AB, DÉ
r Mbragaiion, dérogation. Ils expriment deux actions législatirtt opposées à l'autorité d'une loi, mais chacane à sa manière^ suiyant la valeur de leurs préfixes. Vabrogalion annule absolument la loi antérieure ; la dérogation la laisse subsister, tout en la suspendant on en la modifiant. La loi qui abroge est Çaite pour anniUer l'ancienne, et l'anéantit daps tous ses points; la loi dérogeante n« porte atteinte à l'ancienne^ ne la contrarie que dans quelques poinU Où il y aurait incompatibilité entre elles deux. Cette différence s'ex * plique et se justifie aisément. ^^ indique un rejet, un éloignemest complet, absolu de la loi, et dé seulement un dommage, un décbet qu'on lui fait éproUTer. C'est ainsi que dans les mots abdiquer ^ ab* jurer y abnégation, abolir, absoudre, la prépositif e ab emi^orte le sens d'un acte qui s''achèved'uB seul coup ; tandis que dé fait nal* tre l'idée d'un dommage successif et partiel à ciiaque instant dan^ d^éritydéehoir, décliner, défaillir ^.décroître, détériorer, dé' grader, dégénérer. En général, âd ae trouve employé au commeacernent des mots qui désignent un mont ementbrusque, violent, comme abj'icere, abtùrahere, aèlegare, etc.; déy an contraire, est propre à signifier un mouvement doux, progressif, et par suite, non pa»mi anéantissement^ nne suppression, mais un aimple retranchement qui altère l'intégrité de l'objet, et /ien de plus. Et, pour en revenir À la dérogation^ quelquefois elk consiste, non pas même à faire un léger changement à la loi, mais à ne point l'appûquer à l'égard d'une personne ou dans ime circonstance partieuUère. « Je me déterminai à me faire protestant ie désirai seulement de n^étre pas obli^ de paraître en consistoire, L'édit ecclésiastique cependant y était for*^ Md : on voulut bien j déroger en ma faveur. » J.-i.