‹ Synonymes françaisChapitre 63 sur 218 · CHAPHRE XVII. SOUS, SUB · texte numérisé non relu

CHAPHRE XVII. SOUS, SUB

Sous, préposition et préfixe fraBçaise^ dérive de la préposition et préfixe latine »ub, conservée en français eomme préfixe seulement dans plusieurs mots composés^ tels que «t^djugner^ «t^&stance« Toutes deux tirent leur origine du grec hn^ Dans les mots qu'ellei commencent leur forme est ou n'est pas altérée : elle ne Test pas dans ^i^traire et subtà^ev ) mais elle l'est dans soumettre, dans «t«pi)oser, #M/ïisant, #t*ecéder, *w^gérer,.*wjet. Gomme particules initiales et composantes^ elles marquent primitivement infériorité d'une chose par rapport à une autre à laquelle elle sert de base : Exemples^ ^ou^-coupe, «^^stance^ *wjet, ^oulenir, subir ', ou bien l'action de mettre ou de faire quelque chose au-dessous d'un objet, ainsi que le font voir soumettre, ^Môjuguer, *omcrire, ^wsôtituer, ^«^ordonner^ ^w^merger ; ou bien simplement le fait d'agir pardessous, comme ^wppurer^ ^owleyer, on d'agir en dessous, sous main, secrètement, comme *w6orner, soiip^^n, suggérer, ^ow^raîre. Quelquefois c'est une infériorité d'ordre ou de temps qu'elles signifient : «u6alterne, ^oM«-ordre, ^oi^-préfet, *wMélégné, subséquent, succéder ; et c'est quelquefois un degré peu élevé dans la quantité, la qualité ou l'action, auquel cas elles sont minof^tives : *MÔdivlser, ^owrire.

Lever, soulever. Changer la position de bas en haut. Lever est le radical nu, le terme simple, ordinaire, étranger à tout accessoire. Soulever, comme expression composée, indique pi us d'effort et de r&istance, c'est-à-dire quelque chose de plus lourd. D'ailleurs, on *OMlève ce qu'on lève par-dessous. Vous levez le couvercle d'un vase, et la vapeur de l'eau qui bout dedans le soulève, « La marée soulève les navires qui sont sur la vase. » Acad. « Sur un ballon à demi enflé, dit Mallebranche, mettez une grosse pierre, si quelqu'uîi souffle de nouveau seulement avec la bouche dans ce ballon, il soulèvera la pierre qui'le comprime. » Mais si, en qualité de mot composé, soulever dénote quelque chose de remarquable dans (e poids du corps, il ne faut pas oublier que sa préfixe est parfois minoralive et doit lui faire signifier, lever peu, à un degré qui reste bas, inférieur. Pour soulever, il suffit de faire perdre terre ou d'opérer une séparation entre le corps et la place où il repose. « Soulever un malade dans son lit. Ce fardeau est si pesant qu'on a peine à le soulever, » Acad. « Le flatteur montrant aux autres l'un des mets

DES SYNONYMES GAÂMMATIGAlIX. ^U

qu'il soulève du ptat : œla «'appelle^ ûHAï, m morceau friand. »

IiABft.

Porter, supporter. Être chargé de quelque poids. Aucune détermination ne eenvienl; easentiell^ment au simple $ mais il est suscep* tiUe d'en prendre un grand nombre^ surtout celle qui est relatire au lieu où l'objet porté doit être remis : où portet-\(m$ cela? Du re»te> 9h perte à la main, sous son habit, eomose sur sa tè9«. Sup^ porter^ c'est porter étant dessous» et les deux mois ne sont ^no* nettes que 4iiiMind le premier se prend aussi dans cette acceptiofl* Mais alors supporter annonce quelque chose de fort pesant, et appelle Fattenl^n sur ce qui est en dessous. Dans le corps humain, la tète |9orf^ tes cheveux, les yeux, les oreilles; les jambes sup^ partent tout rédtfiee« Les arbres por/enf des fruits ; des anidiaux portent éé la laine, d'autres des poils, d'autres des cornes; un pilier supporte une Yoûte. A^ figuré, supporter signifie subir> endurer quelque chose de pénible qu'on consfidère comme, ton poids accablant, un malheur, une perte, la fatigue, la misère, les maux de toutes isortes. Dans le même sens porter est plutôt énonmatif du fait qu'indicatif de ia grandeur du poids. Uà homme j9or^« son mal-^ htenr de telle en telle manière; on n'est pas toujours capable de supporter vm malheur^ on y succombe queiquefeis. Uik injure est di^ite à supporter cl non pas à porter^

Pùstr^ supposer. Admettre comuDe vrai quelque chose dont la vé* rite n'est pas établie ou convenue. Le supposer, poser dessous, c'est l'idoiéttre afin d'^ tirer une induction, d'élevier dessus une opinion ou une dodrine. Ce qu'on suppose est comme un i^Mtdement^ur lequel on asseoit une assertion. Poser quelque ^ose> c'est Vouloir bien le supposer, parce qu'on est sftr que cela ne servira de rien^ qu'on ne pourra rien bâtir dessus. « Vous prétendez que cela est, jt tt^en demeure pas d'accord; mais posons que cela soit. » Agad. Ou Menencoté> j90»i^, c'est, toujours dans la conviction qu'on n'en pourra rien tirer, admettre le âiit ouvertement, «ans hésiter, l'établir «i pHnci|[»e; au lieu que le supposer, c'est le poser avec une sorte de retenue, comme possible on vraisemblable , sous lormt de eonjee^ turc, eu ééàrd au sens minoralîf de la préfixe sub.

sous, RE.

Soupirer, respirer. Roubauda comparé ces vérbeà dans dent circonstances, et d'abord, quand le premier s'emploie avec après on pour, le second prenant un complément direct : soupirer aprèà là guerre, respirer la guerre; auquel cas, ils ne sont poiht synonymes.

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Soupirer, êuspirare, itêbspirare, soiîfller de dessous, de bas en haiit^ pousser des soupirs ; on soupire après ou pour une cbose qu'on désire avec une sorte de langueur^ de calme et d'affliction^ comme un amant. Respirer, re spirare, souffler itérativement^ aspirer et rendre l'air, se dit figurément en parlant d'une passion dont on est si plein et si animé qu'on semble l'exhaler ; c'est ainsi qne le feu et la fureur, suivant les poètes, sortent des narines du coursier fougueux. Soupirer après ou pour se met toujours devant le nom de l'objet qu'on désire, non pas en homme passionné, emporté^ inais d'une manière douce, passive, expectante; respirer veut toujours après lui le nom d'une passion à laquelle on est en proie. Il n'est donc pas à craindre qu'on se méprenne à leur égard. On soupire après le retour de quelqu'un (ftv. J.-J.); pour des richesses qu'on n'emporte point dans la tombe. Eivcycl. On respire l'ambition et la guerre (Boss.)^ la vengeance (Bakth. Acad.); la fureur do duel. Volt. Soupirer après la guerre , c'est être fâché que la guerre, comme objet ou fait, n'ait pas lieu, et désirer qu'elle ait lieu; respù rer la guerre, c'est éprouver le sentiment ou la fureur de la guerre. On ne soupire pas ôpr^^ l'ambition; on Wrespire, comme dit Bossuet.— Mais ensuite, respirer, tout comme soupirer, se trouve quelquefois avec après, que suit le nom d'un objets et c'est alors seulement qu'ily a entreeux synonymie, tous deux signifiant désirer avec ardeur l'objet devant le nom duquel ils se placent : soupirer on respirer après le retour d'une personne chérie. Soupirer après marque toujours un désir doux, tendre, touchant, calme, triste, affeclneux; r^^r^ après, c'est témoigner par sa respiration qu'on aspire (1) à tel but, qu'on voudrait tel objet, et, comme il n'y a que les passions qui se décèlent de la sorte, l'expression respirer après annonce un désir plus ardent, plus énergique, plus vif, plus impatient, plus empressé. « La biche altérée ne soupire qvi* après les enux de la fontaine; le loup affamé ne respire qn^ après sa proie. Les passions prennent le caractère dii si\jet passionné. Un malade trop débile encore et abattu ne fait que soupirer après la santé; le malade, dont le courage renaît avec les forces, ne respire qu^après elle.» RoiuB. En un mot, on est plus passif quand on soupire, et plus

(i) Jspirer^ adspirare, souffler vers, de manière à montrer le but auquel on prétend. Ce verbe indique aussi la direction vers uu but avec espoir d'y parvenir ; mais il est plus relatif à la volouté qu'à la sensibilité. « Et monté sur le faite, il aspire à descendre. » Corn, On peut aspirer k un bien sans désir bien marqué , sans passion, ou du moins cette idée ne domine pas dans aspirer à comme dans soupirer et respirer après.

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actif qoand on respire après; et c'est pourquoi soupirer après iw déuote pasioujours, comme respirer après, le désir d'un bien qu'on voudrait posséder, mais quelquefois le regret d'un bien qu'on a eu le malheur de perdre. « Votre ami mort, vous soupirez en vain après lui; vous respiriez après votre ami vivant. L'ambitieux déchu des honneurs soupire après eux tout bas; l'ambitieux entreprenant ne respire qu'après les honneurs qu'il poursuit. » Roub.

sous, COJV.

Supplément, eamplément. Ce qui est ajouté à une chose. Le supplément est ajouté en sous-ordre, comme quelque chose de subordonné à l'égard de quelque chose de principal. Le complément complète ce à quoi on le joint; il en est une partie essentielle, et non un accessoire ou un appendice. On donne un supplément de dot ou de solde, et le complément de la dot ou de la solde; c'est, d'un côté, par surérogation, parce que la dot ou la solde complète semble faible, ou qu'on veut témoigner son contentement en donnant quelque chose en sus ; de l'autre côté, c'est afin de s'acquitter entièrement. Sans le supplément qu'on donne à un ouvrage, celui-ci serait entier selon le premier dessein de l'auteur; le supplément est un ouvrage à part, subalterne, pour ainsi dire, qui ne fait qu'étendre on éclaircir quelque partie du premier : sans le complément qu'on lui donne, l'ouvrage manquerait d'une partie nécessaire.

Supporter, comporter. Ces deux verbes s'emploient bien avec la négation, pour exprimer qu'une chose ne saurait en souffrir une certaine autre. Ces sortes d'ouvrages ne supportent pas la critique, et ne comportent pas tant d'ornements. Ils ne supportent point la critique, ils eu sont accablés; ils ne comportent pas tant d'ornements, c'est-à-dire que naturellement ils ne les admettent pas, ils ne peuvent subsister aveceUx. D'une part, c'est un manque de force; de l'autre, c'est une incompatibilité essenliellie. Dans un récit on dira qu'un ouvrage n'a pas supporté la critique ; ce n'est que dans le didactique qu'on pourra dire d'ouvrages ou d'autres choses qu'ils ne comportent pas ceci ou cela.

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