‹ Synonymes françaisChapitre 173 sur 218 · CHAPITRE XIX. EL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX. EL

C'est une forme française de la terminaison latine alis, plus ordinairement rendue par al dans notre langue. On a dit accidenta/, matéria/, de manière à se tenir plus près du latin , accidentalis , materialis, avant de dire accident^/ , matéria/. Même encore aujourd'hui l'expression , éclipse partia/^, au lieu de, éclipse parti^//^, se trouve usitée dans le style didactique, qui reproduit plus fidèlement les mots des langues savantes, le latin et le grec. £/doit donc avoir le même sens qui est exprimé par a/(i). C'est ainsi qu'en latin eiis,

(i)Ed général, les deux terminaisons équivalent tout-à-fait Tune à l'autre. Elles peuvent toutefois se trouver jointes au même radical, comme on le voit dans les moXs partial e\ partîei^ original tX originel. Toute la difl'crence consiste alors en ce que Tadjeclif ep cl reproduit Tidée du radical commun plus au pro-

dans crudelis, fidelù, par exemple^ semble être une simple yariété A^alis. Les deux désinences françaises ser?entà marquer, entre les sujets qualifiés et les radicaux des adjectifs qu'elles terminent^ un rapport, une conformité, une convenance. Ce qui est superficiel, mortel, intellectuel , personnel, a du rapport avec la superficie , la mort, l'intelligence, la personne , y est relatif, a part à quelquesuns des caractères qu'on y remarque. La valeur des deux terminaisons étant la même, et al ayant été le sujet d'un long examen, de plus amples détails seraient ici superflus.

i.Continu, continuel. Ils désignent l'im et Tantre une tenue suivie. Mais ils diffèrent comme ami et amical, brute et brutal. Girard , Beauzée et Condillac s'accordent sur ce point. La chose est continue par la tenue de sa constitution , d'une manière absolue et qui ne souffre aucune division , qu'il s'agisse de l'étendue ou de la durée. Une chose n'est continuelle que par rapport à la durée, et la tenue suivie dont elle jouit est moins stricte, moins absolue: ce qui est con^ iinuel est comme ce qui est continu, y a rapport, en approche. «Une pluie continuent cesse point ; une ^luie continuelle revient depuis longtemps. Ce qui est continu éme sans interruption; et ce qui est continuel ne dure que parce qu'il revient toujours. » Cond^ Ainsi, le sens de continu se trouve affaibli dans continuel, qui n'en contient qu'une image approchante et qui suppose des intervalles et des reprises. Le cliquet d'un moulin en mouvement ne fait pas un bruitcow^w, car ce bruit se compose de retours périodiques, séparés par des intervalles de silence; mais il fait un bruit continuel, car ce bruit ne cesse de se renouveler, tant que le moulin tourne. «Un bonheur continu, dit Molière, rendrait l'homme superbe.» Bonheur continu , ou bonheur exempt de toute interruption. « Don Juan, dit-ii ailleurs, s'attire une suite continuelle de méchantes affaires. » C'est-à-dire que don Juan ne cesse pas de s'attirer de temps en temps des affaires de cette sorte.

2. Pestilent, pestilentiel. Contagieux, qui a rapport à la peste. Pestilent, pestem olens, qui sent ou exhale la peste; pestilentiel, qui a rapport , non pas à la peste , mais à ce qui est pestilent , qui

pre, tandis que Vadjectifen n/ rappelle une de ses acceptions figurées, métaphoriques, éloignées. Partiel^ qui fait partie d'un tout, qui n'existe ou n*a lieu qu*ën partie ; partial, qui dans un procès incline en faveur de Tune des deux parties. Originel, qui a rapport à Torigine, h la source, an commencement, qui u^est pas né ou n'a pas été fait postérieurement; original, relatif, non à la du-* rée selon le sens primitif du mot /mais à Tordre, est opposé à copie, à imite, et se dit de ce qui a les qualités d'un premier travail, d'un modèle.

e&t comme loi , qui en tient qnelque chose. Le sens du premier adjectif s'atténue dans le second. Des fièwes pestilentielles ne sont pas des Myrespestilentes; seulement elles en approchent, elles ont avec elles quelques rapports. Bossuet dit que, dans Tarmée de saint Louis, en Egypte , les chaleurs excessives du pays , la disette d'eau et Tair de la mer causèrent des fièvres pestilentes; seul mot qui convienne en celle occasion, parce que c'étaient en effet des fièvres de peste, qui accompagnent ou qu'accompagne la peste. De même , toutes les fois qu'on parle à la rigueur , il faut préférer />^*/î7^/, et, au contraire , pestilentiel, s'il s'agit de quelque chose qui ait avec la peste un rapport moins direct , un rapport de forme plutôt que de naturcj qui soit épidémique plutôt que contagieux.

3. Confidemment, confidentiellement^ De façon à ne vouloir pas que la chose dite soit sue. Ces deux adverbes diffèrent comme l'adjeclif hypothétique, confident, qui sert à former le premier, et confidentiel, qui est la base du second. Confidemment , d'une manière confidente, en confidence; confidentiellement, d'une manière confidentielle, ou comme confidente. L'idée commune a moins de force dans le second de ces mots, que dans le premier. Ce qu'on dit confidemment, on tient beaucoup plus à ce qu'il reste une confidence ; ce qu'on dit confidentiellement, on le dit comme en confidence , on ne le dit point officiellement. Ensuite, quand c'est confidemment qn^on parle, on le fait avec une sorte d'abandon et d'effusion y confidentiellement ne se rapporte qu'à la forme , il ne désigne pas la manière de dire eu égard aux sentiments.

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