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PROPOSITIONS EXPRIMANT LA CONSÉQUENCE

(Consécutives)

A. Fait réel, certain : On emploie l'indicatif après tellement que, si bien que, si. . que, tant... que, en sorte que, de manière que :

li a couru iei lement \\\e qa'W esi tomhè.

(Il a fait) tant et si bien qu'il a froissé tout le monde. J'agirai de manière qu'il sera content.

Noter ladifférence entre : Faites que je vous entende (intention) et : cela fait que je suis malade (consé(|uence réelle).

B. Fait possible: l^^On emploie à et ï infinitif dans les cas suivants :

a) Après un verbe: travailler <i n'en pouvcir plus ; y ai Boufferi à crier, c'est à frémir, c'est à croire que...

Noter l^expresj^ion : il y a de quoi tuer quelqu'un — et l'archaïsme : dire de quelqu'un pis que pendre {= pis qu' [il ne faut pour le faire] pendre).

b) Après certains adjectifs: laid à faire peur, malheureux à faire pitié, triste à (faire) pleurer, agréable à voir, etc. — prêt à agir — bon à prendre (sens actif ou passif suivant le contexte).

c) Après un snbstaniif : être homme (ou femme) à mentir, — Raconter des histoires à faire frémir — des contes à dormir debout — c'est un t^^avail à n'en pas sitrtir — avoir des ennuis à n'en plus finir, etc.

2" On emploie mériter de avec l'infinitif quand les deux verbes ont le même sujet, sinon on dit mériter que avec le subjonctif ; valoir la peine se construit comme mériter :

Il mérite d'être puni ou quon le punisse.

Gela vaut la ipeme d'être vu ou qu'on le voie. On dit aussi : cela vaut la peine de se déranger (= qu'on se dérange). On dit : être digne (indigne, capable, incapable, en état) de parbar. Mais : il n'est pas dt^ne qu'on lui réponde (sujets différents). On dit encore : être en place (en situation) pour savoir.

Gela n'est pas pour (= n'est pas de nature à) me plaire.

C. Fait réel ou possible : Les expressions suivantes s'emploient aussi bien pour un fait réel que pour un fait possible :

a) assez pour, trop pour (infin.) assez (trop) pour que (subj.) :

Il est trop avisé pour croire, — pour qu'on le trompe.

b) Si... rfe exprime avec plus de vivacité la même idée que assez, . .

pour dans les phrases interrogatlves ou négatives :

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ? (La Fontaine). Remarque. — Dans l'ancienne langue et au xvn« siècle, on employait souvent si... que de (= assez pour) après une négation : Je ne suis pas si chéri du Parnasse que^de savoir orner. (Rabelais).

c) Sans injfînitif (njême sujet) — sans que subjonctif (sujets difrents):

Il est sorti sans mot dire. — Vous n'êtes pas sans savoir. On l'a opéré sans quHl souffrit.

Quand le verbe principal est négatif ou interrogatif, sans que peut être remplacé par que ne :

Je ne le voisjjamais sans qu'il me dise ou quHl ne me dise...

§ 7. — PROPOSITIONS EXPRIMANT LA SUPPOSITION (Suppositives)

\^ Une supposition peut être, dans certains cas, exprimée sans conjonction par l'inversion du sujet :

a) Forme interrogative : V enfant a-t-il bien travaillé, les parents sont contents.

b) Aux troisièmes personnes du verbe être : n'était^ n'étaient, n^eût été^ n'eussent été employées seules; — n'était, n'étaient^ avec le participe d'un verbe neutre ; — n'était que. ...

Il serait heureux, n'était son extrême pauvreté ou n'était qu'il est très pauvre. — La Tête se serait (se fût) bien passée, n'eussent été ou n'étaient survenus ces incidents.

c) A l'impératif : Soyez bon, vous serez aimé.

Remarque. — On peut encore exprimerMa supposition, mais seulement au

conditionnel, par interversion des propositions : Vous le lui diriez gw'il ne vous croirait pas (=si vous le lui disiez, il ne

vous croirait pas).

2o Si suppositif se construit avec] Tindicatif (^) :

A. Au sens de s'il est vrai que^lsHl arrive que :

a) Pour le présent: si on est bon, on est aimé.

b) Pour le falur : si vous cherchez, voi^s, trouverez. Supposition^im probable : si vous allez^faire cela, vous^vous perdrez.

c) Pour le passé : s'il a bien agi, il mérite une récompense.

Remarque i. — Après s'il est vrai que on emploie ordinairement le subjonctif, maïs on rencontre parl"()is l'indicatif:

SHt est vrai que vous ayez dit cela^nuance de doute)..

S'il est vrai que vous avez dit cela (probabilité).

Remarque 2. — Si peut signifier « chaque fois que » : Si je parle, il m'écoute. — Si je parlais, il m'écoutait.

(1) Si suppositif se rencontre exceptionnellement avec le conditionnel et signifie alors « puisqu'il seynble que » : si vous auriez de la répugnance à me voir votre bellemère, je n'en aurais pas moins à vous voir mon beau-fils (Molière).

B. Au sens potentiel (pour le futur) ou irréel (pour le présent et le passé) :

Si vous veniez demain, vous me feriez plaisir (potentiel).

S'il était courageux, il travaillerait mieux (irréel).

S'il avait (ou eût) cherché, il aurait (ou eût) trouvé (irréel).

Remarque 1 . — Si vous vouliez est plus poli que si vous voulez.

Remarque 2. — L'indicatif imparfait dans la proposition principale exprime la certitude absolue :

Pyrrhus vivait heureux, sV/ eût pu m'écouter. (= Racine).

Remakque 3. — Après une proposition négative ou interrogative, si . . . , ne signifie à moins que... ne:

Jamais il n'en finira, 5t je ne l'aide.

Remarque 4. — Au commencement de la phrase que si peut remplacer si au sens de « si d'autre part ».

3® Que signifiant si régit toujours le subjonctif et s'emploie surtout dans une seconde suppositive :

QuHl fasse (= s'il fait) le moindre excès, il est malade. jS'il m'écoutait et qu*i\ voulût travailler, il réussirait. Qu'il veuille OMTïon.

4** Les autres conjonctions suppositives : à supposer que,, pourvu que, — que,., ne, à moins que... ne (quand la principale est négative ou interrogative), — soit que, pour peu que, si peu que, ~ au cas que, en cas que régissent le subjonctif :

Il le ferait, pour peu qu*oh l'eu priât.

Il n'avouera jamais qu'il est médecin, que vous ne le réduisiez à force

de coups à tous confesser la chose (Molière). Au cas que cela soit (la chose est possible). En cas que vous persistiez (la chose est moins probable).

Remarque. — Quand le sujet est le même pour les deux verbes, on peut employer à moins de avec rinfînitif:

Vous ne trouverez pas, à moins de chercher longtemps.

50 A condition que régit le subjonctif,— mais peut se construire avec l'indicatif futur ou, en dépendance d'un passé, avec le conditionnel présent, quand cette expression implique l'idée d'exigence :

Je partirai à condition que tous veniez avec moi.

Je partirai à condition que vous viendrez avec moi (formel).

Remarque. — A condition de avec l'infinitif peut s'employer quand le sujet est le même pour les deux verbes:

Parlez, à condition d'être bref.

6° Au cas où, pour le cas où sont suivis du conditionnel :

Au cas où vous seriez malade, je vous conseille... Il est venu, pour le cas où l'on aurait besoin de lui.

70 II y a encore d'autres manières d'exprimer la supposition :

a) sinon (sans verbe) remplace toute une proposition suppositive: Ecoutez-moi, sinon (= si vous ne m'écoutez pas) je m'en vais, fe) à et l'inûnitif :

à vouloir (=:^ si l'on veut) trop gagner, on risque de tout perdre. Surtout dans les expressions courantes : à en croire ses yeux, à y regarder de prèSj à voir les choses d'un certain côté, à tout prendre, à mettre les choses au pis, etc.

c) en avec le participe présent, l'idée de cause s'ajoutant à l'idée de supposition :

En voulant trop gagner, on risque de tout perdre.

d) sans : Sans moi {= si je n'avais été là), vous tombiez.

sans que (subj.): J'aurai<? compris sans qu'on m'expliquât la chose.

§ 8. -- SUPPOSITIONS EXPRIMANT LA CONCESSION (Concessives)

i^ On emploie le subjonctif après bien queW, quoique, encore que — quoique (= quelle que soit la chose que), qui,., que, quelque... que, quel... que, si... que, pour... que, en admettant que :

Il est venu, bien qu'il soit malade,

Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse (Boileau).

Quelque puissant que vous soyez.

Quelle que soit votre puissance (quel que,, en deux mots, est toujours immédiatement suivi du subjonctif du verbe être). Quelques lauriers ou quelques vains lauriers que promette la guerre. .. Si puissant qu'il soit ou si puissant soit-il. Qui que vous soyez .

Quelque (ou si) savant qu'il soit, il n'pst pas infaillible (=il peut être savant,

mais etc ) Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes (Corneille).

2^ Après tout, . que on emploie aujourd'hui l'indicatif affirmatif : Tout savant qu'il est (2)... (on convient qu'il est très savant).

(1) Bien que, quoique et encore que peuvent être employés sans verbe, ou avec un participe: il est venu bien qu'étant malade, oii: cet homme, bien que malade, est ven 11 .

(2) Voltaire a écrit avec ironie- Tout grand jurisconsulte que je sois, je me trouve bien empêché à y répondre. Voltaire, évidemment, ne se donne pas pour un grand jurisconsulte.

3® Si est également suivi de l'indicatif :

S*il est roi, il n'en est pas moins homme.

40 Malgré que (subj.) n'est usité que dans l'expression malgré qu'il (ou qu'on) en ait (=bien qu'il [ou qu'on] ne le veuille pas). Il y a toutefois une tendance aujourd'hui à construire cette locution avec n'importe quel verbe, au sens de bien que.

Remarque. — Conjonctions rarement employées : combien que, nonobstant que (subj.)

50 Autres manières d'exprimer la concession :

a) Pour (infinitif) : Pour être roi, on n'en est pas moins homme.

b) Tout en (participe présent) : Tout en mangeant bien, il a une faible santé.

6° A l'idée de concession peut s'ajouter l'idée de supposition (concessives suppositives). ,

a) Même si ou si méms se construisent comme si :

Même s'il le voulait, il ne le pourrait pas.

b) Quand^ quand même, quand bien même, alors mêm^ que sont suivis du conditionnel :

Quand il le voudrait, il ne le pourrait pas.

c) On peut employer, avec inversion du sujet, le subjonctif imparfait des verbes awir^ être et devoir à toutes les personnes, le subjonctif imparfait des autres verbes, à la 3® personne seulement.

Fût-il roi..,., dussé'je mourir,.., m'arrivât-il quelque chose...

d) Sans ou sans mém^ (infîn.) ; sans que ou méms sans que (subj.) :

Je viendrais mêm^ sans être averti ou même sans qu'on m'avertit,

§9.- PROPOSITIONS EXPRIMANT LE TEMPS (Temporelles)

' l® Régissent l'indicatif (ou le conditionnel, quand le sens l'exige) les conjonctions qui expriment la simultanéité ou la postériorité : lorsque, dès que, après que, aussitôt que, quand, au moment où, pendant que, aussi longtemps que, tant que, chaque fois que, (au fur et) à mesure que, depuis que, il y a longtemps que.

Je viendrai dès que je serai prêt,-^ Il devait venir dès quHl serait prêt.

Remarque. — a) Après s'emploie aussi avec Tinflnitif de l'auxiliaire avoir : après avoir travaillé, il se reposa (se reposera, se reposerait, etc.).

nBM.\RQUE. — b)Gomine, qui régissait autrefois le subjonctif, doit être suivi aujoiird'hui.de l'indicatif:

Comme le soir tombait, Compostelle apparut (V. Hugo).

2« Avant que (autrefois devant que) régit le subjonctif ; — avant de et avant que de (rare aujourd'hui) veulent l'infinitif :

Je sortirai' avant qu'il vienne, avant de lire.

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser (Boileau).

3<> Attendre que, en attendant que sont suivis du subjonctif: Travaillez, en attendant que je revienne,

40 Jusqu'à ce que régit en général le subjonctif. L'indicatif, plutôt rare, ne peut s'employer que pour un fait passé, affirmé; encore faut-il que jusqu'à ce que soit séparé du verbe par quelques mots, le rapport de dépendance devenant ainsi plus lâche.

Travaillez jusqu'à ce que je revienne.

Il travailla jusqu'à ce que je lui disse de se reposer. Il travailla jusqu'à ce que, prenant pitié de sa peine, je lui disse (ou dis) de se reposer. Remarque. — a) Jusqu'au moment où prend l'indicatif (ou le conditionnel). Remarque. — b) Les propositions de temps admettent l'inversion du sujet, sauf après comme.

Dès que le jour parut ou : dès que parut le jour. Remarque. — c) En avec le participe présent exprime la simultanéité et la manière ou le moyen ; Il se promène en lisant. L'appétit vient en mangeant. C'est en forgeant

qu'on devient forgeron.

Remarquer l'archaïsme encore très usité : Chemin faisant (= en route).

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