In/initif san.i prrpositiun
Daus l'ancion français on navait pas en<orp de règlos pour l'usage de l'infinitif si pircisés coiiime dans le français laodcrno. Ainsi on peut souvent trouver l'infinitif sans proposition alternant avec l'infinitif avec à (ou ^/^^ sans qu'on puisse y trouver aucun changement du sens. M. Soltinann, Fr. St. I, cite ijô exemples où l'infinitif sans préposition et l'infinitif avec îi ont le même sens. »
A. Infinitif comme sujet.
a). Infinitif sans préposition.
L'infinitif s'emploie comme sujet dans le latin:
1. S'il dépend de est accompagné d'un adjectif neutre ou d'un substantif: Dulcc et décorum est pro patria mari. Turpe est mentiri.
2. Avec des verbes impersonnels: opiis est, nccesse est, oportet, jiiget, pudet, etc. . .: Necesse est mori.
3. Rarement avec d'autres verbes; eadit in: Invidere non cadit in sapientem.
L'infinitif sans préposition comme sujet précédé par la verbe estrc était très rare dans l'ancien français. Après une recherche, faite chez plusieurs anciens auteurs M. Soltinann n'a pu citer ipie deux exemples, Fr. St. I p. 405.
Remarque. Dans les traduction du latin, on peut le rencontrer un peu plus souvent. Mx : Quatre Livres des Rois, 72. N'est mie jietifc chose estre gendre le rei.
Dans notre texte il n'y en a pas un seul exemple.
L^n peu plus tard cette construction est devenue plus fréquente et s'est maintenue jusque dans le XVIT:e siècle, voir M. Vogels l\. St. V, p. ïA2.
Dans le français moderne, on emploie dans ce cas-là l'infinitif avec la préposition de: sur l'origine de cette construction voir ^1. Tobler, Venu. Beitr. I p. 5.
L'infinitif s'euiployait assez souvent dans l'ancien français connue sujet avec des verbes impersonnels. Dans le français moderne on ne le trouve r|u'avec il faut, il me semble, il raid mieu.r (dans la première proposition) ot dans quelques locutions avec il fait.
Dans notre texte nous le trouvons avec convenir:
p. 52 lui convint par force rentrer; p. 55 convint au.e Anglais retraire; p. 201 que il leur ronriid hasiirrment drsloi/ier.
Remarque. Dans l'ancien français convenir s'emploie souvent avec la préposition a et l'infnaitif: le plus souvent cependant avec l'infinitif sans préposition, voir M. Soltmann, Fr. St., p. 379.
Plaire:
p. ()2 manda — que il lui plcust mander.
Remarque. Plaire dans l'ancien français prend plus souvent la préposition à et l'infinitif.
Valoir mieu.i: (dans la première proposition.)
p. 147 valoit mieux mourir — — — que d'cstre ars — .
Remarque. Valoir mieu.v s'employait parfois avec l'infinitif sans pri''position dans les deux propositions. Ex.: Roman de Tnàe 3787 miel: valt lessicr que malueisment comemier. On peut aussi trouver valoir mieu.i: avec la préposition h dans les deux propositions.
]î. ■ Infinitif comme complément direct.
Dans notre texte nous trouvons 1 infinitif sans prépositions comme complément direct après:
Cuidier:
Ex.: p. 9 et hien cnhlti entrer eus — — — . pp. 11, 20, 30, 50, 52, 54, 5G, 57, 68, 82. etc. . . .
Deroir:
Ex. p. 2 de ^eignettne terrienne ne se devait le pappe se mesler; p. 3 que il devait tenir du roij de France; pp. 9. 15, 15 etc. .
Faire:
Beaucoup d'exemples. Faire s'emploie aussi avec la préposition h et linfinitif dans un sens différent, voir plus loin.
Oir:
Ex.: p. 4 Le conte Eohert d'Artois oyt dire au siège de Lille que .
Oser:
Ex.: p. 10 et pour ce n osaient yssir; p. 22 et que Hz n' osassent assemiler à bataille: p. 78 par quoi/ assaillir ne Voseretit: p. 85 et Flamens qui le suivaient n'osèrent passer ne entrer en Veaue.
Povair:
Ex.: p. 2 ne povoit ses enfans marier: Le conte ne peult trouver mercy; pp. 6, 8, 8, 9, 10, 10, 12 etc. . . .
Vouloir:
Ex.: p. 2 et si ce ne voulait faire; pp. 6, 8, 9, 10, 12, etc. ...
Remarque. Chez Benoît, Chronique des ducs de Normandie, tome II, volair se construit deux fois avec la préposition rt et l'infinitif, ce qui est très rare dans l'ancien français: 16705 Ne rien ne puis je tant valeir Cum a eissir del cuvertage: 33056 riens plus ne voit qu'a ahatre son grunt arguil.
(\ Infinitif sans préposition indiquant Fintention d'une action.
Après aler et s'en (der.
Ex.: pp. 6, 10, 13, 14, 15, etc. . . .
Courir.
Ex.: p. 138 et les gens se coururent armer par toute la ville d'Amiens.
Envoyer.
Ex.: p. 9 et fist en enrayer chacier — une jioirhcrie — — — ; pp. 17,
45, etc. . . .
Remarque. Envoqer prend parfois la préposition pour et l'infinitif. Ex.: pp.
Mener.
Ex.: p. 82 que Hz le menassent vauler.
Revenir.
Ex.: p. 22 et revint Loys compta-.
Venir.