CHAPITRE XXIII. lEK
Celte teriùînaison parait avoir la même origine que la précédente. Elle dérive aussi du latin are>/comme on le voit dans les mots^ /amilier, singulier, régulier, qui répondent à familiales, singu-^ laris, regularis. Les adjectifs en ter signifient donc, qui a rapport à la chose marquée par leur radical. Ainsi matiniery dans la seule locution où il se trouve, étoile matinière, signifie, qui a rapport au matin, du matin; ce qui le distingue suffisamment de matinal et de maiineua?, destinés à qualifier un homme relativement à l'heure de son lever.— Cependant, la plupart de ces adjectifs désignent, ainsi que le plus grand nombre des substantifs de cette désinence, un rapport tel du sujet avec la chose dont leur radical est le signe, qu'il la pratique, qu'il en a l'habitude , qu'il en fait son métier 3 tels sont : manufacturier, guerrier, casanier, chicanier, forestier, cavalier. De là la différence de nourricier d'avec ses synonymes nourrissant e\ nutritif, Nourrissant qualifie par l'effet, nutritif par la faculté et^owmcwpar l'action ; « Les mets nourrissants abondent en parties fiiUritives, dont l'estomac extrait une grande quantité de suc nourricier. La sève des arbres est leur suc nourricier, qui se répand dans tout le corps. » Roub. Ce qui est nourri^ cier opère la nutrition.— D'autres qualificatifs en ier représentent le sujet comme étant ce dans quoi ou avec quoi on fait ou on réunit les choses exprimées par le radical : gauffrier, encrier, colom^ hier; ou la réunion même de ces choses, brasier*, herbier. Mais, les exemples le font voir, ce sont plutôt les substantifs que les adjectifs qui se prennent en ce sens.
Gros, grossier. Qui n'est pas, ou qui n'est pas assez menu, mince, fin ou délicat. On dit également de l'écorce épaisse de certains arbres, qu'elle est grosse ou grossière; d'un drap commun, qu'il est gros on grossier; d'une étoffe ou d'une toile qui manque de finesse, qu'elle est trop grosse ou trop grossière. Mais grostsl une qualification absolue, qui regarde la nature de la chose, ei grossier une qualification relative qui se rapporté ù sa façon. Ce qui est gros a beaucoup ou trop de volume. « Grossier se dit particulièrement des ouvrages et marque une imperfection qui vient de ce qu'ils ne sont pas travaillés avec assez d'art. » Cond. Un mouchoir d une grosse étoffe emplit toute la poche; un mouchoir d'une étoffe grossière est grossièrement imé. Si vous appelez -^rroMc l'écorce d'un arbre ou line chose naturelle quelconque, c'est à son volume, à la grandeur de
l'espace qa'elle occupe que tous avez égards et c'est à sa conformation^ si vous qualifiez cette chose de grossière. En disant^ de gros souliers^ vous désignez une espèce de chaussure dans laquelle le pied parait moins petit; qui est forte et capable de braver l'humidité et de longues courses ; des souliers grossière sont grossièrement ou maladroitement faits^ personne ne s'en soucie.