‹ Synonymes françaisChapitre 198 sur 218 · É, EUR · texte numérisé non relu

É, EUR

Dissimulé, dissimulateur. Celui qui dissimula babituelleoieBl, — Conjuré, eonjurateur. Celui qui conjure ou conspire* ^ Zélé^ zélateur. Qui a du leète. -<* Avec la désinence é, le qiiaHfieattf indique ce qu'est le si^et, comment il est fait, constitué ; il marquées lui une détermination reçue ; avec la désinence eur, il désigjie ee qu'il fait, ce qu'il se montre, ce qu'il fait profession d'être. DissinmM place la dissimulation dans le caractère , comme une qualité qui y tient, et c'est pourquoi «il se prend plus volontiers en mauvaise part; » (CoicD.) dissimulateur la présente en exercice, comme moins concentrée, moins foncière , moins noire , et comme ne supposant que du manège et de l'habitude ; c'est en quelque sorte It profession de ceux qui, par leur position , sont obligés peut-être de dissimuler, des courtisans, par exemple. Le eonjurateur est, parmi hes conjurés, celui qui fait plus spécialement l'action de conjurer; c'est le promoteur ou l'un des plus ardents complices de la conjuration. Un serviteur télé est plein de zèle; un zélateur de la religion ou du salut public déploie beaucoup de zèle, se montre, s'avance, se porte en enthousiaste ou en fanatique pour la défense de la religion ou de la patrie ; et ce mot, comme celui é'escroqueur, est si bien relatif, a si bien rapport à l'action employée pour atteindre

DES SYNONYMES GRAMMATICAUX. Hit

on but l>artictoliér , qti'oii tte s*en èm ((tfavec ïin complêffléirt indicatif de ce but. ^

, CHAPITRE XXXm. 0.

Terminaison de participes pasisés^ comme la précédente. Elle est propre âdx verbes en oir et en re :reçu de recevoir; rendu de rendre. Elle se rapporte à dès participes passés latins de toute espèce, en atuê {barbu^e barbatuê), en itus {vendu, vendtiué), en oHis (muj motus), en utus {imbu, imbutus), en ptus {reçu , reeeptus), en ctUs{élu, elèctu8),ti à beaucoup d'autres. Presque toujours, dans le participe français, on trouve une contraction du par*ticipé latin. La même chose s'observe, quand, l'adjectif tn u^ ne rébffermslnt point une base verbale, maisf une base nominale, comme il arrive à un assez grand nombre, ne peut se réduire à un participe passé; là désinence u révèle alors, an moins pour l'ordinaire, une Contraction de la latine osus, a, um, plus généralement traduite en notre langue par eux: charnu, camoniê; herbu , herbôsue^j thenu, canostés. Ainsi, les adjectifs en u sont, ou verbaux, ce qu'indique suffisamment leur base, et, dans ce cas, ils tiennent Sous^ quelque rapport des caractères du verbe; ou^nominauif , ce que te corps du mot fait voir à la première inspection , et alors u revient à euof, qu'il abrège, en le contractant, il est, par conséquent, réplétif. Enfin , plusieurs adjectifs en u ont été formés, encore par contrac^ tion, des adjectifs latins en uus : tels sont, ardu, assidu, continu, contigu, exigu, ingénu, superflu. Ces derniers expriment l'état, la manière d'être, la qualité simplement , sans accessoire remarquable, et peuvent passer pour n'avoir pas de terminaison significative.

1. Tors, tordu. Qui va en tournant, au lieu d'aller droit. Deux mots faciles à distinguer, parce que le premier n'ayant pas de terminaison significative, il n'y a qu'à leur appliquer la règle, qui sert à trouver la différence entre deux adjectifs synonymes, dont Tun est et dont -l'autre n'est pas un participe passé; pris adjectivement. Tor^désignc le sujet tel qu'il est, par sa constitution ; tordu le représente tel qu'il est devenu, tel qu'il a été fait : le premier ne suppose pas, comme le second, changement survenu dan» l'état naturel, modification reçue. Bossuet a bien rendu cette différence. c< A considérer, dit-il , les fibres et les filets dont le cœur est tissu , et la manière dont ils sont tors, on le reconnaît pour un muscle. Et on prétend que ces fibres ne sont pas mues selon leur longueur prise en droite ligne, mais comme tordues de côté, ce qui fait que le cœur, se ramenant

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sur lui-même ^ s'enfle en rond. » Que si tors ne se dit pas sealemeut des choses naturellement telles , comme les jambes et le cou , mais aussi des choses qui ont été faites telles , comme le fil, la soie et an certain genre de colonnes, c'est moins comme ayant été faites que comme étant ce qu'elles sont , que comme ayant telle qualité, qu'on les représente. Si, au contraire, tordu peut s'appliquer,, même aux choses que la nature rend telles , ce mot n'en garde pas moins son rapport à l'action ou à révénement de tordre, et ne rappelle pas moins l'effort, la force qu'il a fallu, pour faire éprouver au sujet tel effet, pour changer sa direction propre et prindtiye.

2. Mince, menu. Petit, qui manque de grandeur. Menu vient de minutus, participe de minuere, diminuer, racine minus, moindre, plus petit; et mince, de minutiuê, mmtiuê, comparatif de minutus. Menu reproduit assez fidèlement le mot latin, minutus, d'où il dérive, et son caractère originel de participe; de sorte que^ minuere signifiant êter de la grandeur dans tous les sens, menu indique un manque de volume ou de grosseur. Mais mince ne conserve plus aucun rapport avec son primitif; il est redevenu un radical pur, représentant une partie de l'idée de menu, celle qui apparemment était exprimée d'abord par le radical même de minus, savoir un manque d'épaisseur. — Il en est de même des deux participes résolu et résous du verbe résoudre. Résolu, latin resolutus, a tous les sens du verbe qu'il rappelle parfaitement. Résous, sous sa forme contractée et anomale, est une sorte de radical nu, représentatif seulement de la signification physique et première : brouillard résous en pluie; sans compter que dans cette acception même , qui lui est commune avec résolu, il marque l'état sans faire penser aussi expressément à l'action qui l'a amené. -^ Au figuré^ menu et mince se disent des choses peu considérables, de médiocre conséquence. Mais menu contient une qualification de fait, et mince une qualification de nature. L'un est une épithète, l'autre un attribut : en vous servant de l'un, vous faites entendre de quoi vous parlez, la menue dépense; en vous servant de l'autre, vous ne rappelez pas une qualification faite, établie, reconnue, mais vous en créez une, vous affirmez, vous prétendez que la chose a peu de valeur ou de mérite : il fait une mince dépense. G'esfc pourquoi menu fait partie d'un grand nombre de locutions dans lesquelles il se met toujours avant le substantif, menus frais, menus détails, menus plaisirs ; au lieu qne mince, qui d'ordinaire a sa place après le substantif, entre dans les propositions où Ton déclare de son chef que la chose mérite peu dç considération; En disant, le menu peuple, vous n'exprimez point

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une opinion, comme en disant de quelqu'un, que c'est un homme bien minces ou même simplement, sa mince personne. Là, vous employez une expression usitée, quia reçu sa forme; ici, un mot sans détermination et auquel yous en donnez une.

3. Confus, confondu. Brouillé, mêlé ensemble; flgurément, déconcerté^ rendu honteux, embarrassé. Ce sont deux participes passés d'un même verbe, confundere, confondre. Cependant le premier a été calqaé sur le participe latin confusus, et le second formé da verbe français. De là leur différence. En nous servant de confondu, nous sentons mieux son origine verbale. Au contraire, comme con^ fus est le participe d'un verbe étranger, son rapport avec le verbe nous échappe, et il nous semble un simple adjectif à terminaison indifférente. Ce qui est confus, est tel ; ce qui est confondu, a été fait tel. Au propre, on dit confus du tout qui résulte de la réunion des parties : amas confus; le chaos n'était qu'un assemblage eon/u# des éléments ; c'est-à-dire que confus exprime reiïet sans aucun rapport à la cause et à l'action. Mais confondu qualifie les parties mêmes qui entrent dans le tout, qui ont subi l'action de la cause qui les a mêlées : dans le chaos tous les éléments étaient confondue. An figuré, confus montre le sujet dans tel état, et presque toujours en vertu d'une cause qui lui est propre, a £lle s'aperçut, à mon. air confus, que j'avais quelque reproche à me foire. » J.-J. L'Amour s'éveillant vit la pauvre Psyché qui, toute confuse, tenait sa lampe.» Laf. <c Le corbeau, honteux et confus, jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. » Id. Confondu présente le même état comme l'effet d'un coup frappé, de l'action d'une cause extérieure. Confus revient à honteux, plein de confusion et d'embarras, et confondu se rapproche plus de troublé, saisi, stupéfait, déconcerté. Dans cette phrase deBoileau : «Mon esprit éperdu demeure sans parole, interdit, confondu, » le dernier mot enchérit sur les précédents; et co7tfus, dans le même sens, serait froid et insupportable, à cause de sa faiblesse. Cependant, Regnard fait dire à Dëmocrite : a Interdit et confus de -tout ce que je vois, j'ai peine à retrouver l'usage de la voix.» C'est qu'alors les deux adjectifs ne sont pas pris dans le même sens : interdit, c'est-à-dire mis dans tel état par une cause exlériei|/e; confus, c'est-à-dire honteux et rougissant au dedans de moi-même d'après mes propres réflexions.

U, KUX.

1 . Tortu, tortueux. En latin, tortus, tortuosus. Qui ne va pas droit, mais de travers : un chemin, un sentier tortu oa tortueux^

Quoique participe passé du verbe latin torquere, tonraer, faire tourner^ tortu est par rapport à for^u^u^ un radical, auquel s'^youte la désinence augmentatiye ou réplétive eiix. Si bien que tortueua; signifie tout tortu j qui fait beaucoup^de tours et retours, qui à plusieurs reprises et en différents endroits se détourne pour revenir sur lui-même, ainsi qu'un serpent ) au figuré, il désigne l'obliquité de la marche et des voies de celui qui cache ses desseins et son but.

2. Charnu, chameux. Où la chair abonde, prédomine.— Herbu, herbeux. Où il y a beaucoup d'herbe.— Ici les terminaisons sont Tune et l'autre à considérer ; eux ne s'ajoute point, comme dans Texemple précédent; à un adjectif en u qui puisse passer pour radical pur ^ mais etuv et u sont deux désinences jointes à un même radical, cham, eiherb. La difficulté semble grande au premier coup-d'œil: u est une abréviation et eux une traduction du lajtin osu^, a, um, et tous deux signifient en conséquence l'abondance, la grande quantité. Cependant u s'éloigne davantage du tyne commun et se rencontre surtout à la fin d'adjectifs appartenant à la langue vulgaire, qui expriment une plénitude apparente et grossière : joufflu^ ma-melu, ventru, pamu, membru, chevelu, branchu, touffu. Charnu se dit donc du corps ou d'une partie du corps, ou la chair se trouve ou se montre en grande quantité, qui forme comme un^ tuasse de chair, chameux ne s'emploie qu'en médecine pour qualifier les parties du corps où il y a quantité de chair, c'est-à-dire plu5 de chair que d'autres matières, mais non pas de façon à frapper par le volume apparent : ou oppose les parties charneu$e$ aux ^Z.T\\t& osseuses. Ce mot est plus déterminatif qu'expressif. De même, il croit de l'herbe dans une clairière herbeuse ^ et l'on en voit à foison dans un champ herbu. Quoique également réductibles à des primitifs tnosus, a, um, charnu et herbu conservent avec le passif un certain rapport dont la considération peut aussi jnener k les caractériser : ce qui est charnu et herbu est cbarjgé ou tout couvert de chair et d'herbe ; c'est plutôt un excès.

1. Tortu, tortue, lis se disent tous deux d'un corps qui, au lieu d'être droit, comme il devrait l'être, est de travers, contredit, mal tourné. Mais l'un est le participe du verbe latin torquere, torlums l'autre, le participe du verbe français Vor^wer/ ce qui fait que le dernier a plus rapport à l'action et à révénement d'être rendu tel. T(yrtu indiquera donc l'état habituel ou la direction permanente du corps ; au figuré, on dit esprit tortu, mal fait, de traws. lor^é «ui-

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Jifiera ce à quoi i( est arriTé de devenir torhi. Lçs ceps de vigne sont toujours tortm ; si tous laisser; entre les mains des en&nt^s des aiguilles^ des épingles» des compas> des règles^ ils ne vous rendront parfois ces instruments que fortués, q'est-à-dire tordm^ faussés, courbés, rebroussés,

De la définition de tors et de tordu, comparée à ceUe de tortu^ tortueux ^l tortue, résulte une différence assez grande entre tordu et tortUj c'est que tordu veal; dire, tourné en long sur lui-même, en vis, en spirale, sans que le sujet tout entier cesse d'être en droite ligne, conséquemment au sens du verbe français tordre,- au lieu que tortUy participe du verbe latin torquere, exprime comme lui que le sujet n'est pas seulement tourné sur lui-même ou tordu^ mais courbé, incliné à droite, à gauche, et comme tourmenté, ce qut est presque toujours la marj[ue d*un défaut. 11 n^est pas jusqu'à la dnretè du t, à la place du d, qui ne tende à produire le même effet. Dans ic fréquentatif diminutif tortillé y cette idée défavorable s'affaiblit de manière, qu'il ne reste plus au mot que le sens dé rendu tortueux, tourné à plusieurs reprises soit sur soi-même^ soit sur une antre chose, soit en droite ligne, soit de, travers, d'une manière inelinéede côté et d'autre. €n serpent, un ver se tortille , est tortillé.

X fourchu, fourché. Qui est en forme de fourche. Quoique ces deux mots aient chacun une terminaison de participe, le premier ne correspond point comme le second à un verbe réel. Fourcher, seul verbe de ce radical, fait au participe fourché, et non pas fourchu. n s'ensnit que fourchu marque l'état ou la possession de la qualité simplement, et que fourché y joint l'Idée de Faction ou de l'événement qui y a mené. Celui qui a le menton fourchu, est né avec cette particularité -, les cheveux de celui qui les a fourches, se sont fourches, c'est-à-dire qu'ils sont tels, parce qu'ils se sont faits ou sont devenus tels. De plus, et conséquemment, ce qui est fourchu n'apl^aralt que comme fourchu, ^'est dès la racine, dès le commencement; et ce qui est fourche y^ d'abord tout entier m droite ligne, puis il lui arrive de se bifurquer, il finit par fourcher. « JLes arbres des taillis sont fourchue dès la racine, v Trév. Menton four dm; barbe fourchue. Un arbre fourché ne l'est qu'au sommet d'ua tronc qui a plus ou moins de hauteur; chez les animaux, qui ont le^ pieds fourché»^ les pieès se terminent enfourche.

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