‹ Syntaxe du verbe dans la Chronique normandeChapitre 3 sur 37 · I. Le nom collectif est détermine par un gnh'tif ou par en · texte numérisé non relu

I. Le nom collectif est détermine par un gnh'tif ou par en

a. Le sujet avec son mot détcrminatif précî-de le prédirai.

Si le nom collectif avec son mot di'terminatif pr(''cèdc, le verbe se met au pluriel, f'e fait, qui revient régulièrement dans notre chronique, doit avoir été règle générale pour les anciens auteurs. C'est ainsi dans tous les exemples i|ue nous avons pu trouver clicz Yillehardouin et chez .Join ville et dans tous les exemples que M. lîiose cite de Froissart, voir Synt. Froiss. p. 17, 18. Vangelas dit que «une infinité de personnes» veut le pluriel mais «une infinité de monde» le singulier. D'après lui, c'est donc du nombre du gi'nétif, que dépend le nombre du verbe (cfr. le franc, mod.). — 1/Académie Française (1704) dit qu'on peut aussi bien dire: un grand nomhre d'ennemis jiarui <|ue: un grand nomhre d'ennemis parurent, voir ^ angelas, Rem. 108, 109.

Dans le fram.ais moderne on est parvenu ii une modification du sens: quand on met le verte au singulier, c'est le mot collectif <iui est plus important et quand on met le verbe au pluriel, c'est le génétif. Cfr. Darm. Gr. 177. Ex. (de notre texte): p. (!9 la plus grant partie^) en furent mors et prins.: p. 10(5, «ia/v une grant route de Franrois — — — partirent et s'en alerent. : p. 106, une route d'Englois aroient enforeié . .: p. 1.S2, grant foison de nobles venoient — — ; p. 80, et adont tout l'ost des Englois jiasserent la rivière: et d'autres pp. 99, 103, 11."), 141, 152, 100, 100, 172, 192, 199.

b. Le sujet avec son mot détcrminatif est précède du verhe.

Si le verbe précède le sujet, il peut se mettre an singulier on au pluriel. De 19 exemples, i|ue nous en donne notre texte, nous avons 13 avec le verbe au pluriel et G avec le verbe au singulier. Ex.: le verbe au pluriel: p. 64 Par crllui conseil

s'accordèrent la plus grant partie du commun — ; p. 94 et lors roururent seure

auj- Anglois une partie les Franrois: et d'autres pp. ll'>, 120, 140, l.')2, 163, 183, 197, 200, 201, 202.

Le verbe au singulier: p. 54 Dont monta une partie de leurs gens en galies en mer — — ; p. 197 Et lors deseendi à pié grant foison des gens du dit Bertran: p. 201 et avec ce avoit la plus grant partie de l'o.st grant deffaut de vivres: et d'autres pp. r».'., 78, 171.

' .\u X^^[I:e siècle on semble avoir oonstniit la phi.< grande prirlie avec le verbe au singulier. Qnand Vangelas, Betii. 110 dit que la 2^li<'^P<irt tle.i hommes veut le pluriel et pas le singulier. Olivier Patru (1604—1681) y fait cette remarque: Autre chose e.^t de la plus grande partie et il cite deux exemples avec le verbe au singulier.

Remarque. Les anciens auteurs mettaient assez souvent le verbe an singulier, s il prit .(.lait lo mot collectif, ('"est «[ue l'idée tVune multitude ne sctait pas présentée assez elairenient à leur esprit au moment où ils formaient le pré^dicat, pour iju'ils douassent au verbe la forme plurielle.

II. Le SKJef rst un nom collectif srtn*! aucun mot detcrminafif.

A en jnii'er par les exemples (jue nous avons trouvés, la place du sujet n'a ancune influence sur la forme du prédicat. Le verbe peut se mettre au singulier ou au pluriel. En général, l'auteur semble avoir voulu faire accorder le verbe au nom collectif: parfois l'idée d'une multitude s'est pré'senlée et il a fait des constructions comme par exemple:

p. ;^4 Le commun se aftsemhla et se comhatirent contre le conte et ses yens et le tieseon/irent: p. 8.") Ainsi se coniliuti tout le pays, et tenaient leur seiyneur en prison. Mais m cel an mcsmes se rebella le commun et chacierent leur seiyneur. Voir aussi les exemples pp. 90, 78, l.")."», 183.

Pendant toute la période de l'ancien frarçais on pouvait mettre le verbe au singulier ou au pluriel, si le sujet était un nom col'ectif sans mot di'terminatif. Dans notre chronirpie nous trouvons le verbe au pluriel 13 fois et au singulier l.'j fois. Ex.:

Le verbe au pluriel: p. 34 Apres ce fait le commun se commencèrent à rebeller :

pp. 36, .jO, »i3, 73, 103, 115, 118, 136, 151, 152, 166, 183.

Le verbe au pluriel: p. 26 r/ue sa yent s'enfnioit en pluseiirs parties.: pp. 34, 35, 56, 57, 81, 90, l:{8, 145, 146, 155, 183, 194, 195, 197.

Dès le XVI:e siècle le singulier est la règle, voir M. Darm. Or. 177.

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