L'infériorité nécessaire de l’école séparée
3. L’abaissement du degré d'efficacité des écoles publiques par suite de la division des revenus scolaires,
4, L'imposition d’un fardeau aux catholiques en les contraignant à soutenir des écoles séparées,
5. La concession à une confession de privilèges spéciaux qu'on ne saurait en principe refurer à toutes les autres confessions, mais qui en pratique ne pourraient leur être reconnus suns causer la ruine entière du système scolaire.
Vous n'aurez donc pas lieu d'être surpris que nous ne puissions accéder à la proposition que vous nous avez faite, ni à aucune autre reposant sur des principes analogues,
Nous sommes disposés cependant à accomplir notre promesse de redresser tout grief bien fondé, s’il en existe quelqu'un, et nous vous soumettons, dans ce but, un projet de modifications qui, à notre avis, ne présente point d'objection en principe,
fera cesser tout grief, ne portera aucun préjudice au système d'écoles publiques et laissera aux enfants catholiques romains le privilège de participer aux avantages éducationnels dont jouit le reste de la population scolaire.
Notre proposition est présentée sous la forme d’une alternative :
1. Si cela est accepté comme mesure satisfaisante de réparation pur la minorité ot comme redressement de ses griefs, nous offrons de séculariser complètement le système des écoles publiques par la suppression d'exercices et d'enseignement religieux quelconques pendant les heures d'école. Nous désirons cependunt qu'il soit compris que cette proposition n'est faite qu'à titre de compromis, et qu'elle n'est pas l'expression de la politique que le gouvernement et la législature provinciale entendraient suivre, Nous sommes disposés toutefois à adopter une telle règle en vue d'arriver au règlement de ia difficulté.
2, Comme alternative nous offrons de révoquer les dispositions actuelles de l’acte scoiaire rela'ives aux exercices religieux et de leur substituer en substance ce qui suit:
“ Nuls exercices ou enseignement religieux n'auront lieu dans les écoles publiques, si ce n’est de la manière réglée par l'acte. Quand ils auront lieu, ces exercices ou cet enseignement se feront entre trois heures et demie et quatre hevres de l’après-midi.”
“ Si les commissaires l’autorisent par une résolution adoptée à la mujorité, il se fera des exercices et un enseignement religieux duns toute école publique entre trois heures et demie et quatre heures de l'après-midi, Ces exercices et cet enseignement se donneront par un clergyman ou ecclésiastique dont la juridiction comprendra une partie quelconque de l'arrondissement scolaire, ou par une personne, agréée de la majorité des commissaires, que le dit clergyman ou ecclésiastique autorisera à le remplacer pour cet objet. Les commissaires diviseront le temps réservé aux exercices et à l’enseignement religieux pour les différents jours de l4 semaine entre les représentants des différentes ec... 2ssions religieuses auxquelles appartiendront les élèves, de manière à répartir aussi approximativement que possible le temps alloué suivant le nombre des élèves des confessions respectives.”
‘ Deux confessions ou plus pourront s'unir pour ces exercices religieux.
“Si quelque confession n’envoie pas de représentant autorisé, le travail régulier de l’école se poursuivra jusqu'à quatre heures.
‘ Nul élève re sera udmis à des exercices où à un enseignement religieux si les parents s’y opposent; en tel cas, l'élève laissera l’école à trois heures et demie.
‘ Lorsque l’aménagement du local scolaire le permettra, les commissai-es, a lieu d’assigner différents jours de la semaine aux différentes confessions, prescriront que les élèves soient séparés et soient platés dans différentes chambres, aussi commodément que possible, pour les exercices religieux,”
Nous pensons que les propositions ci-dessus feront disparaître les griefs réels,
Si l’objection de la minorité vient de ce qu’elle regarde les écoles comme protestantes, cette objection peut être entièrement et finalement écartée par la sécularisation absolue.
Si l'objection de la minorité vient de ce qu’elle désire aussi en même temps qu’une bonne instruction régulière, un enseignement religieux convenable, dans ce cas, le deuxième plan offre une métho‘le appropriée pour l’objet recherché. De fuit, il est difficile de concevoir qu'un meilleur plan pût être proposé, alors même qu'il s'agirait d’un système d'école entièrement catholique. Il faudiait, en tout cas, déterminer par quelque disposition générale le temps à consacrer aux exercices et à l’enseignement religieux, On ne laisserait point à chaque école en particulier pleine latitude à ce sujet. L'espsre de temps indiqué nous paraît être une fraction ruisonnuble et suffisante des heures d’école, et l’heu"e du jour choisie est certainement celle qui convient le mieux pour les exercices et l'instruction qu’on a en vue,
On ne ferait aucnne distinction entre les confessions, Elles auraient toutes les mêmes droits absolument, Les non-catholiques qui veulent voir donner une instruc- ‘ion religiense plus forte que celle qui se donne actuellement, auraient l’occasion de réaliser leur désir, On accompliruit cet objet souhaitable sans porter en rien atteinte ou préjudice à l’uniformité et à l'efficacité des écolos que fréquenteraient les enfants de toutes confessions,
(Signé) CLIFFORD SIFTON, J. D. CAMERON,.
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