‹ Synonymes françaisChapitre 140 sur 218 · CHAPITRE XLI- ER · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI- ER

Roc, rocher, roche. Masse de pierre dure et tixée dans le sol.

Il ne nous parait pas possible de déterminer la valeur générale de la désinence masculine er, dans les substantifs, bûcher, plancher y rocher yti autres semblables. Mais un autre moyen se présente pour distinguer rocher de ses synonymes, et ces deux derniers entre eux.

Le roc et le rocher, par cela seul que leurs noms sont masculias, doivent avoir des caractères spéciaux qui les déterminent relativement à la roche. En effet, d'une part^ roc étant le radical pur, exprime particulièrement la nature de la chose^ c'est-à-dire ici la dureté de la pierre et la fermeté avec laquelle elle tient au sol. « Roc désigne proprement, dit Roubaud, la nature de la pierre, la qualité de la matière dont il est formé : cette pierre est très dure -, il est difficile de tailler danslerovvif ron est ferme comme un roc.» « Le mot roc, dit Condillac, marque plus la dureté et la stabilité de- la pierre.» Sous ce rapport , roc est bien plus déterminé que roche ; car la roche, suivant le dernier auteur, est moins dure et s'en va par écailles: on taille des roe^e^pour en faire du pavé. D'autre part, rocher, dans Tusage, signifie incontestablement une roche très élevée, très haute, très escarpée, scabreuse, raide, hérissée de pointes et terminée en pointes; soit que ce sens résulte de son genre seul, soit qu'il lui ¥feiMie è% sa fennnia«efi ,. comme te prétenti RoubaiÉt , sans le ééttonirer. La reche^ esl qiielqiiefoie plarte et «oujours moins escarpée :

on monte sw mie roche y on grimpe sur un rocher; d'ans nn port, il y a des roches y et non des rochers, sons l'eau. Ainsi, le roc et le rocher se définissent par la roche : l'un est la rocke très dure et fortement enracinée, l'autre mre roche très élevée. Non pas que la roche répugne à ces accessoires; mais elle ne les comporte pas spécialement, nécessaf rement, ni au même degré. En minéralogie, où Pon traite de tontes les espèces de roches sans avoir égard ni à la dureté ni à Félévation, on se sert exclusivement du mot roche, à cause de soir indétermination mème.C'est encore parce qu'il ne marque, ni une grande dureté, nr urne grande élévation, que ce mot se dit bien des bloes et des fragments détachés dont on se sert pour paver ou pour Bàlir ; les héros dHomère (aneerit des roches : des rocs, ils n^auraient pu les arracher; des rochers, ifs sont énormes. Le genre de roche est si peu indifférent, que c'est aussi à cause de cette circonstance que les roches sont regardées comrme des sources, des réservoirs, des mines, des laboratohres dans lesquels la nature forme différentes sortes de productions ntHes et Ctrrreuses : eau de roche, cristal de roche, ete, — Quant à la dïfférence précise du roc au rocher, elle n'est ni obscure, ni douteuse. On rfil, bâtir sur le roc, par opposition à bâtir sur le saMe : ce qai est bâti sur le roc ou sur un roe a des fondements sofides; ce qui est bâti sur nn rocher se troffvc haut pl^cé et plus ou moins inaccessible. Le roc et le rocher «ont tofW deux inébranlables; Tun, à cause de sa dureté et de sa so- IMlté, on ne saurait le faire bouger; l'autre, à cause de sa grandeur et 4e set masse, on ne saurait le renverser. L'idée d'élévation auâessns dn sof fail que rocher se prend soirvent pour écneil contre lequel on se brise, pour un rempart, une défense, un asile; on s'y relire, on s'y, retranche ; le Seigneur est mon rocher et ma force, disaient les anciens traducteurs des psaumes.

SECTiaN II.

i^BJEGTlFS.

Page 1