CHAPITRE XXII. CONTRE
Contre, latin contra, indique situation ou manière d'être d'un objet opposée à celle d'un autre, on vis-à-vis d'un autre.
Faire, contrefaire. Se donner l'air d^avoir certaines qi»alités:
faire ou contrefaire Phomme de bien. Contrefaire , c'est représenter une personne , faire en face d'elle une personne semblable en l'imitant, comme il arrive quand on s'agite devant un miroir. En sa qualité de composé, il dénote un, dessein formel , l'intention expresse de paraître autre qu'on n'est, une feinte préméditée. Celui qni fait l'important , l'entendn , le grand sei^ieur , prend l'air de ces personnages , sinon sans le vouloir et «ans s'en apercevoir, du moins j$ans suivre en cela un plan conçu d'avance, et sans s'efforcer de tout son pouvoir de tromper les autres sur son compte. Il en est de même de celui qui fait l'homme de bien. Mais celui qui contrefait l'homme de bien ou l'insensé joue un rôle de propos délibéré, a précisément pour but d'en imposer ^ et emploie avec application et persévérance toutes sortes de moyens pour atteindre ce but. De pins, on/at/J'homme de bien ou l'insensé un instant, en passant, sous un rapport, devant telle personne. Mais quand on contrefait l'homme de bien ou l'insensé , on fait un vrai personnage , on cherche à imiter son modtle constamment et de toutes les manières , on suit un système de conduite. De là vient qu'on ne dit pas contrefaire, commeon é\i, faire l'affligé, le malade, le mort. « Je ne faisais pas le dévot, dit le cardinal de Retz dans ses Mémoires, parce qtie je ne me pouvais pas assurer que je pusse durer à le contrefaire, »