I. PROPOSITIONS INDÉPENDANTES
§L— PROPOSITIONS EXPRIMANT LE SIMPLE FAIT (Enonciatives)
Ces Propositions peuvent être : a) affirmatives, b) négatives, c) interrogatives, d) exclamativeSy e) infinitives,
A. Affirmatives : Il vient. — Nous vous écoutons.
Remarque. — Noter les expressions impersonnelles : il est ou il y a des gens qui..., Use trouve, il se rencontre des personnes qui... ; il se dit, il se fait d'étranges choses, etc.
B. Négatives. — Il y a trois négalîons : ne, ne.., pas, ne... point. Ne... point nie plus absolument que ne... pas (un point étant plus
petit qu'un pas) :
Il netit pas est Isi forme ordinaire; il ne lit point dit la môme chose avec plus de force.
Remarquer l'expression pomf n'est besoin de... = il n'est pas besoin de...
Ne s'emploie seul :
1« Avec cesser, oser, pouvoir — de même avec savoir {^^^mnxi^iire} employé seul ou suivi d'une proposition complétive :
Il ne cesse de nous épier. — Je n'ose, je ne puis le dire. .
Je ne sais, — Il ne sait que dire, il ne sait ce qu'il veut, ]e ne sùurnis me
taire.
Je ne sais si, etc. .
Mais on dit :
Je ne sais pas le russe. — Je ne sais pas (= je ne suis pas capable, de) lire,
2o Quand le verbe est accompagné d'un mot négatif ou restrictif :
.Il ne mange guère. — Je n'ai rien, — Je ne vois personne, — Personne ne m'a vu. — Je n'ai aucun (ou nul) souci. — Je ne sors jamais, — Je ne sortirai de trois jours , etc.
3® Quand deux propositions sont jointes par ni:
Je ne Taime ni ne l'estime.
Ni l'ôr ni la grandeur ne nous rendent heureux. (La F.)
Remarque sur l'inversion de l'attribut ou du sujet dans les propositions affirmatives et dans les propositions négatives.
1® L'inversion de l'attribut : a) a lieu presque toujours avec tel :
Tel est mon avis. . ■■
b) Peut toujours se faire pour mettre l'adjectif en relief : Grande est votre erreur.
2« Uinversion du sujet a lieu d'ordinaire :
a] Quand la proposition commence par un des adverbes aussi (= c'est pourquoi), ainsi^ du moins, peut-être, à peine, ici, là, et en général par un complément circonstanciel de temps ou de lieu; de même dans l'expression peu importe. Cette inversion est d'ailleurs facultative et son emploi va se restreignant de jour en jour.
Il a menti une fois, aussi n*est-il plus cru.
Peut-être savez-voiis que, etc. - Ainsi parla Thomme.
Quelques instants après, parut le roi. — Près de là se tenait rassemblée.
Peu importent les autres — ou : le reste importe peu.
L'inversion du sujet, possible après bientôt quand le sujet est un nom de choses, est obligatoire après eitcore (= cependant) et dans les eni^vQ^^ions mieux vaut, autant vaut. '' • •
Bientôt viendra Vhiver {on Vhiwer wxendrsi).
Je n'en ai vu qu'un, encore ne Vai-je pas reconnu.
Mieux vaut ne rien dire.
b) Avec le verbe rester :
Restait cette redoutable infanterie,.. (Bossuet).
c) Dans une incise (inversion obligatoire) :
Tout ce que je sais, disait Socrate, c'est que je ne sais rien .
C. Interrogatives, — Une interrogative peut être a) simple ou b) double :
a) Venez-vous % ou plus vivement : vous venez ? ou : est-ce que vous venez ? Ton de regret : Pourquoi partir "1 — Pourquoi avoir fait cela? (= Pourquoi a-t-on, avez-vous fait cela ?)
Votre père est-il malade ? ou : Est-ce que votre père est malade ?
Ton de reproche : Que ne venez- vous? — Que ne me l'avez- vous dit ?
Pour provoquer la féponse non : Est-ce que par hasard vous dormez ?
Pour provoquer la réponse oui :
Ne venez-vous pas ? ou plus vivement : Vous ne venez pas ?
N'est-ce pas que ou n'est-il pas vrai que vous viendrez ?
b) Venez-vous ou restez-vous ?
Venez-vous ou si vous restez ?
Venez-vous, oui ou non ?
Lequel viendra, vous ou votre frère ?
Lequel est le plus grand, Pierre ou Paul ? ou bien : de Pierre ou de Paul ?
D. Exclamatives :
Il est mort ! (étonnement ou douleur).
Heureux Thomme des champs ! (sans verbe).
Malheur à moi ! Que je suis malheureux ou : malheureux que je suis !
Suis-je assez malheureux !
Protestation : Mai, me taire ! ou que je me taise ? ou Je me tairais !
Admiration ou regret: Etre si jeune et si instruit ! — Mourir si jeune !
E. Infinitives. — L'Infinitif historique, toujours précédé de la préposition de, exprime que Faction se fait avec empressement :
Ainsi dit le renard ; et flatteurs d'applaudir (La Fontaine).
Grenouilles aussitôt de sauter àains les ondes,
Grenouilles de rentrer dans leurs grottes profondes. (La Fontaine.)
§ 2. — PROPOSITIONS EXPRIMANT L'ORDRE OU LA DÉFENSE (Volitives)
A. ()rdre : Veîuzi — Qu'il vienne. — Partons, Ton poli : Veuillez dire.
Ton d'autorité : Tu feras cela. —Tes père et mère honoreras. Infinitif : Agiter avant de s'en servir (ordonnances, recettes, maximes, etc.).
B. Défense : Ne venez pas, — Que personne ne vienne, — Archaïsme.: n'ayez crainte.
N'allez pas croire (= gardez- vous bien de croire). Toij poli : Veuillez ne pas oublier. • .
Ton d'autorité : Vous ne viendrez pas. — Tu ne tueras point. Inûnitif : Ne pas oublier, — Ne rien faire au hasard, etc.