DE
Écoulement, déeoulement. Flux, mouvement de ce qui coule. « Les eaux s'écoulent du lieu d'où elles sortent, et qu'elles laissent à sec; elles découlent de leur source. » Cond. Ce qui frappe dans
Vécoulemeni, c'est la sortie du liquide ({ai s'échappe^ qui fuit; et le yide produit parla dans le ?ase ou le contenant : un liquide %^ écoule entièrement, il n'en reste rien dans le vaisseau. Ce qui frappe dans le découlement, c'est la direction que suit le liquide en coulant :- le sang découle d'une plaie. De même, au figuré, le temps s^écoule, c'est-à-dire, fuit, échappe; une conséquence découle d'un principe, c'est-à-dire, résulte ou descend de quelque chose de supérieur comme de sa source.
Épuration, dépuration. Action de purifier, de donner de la pureté, ou effet de cette action. Par V épuration, ce qui est impur sort ou s'en Ta; par la dépuration, la chose est délivrée ou débarrassée de ce qu'elle contient d'impur. Il semble, d'après cela, que le second mot exprime une élimination plus complèle, plus définitive de toute matière hétérogène; d'autant plus que de est essentiellement caractéristique, rigoureux, déterminatif. Vépuration serait donc un commencement de dépuration, ou une dépuration relative et partielle; mais, d'un autre côté, Vépuration demande peut-être pins de temps et de soin, parce qu'elle est plus difficile.
Èhonté, déhohté. Sans honte, sans pudeur. Dans cet exemple et le snivant les deux préfixes sont privatives; mais de semble l'être à un plus haut point^ ce qui tient sans doute à sa valeur rigoureusement déterminative, à ce-qu'il exprime plus particulièrement les actions et les états d'une façon décidée et caractéristique. Et c'est à cause de celte propriété que dépuration se dit seulement en chimie et en médecine, tandis ([m!' épuration est de tous les styles. E signifie qu'on est sorti d'un état, et de qu'on en est déchu. Or, on rentre plus aisément dans Tendroit d'où Ton est sorti qu'on ne i*emonte au rang d'où l'on est déchu. On n'est éveillé que pour rentrer un peu plus tard dans le sommeil; les personnes édentées, éreintées ne le sont jamais absolument; par le mot elinguis, Tes Latins désignaient ane sorte de mutisme relatif, qui consiste à ne pas parler dans une circonstance, quoiqu'on en ait naturellement la faculté. Ainsi éhonté et déhonté indiquent une absence de honte, le premier accidentelle et dans une action particulière, le second habituelle et dans le caractère. On esiéhonté par un oubli momentané de soi-même ; mais, à force d'être éhonté, on finit par devenir déhonté,
Èhanché, déhanché. Qui a les hanches rompues on disloquées, qui marche sans être ferme sur ses hanches. L'un désigne un état relatif, l'autre un état absolu. Dans celui qui est éhanché, vous voyez, quand il marche, ses hanches sortir e't rentrer alternativement, et sa personne elle-même incliner^ tantôt à droite^ tantôt à ganche.
Le ifiot éhanehé exprime assex bien une sorte de raetlfatlon provenant de ce qu'on a de maufaises banehes, on une sorte de moufe'ment ondulatoire qu'affectent de se donner en marchant certains dandys des deux sexes. Lé déhanché ne manque pas seulement de bonnes hanches^ mais il n'en a point du tout^ pas plus que ce qui est démanché n'a de manche. Par rapport an fait on à Fétal d'avoir des hanches, on peut dire qu'il est déchu ; car ici, comme ailleurs, de annonce une privation complète, rigoureuse, définitive, quelque défaut irrémédiable et qui ne permet pas l'espoir d'un retour.