seront devenus porcs.

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