‹ Syntaxe du verbe dans la Chronique normandeChapitre 25 sur 37 · V.-K.: pp. 2, 1 1 etc · texte numérisé non relu

V.-K.: pp. 2, 1 1 etc

Remarque. Venir prend souvent la préposition it. quand on veut marquer le dessein dune action, voir M. Haase, Synt. Unt. 106, 107; M. Soltmann i^r. «S/. 1,367. Par exemple p. 198 Après cette liataille vint Bertran du Ouesclin h gésir au Mans. Dans l'exemple suivant: vint à Arrus attendre, la préposition 'n appartient peut-être et il Arras et à attendre. Voir plus loin p.

Nous trouvons vniir avec la proposition </<■ et l'infinitif dans deux exemples, p. 7'J: Si aricnt un jniir ifue le vonncstahle de France et plusenrs antres seigneurs venaient de chevaucher de l'autre part de la rivière île Lut — — — . — — pour escarmoucher aux François qui de chevaucher venaient.

Accusatif avec infinitif. J'rojiositiun infinitive.

M. Diez, Gr. TTI, p. 942, dit que c'est prcsi[ue seulement dans les traductions du latin ([Ue l'on trouve l'aceui^atif avec l'infinitif dans l'ancien franc-ais. Cependant M. Tobler, Vcrm. Beitr. 1; p. 73 a démontré avec beaucoup d'exemples que cette construction était connue de tous les anciens auteurs. Dans le X'VIre siècle, l'accusatif avec l'infinitif commençait à gagner du terrain dans la langue et s'employait t.'ès freiiuemment pendant les siècles suivants.

Dans notre texte on trouve cette construction queliiue fois après:

Voir.

Ex.: pp. 64, ()7, 6!), 139, 14U, 171.

Faire.

Ex.: p. 173 qui les fist jiasscr Saisie.

Savoir.

Ex.: p. 110 Le roi/ Jehan ala contre cul: et quant le duc de Lenclastre et Phelippe de Navarre le seurcnt venir. — .

11. Infinitif avec la préposition de. A. Comme sujet après le verbe estre.

Ex : p. 2 il estait au vouloir du r o y de le déshériter ; p. Qi mesehief serait de

renvoyer.

Pour le second exemple voir ^1. Tobler, Venu. Beitr. l, p. 5.

B. Comme complément.

Après s'accorder.

Ex : p. 168 les gens du nui de Navarre s'accordèrent de venir mettre le siège devant la dite /ilace.

Remarque. Dans le français moderne on dit s'accorder à, i-arement de, voir M. Littré, JJict.

S'avancer.

Ex.: p. 81 nioidt s'avança d'assembler.

Cesser.

Ex.: p. 35 cessèrent de chanter.

Remarque. Dans les traductions du latin on peut trouver cesser avec à et avec l'infinitif sans préposition. Ainsi dans quatre Livres des Rois.

(se) conseiller.

Ex.: p. 27 leur conseilla de faire: p. 123 conseillèrent d'occire: p. 163 ne fut pas conseilli' de Icè aler comhatre: p. 171 ne fui pas conseilli' de les aler combatre;

p. 13 se conseillèrent de raber.

Remarque. ^I. Soltmann cite conseiller avec à de "Wace, Roman de Brut 8211 et M. liarguy, Gr. I p. 1G3, de Marie de France, tome II, 273. Au XVI'e siècle on mettait parfois conseiller avec l'infinitif sans préposition. Ainsi Larivey, voir M. Togels, R. St. y, p. 514.

Co7itraindie.

Ex.: p. 124 fut requis ei contrains de rendre et de livrer.

Remarque. Dans le français moderne, contraindre prend pour régime indirect à 011 de. suivant qu'il y a tendance vers un but ou non. Cependant Boileau a employé ces deux prépositions dans la même phrase: Elle ti pour premier point Ejigr qu'un époux ne la contraitidrait point A traîner après elle un pompeux équipage, Et surtout de souffrir par un profane usage ...

Au Xyi:e siècle (Calvin) on rencontre contraindre avec l'infinitif sans préposition, voir M. Haase, Z. fur neufr. Spr. XI, 213.

Deloyer.

Ex.: p. 171 qui s'avancierent pour deloier de passer le pas à Bertran du Guesclin et à ses gens.

Remarque. Deloyer prend parfois la préposition à dans l'ancien français: 12 fehr. 1338 Cort de Elincs: sur ce et depuis le trespas de men chier signeur et oncle ces eoses euisscnt esté deloijes à mettre affin (Godefroi, Dict.).

Désirer.

Ex.: p. 21 elle fut moult désirante de scavoir; p. 80 il dcsiroit tant d'assembler.

Remarque. Désirer avec de semble avoir été très rare dans l'ancien français; Chrestien de Troyes employait désirer avec l'infinitif sans préposition: ^joî- ce qu'avoir la desiroie, Erec 3(329, 4401 ou avec h, Yvain 3841, 7310, Perc. 58G9, 5840. M. Soltmann cite un seul exemple de désirer avec de (chez Benoit, Chronique des ducs de Kormayidie, 11, 9791.)

Detrier.

Ex.: p. 31 et pourtan Loi/s — detria d'aler à son sacre.

S'efforcier.

Ex.: p. 53 Quant Charles de Biais sceul que la comtesse s' efforçait de guerrier; p. 54 (fuant la comtesse sceut que Charles s'efforcoit de venir contre ses gens.

Remarque. M. Soltmann cite un exemple de s'efforcer à (de Benoit): Tos jorz s'efforce — — — As discijdines endurer et à tenir religion. Chez les auteurs du X'\T:e siècle on rencontre parfois s'efforcer avec l'infinitif sans prépoBition, voir M. Haase, Z XIl, p. 213.

Enhardier.

Ex.: p. 16 les enhardi de euh défendre et de coutir.

Remarque. Dans le français moderne enhardir se construit avec la préposition h-

Se haster.

Ex.: p. 22 qu'il se hastast d'aler; p. 66 se hasta tant de venir; p. l]4 sehasterent d'aler assettdAer.

Se mesler.

Ex.: p. 95 se melloit du traitté faire.

Mettre h chemin.

Ex.: p. 172 mistrent a chemin d'aler courre — — — .• p. 202 mist à chemin de venir lever .

Se pourveoir.

Ex.: p. 37 se jtourveoit il de faire guerre.

Heculer.

Ex.: p. 20 et tnoult reculèrent grant p)artie de ses gens de descendre.

Remarque. Dans le français moderne reculer prend à. Cependant La Fontaine emploie toujours reculer de: Avant le couji demande: la cedule: De la donner je ne crois qu'il recule, voir les Dict., Sachs-Vilatte et Littré.

Requerre.

Ex.: p. 124 fut requis et contrains de rendre et de lirnr.

Dans l'ancien français requerre pouvait aussi prendre /( et l'infinitif. M. Schiller en cite un exemple de ' 'hrcstien de Troyes, Perc. 78.

Traitier.

Ex.: p. 6!) avaient traité à lai ou à se.'i gens de lui rendre: \>. 174 traiticrent de lui rendre.

Venir.

Ex. ]). 72, voir plus liant p. 33.

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