‹ Synonymes françaisChapitre 42 sur 218 · CHAPITRE VI. DIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. DIS

Di ou dis, particule latine qui se place toujours au commence-ment de certains mots composés, correspond, pour la forme et lé sens, au grée ^ta {dùcerno, ^laxjîvw), et quelquefois à <^6$, avec peine, difficilement. Du reste, diei rfw viennent à coup sûr de duo, deux, tout comme en grec ^la et ^6; de ^60, racine identiquement la même. D'après son origine, la prépositive dont if s'agit ici doit donc marquer dualité et non unité. Ainsi, dilemme, grec ^iX/i(i.(i.a (^iç, deux fols; Xa(i.6av8iv, prendre) ^ argument par lequel on offre à un adversaire le choix entre deux propositions, représente sa valeur primitive. Il en est de même de diphthongue, syllabe qu'on prononce en faisant entendre le son de deux voyelles. A l'opposition de la dualité et de l'unité se rattache sans peine celle de la séparation et de l'union, de la diversité et de l'identité. C'est effecli- Tcment la modification que dis a coutume d'imprimer à la signification de beaucoup de mots dont il fait partie ; seulement, l'idée de dualité se trouve quelquefois avoir perdu de sa précision, et la préfixe peut se traduire par, dHci et de là, de côté et d*autre, en tou^ sens. Disséminer, dissiper, c!est répandre çîî et là, de tous les c<)tés; discourir, courir çà et là en parlant^ parler de choses et d'autres; digérer, porter la nourriture dans tons les membres ; discerner, voir séparément de toute autre chose.' De plus, entre l'idée de séparation et celle d'ablation, de négation, existe une certaine affinité, et l'esprit passe volontiers de l'une à l'autre. Dis devra donc aussi faire signifier à certains mots composés ce point de vue de l'esprit. C'est ce qui arrive, par exemple, pour difficile, disparaître,

DES SYNONYMES GRAMMATICAUX. 3gl

disconiinuer, disconvenir , disêuadef, diisemblabiê , dis^ grâce, difforme.

Simuler^ dissimuler. Faire par les apparences que les autres se trompent sur nos pensées^ nos sentimenlS; nos intentions, ou en général sur la réalité. Simuler^ c'est Caire en sorte qu'une chose pa^ raisse; quoiqu'elle ne soit pas, faire un acte qui ressemble {similis, semblable) à un acte réel, mais qui ne Test i>as. Air contraire, dissi^ mulet 9 c'est (aire un semblant qui diffère de ce qui est, induire à croire qu'il n'existe pas. La différence est capitale : on simule ce qui n'est pas, on dissimule ce qui est. On simule une attaque en cher* cfaant à paraître attaquer, Undis qu'au fond il n'en est rien; on dis* simulé sa haine en cherchant à ne point paraître haïr, tandis qu'au fMid OQ hait effecttTcment. Là, on se sert de l'apparence pour faire croire ce qui nest pas ; ici, on s'en sert pour déguiser, pour empè* ebtt de paraître ce qui est, lou pour faire croire le contraire de ce qui est. £u un mot, simuler est affirmatif de ce qui n'est pas, et dissimu^ /#r, négatif de ce qui est. £n latin, le même rapport existe entre #i* mulare et dissimulare : simulamus quœ non sunt; dissiinu^ lamus quœ sunt; et, en allemand^ entre sich stellen et sich verstellen.

Position, disposition. Ils expriment une manière partictilière d'être dans un sens, ou dans une certaine i)osture et dans un cer«r tain rapport avec un but. Par la position d'un homme, d'une ar«^ mée, d'une maison, comme par leur dispêsilion, tous désignez 4N>mment ils se troa?ent eu égard à leur destination ou à un but. Ces DMts dokent être considérés d'abord \somme significatifs de ta postore seule , puis comme indiquant le rapport au but. -^ 1* Sous le premier point de vue, disposition, c'est-à-dire état on manière d'être de ce qui est posé de côté et d'autre, shoote au sens in simple tldêe d'un arrangement, d*un ordre de choses ; ai bien que la disposition mêr^m ISiposOion combinée de différentes parties OQ de dif ers objets. La position i'un homme, d'une armée, d'unt maiSMi, c'est simplement leur situation particulière par rapporta aa but. Ifais la disposition d'un homme, c'est sa position résultant de rharmonte ou du désaccord qui règne^ntre les di? ei^s parties de son organisation, soit physique, soit intellectuelle. La disposition d'une armée, c'est «a position produite par^son ordonnance : nne amêe choisit XtVîtposiHon pour attaquer, et reçoit du générai telle disposition. Une maison a telle position ^t^ttX'-^àxtt se trouve ex* posée de tdtemainière; die atelle disposition, c'est-à-dire telle ma* Bière d'être en raièon de la distrilHiUen dèâ parties qui la oompoêeat.

— 2<> Sons le second point de voe^ la différence est antre et se tire d'une autre circonstance. Dans position le rapport an but parait peu marqué,et c'est une détermination passive; dans ^i^onïion^au contraire^ il se montre énergique et sous forme de tendance. Qu'un homme soit exposition de faire telle ou telle chose, il ne s'ensuit pas qu'il y soit porté, qu'il y aspire ; mais, être dans la disposition de faire nne chose, témoigne dans le sujet une inclination active. Une armée est dans une hoxme position pour combattre, c'est-à-dire qu'elle peut avec chance de succès attaquer et se défendre ; mais cette heureuse manière d'être par rapport au but ne tient pas à elle, ne vient pas d'elle : au moment du combat, elle est dans une bonne disposition, c'est-à-dire, pleine d'ardeur et prêle à fondre sur Tennemi. Si on dit plutôt la disposition que la position des esprits et des affaires, c'est pour deux raisons différentes : d'abord, il s'agit dans cette locution de plusieurs choses, et en l'employant on vent exprimer Tétat qui résulte de leurs rapports mutuels ; ensuite, les esprits et les affaires y sont considérés comme ayant une tendance, comme suivant on voulant prendre un certain train, une certaine tournure.

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