‹ Synopsis de la cause des écoles du Manitoba [microforme]Chapitre 10 sur 16 · acte uit · texte numérisé non relu

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Réplique des Comm’ssaires pour le Dominion.

Aux honorables ManiroBaA Horez, WiNNiPeG, 31 mars 1896, ULIFFORD SIFTON, J, D, Cameron.

Messieurs, —Nous avons l'honneur d’accuser réception de votre communication en date d'hier, laquelle est une réponse aux suggestions que nous vous avons présentées pour le règlement de la question des écoles du Manitoba.

Nous regrettors qu'il y ait eu méprise sur l'entente qui à précédé l'ouverture de la conférence, Pour ce qui est de votre première observation, voici comment, suivant nous, les faits se sont pastés : vous avez demandé que la délibération du bill réparateur fût suspendue par le gouvernement fédéral jusqu’à aujourd'hui (mardi), ce à quoi nous avons répondu que les journaux contiendraient une déclaration dans ce sens, Tenant beaucoup à répondre à vos désirs, nous avons promis en outre de communiquer avec le gouvernement fédéral pour lui demander de ne point reprendre le bill vendredi. Cette demande à été transmise par nous et notre surprise à été égale à la vôtre lorsque nous avons vi. que, pendant la nuit de vendredi, le bill avait été avancé d'une étape. Nous ne savons quelle considération à forcé le gouvernement de suivre cette ligne de conduite, et nous regrettons sincèrement qu'un malentendu ait eu lieu sur un point par rapport auquel nous avons rempli notre engagement ét nous avons fait tout ce qui dépendait de nous pour satisfaire à vos désirs.

Quant à votre deuxième observation, il nous paraît clair qu’il y + eu entre nous un malentendu, qui peut s'expliquer assez naturellement. Suivant ce que nous avons compris, vous exigiez que le bill réparateur fût retiré dès que la question des écoles serait réglée, et nous n'avons fas voulu vous donner à croire que cela dût avoir lieu aussitôt après la conclusion d’an arrangement entre nous; le dernier paragraphe de nos suggestions fait voir comment nous entendisn: ce dont il avait été convenu à l'origine, Nous revenons sur ces points, qui sont en soi sans importance pour écarter de la controverse tout ce qui pourrait avoir quelque chose de personnel.

Nous devons dire quelques mots sur le caractère de notre mémorandum, Son objet est d'indiquer en termes généraux une base de discussion en vue d’un accord possible entre toutes les parties intéressées, Il pent donc prêter à quelques-unes de vos objections, en ce qu'il n'entre point dans les détails mais trace simplement les grandes lignes à suivre dans un projet de loi.

Ajouions que vous n’attachez pas assez d'importance à la position légule incontestable des catholiques romains. D'après le jugement du comité judiciaire du Conseil privé et d'après l'ordre réparateur, ils ont certainement des droits importants relativement à des écoles séparées, et quoique le parlement fédéral ait compétence pour garantir l'exercire d'une partie ou de la totahté de ces droits, il est admis de tous que cela peut être accompli plus avantageusement maur les intéressés par la législature locale, et c'est pour cette raison que nous sommes ici réunis en conférence. À cette heure la discussion des désavantages du système d'écoles séparées n’est point pertinente; elle ne ferait vraisomblablement que fausser la situation en déplagant la question, Il nous paraît donc que votre arsumentation manque en grande partie son bn: parce que vous ne reconnaissez pas l’état où se trouvent les choses présentement, Vous n'avez pas considéré les condiions proposées en les comparant au système régulier d'écoles séparées qui serait créé par le bill réparateur ou à l’ancien système d'écoles, mais vous vous êtes hornés À affirmer que ces conditions entraîneraient certains inconvénients de 2 dernier système.

Nous regreuins profondément que vous ayez cru devoir rejeter nos propositions, et nous devons dire avec toute déférence que les objections gén iles et spéciales que vous avez fait valoir, ne nous paraissent pas appeler nécessairement une aussi grave détermination, [l nous serait inutile d'entrer dans une longue argumentation pour justifier notre position ; nous énoncerons seulement quelques considérations générales portant sur les trois objections que vous formulez en principe, savoir : (1) que notre plan diviserait la population en deux classes, l’une catholique romuine, l’autre protestante, en donnant à la première des privilèges à l'encontre de la seconde; (2) qu'il établirait un système d'écoles séparées soutenues par l'Etat ; (3) qu'il aurait l'effet

de modifier grandement toute l’organisation scolaire pour la faire concorder avec le principe des écoles séparées. Quant à I première de ces objections, nous ferons observer que la séparation des catholiques romains comme classe ne vient point de nos suggestions, Elle est faite par la constitution et se produit à leur égard parce qu’ils se trouvent être une niinorité de la population. Il est inexact de dire que quelque privilège leur soit accordé à l'encontre du reste de la population. Il n’est ici question que des droits conférés par la constitution à la minorité. Le problème de cette question scolaire est d'assurer à cette minorité les justes privilèges légaux que lui reconnaît la constitution,en touchant le moins possible au système d'écoles publiques du Manitoba; et à ce point de vue, notre suggestion à de lu valeur,

Relativement à votre deuxième objection, nous pouvons dire que la population catholique romaine coniribue pour sa part à toutes les taxes scolaires, et qu’en retour elle a droit que ses enfants reçoivent l’enseignement. Il s'agit du mode de cet enseignement, vu les droits que la minorité tient de la constitution. L’assertion que le système proposé par nous seiait trop dispendieux et les restrictions qu'apnorterait notre proposition aux privilèges ordinaires des écoles séparérs, feront plus loin l’objet d'observations spéciales. S'il y a violation de quelque principe dans l'emploi des taxes pour l'entretien d'écoles où s’enseignent les doctrines catholiques, votre suggestion alternative semble être sujette à cette objection tout autant que le nôtre.

En réponse à votre troisième objection, nous vous ferons remarquer que les changements proposés par nous sont loin de coranrenc"e tout ce que comporte d'ordinaire l'établissement d'écoles séparées. Nous 'inciston. 18 sur les écoles normales. En ce qui regarde les livres d'enseignement et l4 ‘epresentation dans les bureaux comme question de pratique ot d’uuministration, nous constatons que vous ne soulevez point d'objections, Nous ne demandons point que les catholiques romains aïent le droit séparé d'élire des commissaires, ou qu'ils aient autrement une représeniation spéciale dans les bureaux de commissaires ; nous nous contentons de la protection que leur offre un appel à votre département d'éducation. Sous ce rapport nos propositions restreignent considérablement ce qui a toujours été reyardé comme l'un des privilèges essentiels attachés au système des écoles séparées. Les écoles proposées seraient sous le contrôle de commissaires élus par la totalité des contribuables suivant les dispositions de votre loi scolaire, Vous affirmez que si notre suggestion était mise à effet, elle entrafnerait dans votre organisation scolaire un changement plus considérable que celui qui a eu lieu d’ordisuire par l'établissement d'écoles séparées, mais cette affirmation ne nous paraît pus bien fondée. Nous désirons causer le moins de changement qu’il est possible dans votre organisation et nous croyons y avoir "éussi jusqu’à un certain point.

Quant à votre première objection, nous devons di:+ ue, dans les conditions actuelles, il n’y aurait pas en pratique de grave incoi :: eat, parce que dans la plupart des endroits in.éressés les catholiques romain: so. 1famment nombreux pour fournir les éléments nécessaires pour les grades et is “ avours, En tout cas,

il est clair qu'on y obtiendrait un degré d'efficacité supérieur À celui que peuvent atteindre les catholiques qui refusent pour un motif de conscieuce d'envoyer leurs enfants aux écoles publiques, et qui se trouvent par suite obligés de soutenir des écoles de leurs propres deniers et sans participation à l'octroi législatif. Au point de vue de l'efficacité particulièrement, le système que nous proposons aurait pour résultat un état de chose bien supérieur à celui qui existe actuellement ou à celui qui existerait sous l'application du bill réparateur, s'il devenait loi. S'il en est ainsi, la raison même que l’on tire de lefficacité veut que l’on amène amiablement los catholiques à accepter les écoles publiques par une méthode comme cell: que nous suggérons.

Votre seconde objection repose sur un malenterdr, Notre mémorandum est conçu en termes généraux et n'entend aucunement exclure + sincipe de l'élection à l'égard des catholiques, principe élémentaire et qui se trouve consacré dans le bill réparateur,

Quant à votre troisième objection, nous ne pouvons admettre qu'il y ait plus de désavantage à tenir des enfants catholiques dans une chambre séparée, qu’à leur faire suivre les classes dans un bâtiment distinct, On pourrait tout aussi bien dire

que la séparation pour les exercices religieux est également critiquable, et c'est d’ailleurs ce qu'implique l’une de vos suggestions,

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