‹ Synthèses de pharmacie et de chimieChapitre 3 sur 3 · FER · texte numérisé non relu

FER

Corps simple métallique, dont la découverte remonte aux temps les plus reculés. L’histoire rapporte que Tubalcaïn, fils deLameck, forgeron, et qui pourrait bien être le Vulcain de la Mythologie , travaillait habilement le fer et l’airain. Les alchimistes le nommaient Mars, à cause du rapport mystérieux qu’ils supposaient entre ce métal et la planète de ce dieu. L’introduction du fer dans la Thérapeutique est très-ancienne. Il y a environ 3200 ans, te berger Melampus traita Yphiclès, fils de Philacus, par de la rouille de fer, qu’il lui lit prendre dans du vin, et le guérit de son impotence.

C’est un des métaux les plus importants, il est très-abondamment répandu dans la nature, où il se trouve quelquefois à l’étal natif,

mais le plus souvent à l’état d’oxyde, de sulfure et de carbonate. Pour obtenir du fer pur, on peut réduire un de ses oxydes par l’hydrogène sec, sous l’influence de la chaleur. Le fer, ainsi obtenu, se présente sous la forme d’une poudre noire, et possède la propriété de s’enflammer à l’air, propriété qui se trouve encore augmentée, lorsqu’on interpose entre ses molécules, un corps poreux qui les divise. Ainsi le fer obtenu en réduisant par l’hydrogène, un mélange d’oxyde de fer et d’alumine, s’enflamme à l’air, et peut supporter une température élevée sans cesser d’être pyrophorique.

Chauffé au rouge, le fer décompose la vapeur, et donne des cristaux noirs et brillants d’oxycle de fer magnétique.

3Fe -f- 4HO = Fe' s O‘ + 4H

Si on fait agir sur le fer de l’acide azotique étendu et froid, il arrive souvent que le métal se dissout, sans dégager d’hydrogène, ce gaz se combine à l’azote de l’acide azotique, et forme de l’azotate d’ammoniaque, tandis que le bioxyde d’azote, produit par la désoxydation partielle de l’acide azotique, se combine avec le sel de protoxyde de fer, et colore la liqueur en brun.

Si l’acide est concentré, il y a oxydation énergique du fer, dégagement abondant de vapeurs rntilanles, et il se produit de l’azotale de sesquioxyde de fer.

Mis en contact avec l’acide azotique fumant et contenant de l’acide azoteux en dissolution, le fer n’est plus attaqué, même quand on enlève cet acide fumant, et qu’on le remplace par l’acide ordinaire, on dit alors qu’il est devenu passif, mais ce fer passif se dissout quand on élève la température ou qu’on touche le métal avec une lige de cuivre qu’on retire immédiatement. On admet alors deux états particuliers dans le fer : l’un actif, dans lequel le métal est attaquable par les acides ; l’autre passif, dans lequel il est devenu inattaquable par ces mêmes corps (Schoenbein).

L’acide sulfurique agit de deux manières différentes sur le fer : concentré et à une température élevée il produit du sulfate de fer et de l’acide sulfureux :

2(S0 3 ,H0) -j- Fe = 2110 -f FeO,S0 3 + SO*

étendu d’eau, il détermine la décomposition de l’eau et produit un dégagement d’hydrogène :

SO’,HO + Fc = FeO,SO s + H

L’acide chlorhydrique à l’état gazeux ou à l’état de dissolution donne toujours du protochlorure de fer,

Fe 4- HCl = FeCl 4- H

Si on fait arriver de l’acide carbonique dans un flacon renfermant dans de l’eau privée d’air de la tournure de fer, l’eau est décomposée, il se dégage de l’hydrogène, et il se forme du carbonate de protoxyde de fer, qui reste en dissolution, mais qui se précipite quand on chasse l’excès d’acide carbonique par l’action de la chaleur (Golfier-Besseyre).

Le fer se combine avec l’oxygène dans les proportions suivantes :

Protoxyde de fer. FeO

Oxyde magnétique. ...... Fe 8 0 4 = Fe0,Fe ! 0 }

Sesquioxyde ou peroxyde.. . . Fo'O 3 Acide ferrique.FeO 8

On a signalé l’existence d’un sous-oxyde représenté par la formule Fe 4 O (Marchand).

Caractères distinctifs des sels de protoxyde de fer.

Les sels de protoxyde de fer ont une saveur astringente et métal lique. A l’état d’hydrates, ils sont, eu général, verdâtres, mais ils deviennent presque blancs lorsqu’on les déshydrate par l’action de la chaleur. Ils sont très-altérables à l’air, ont une grande tendance à s’oxyder, et leurs dissolutions laissent déposer un précipité ocreux qui consiste en sels basiques de peroxyde de fer. Ils donnent les réactions suivantes :

Potasse et soude. — Précipité blanc verdâtre, insoluble dans un excès de réactif, se transformant à l’air d’abord en hydrate vert

d’oxyde magnétique et ensuite en hydrate jaune de sesquioxyde de fer.

Ammoniaque. — Précipité verdâtre soluble dans un excès [de réactif. Exposée à l’air, la liqueur se trouble et laisse déposer un précipité jaune de peroxyde de fer. La présence du chlorhydrate d’ammoniaque empêche la réaction.

Carbonates alcalins. — Précipité blanc verdissant à l’air.

Cyanoferrure de potassium. — Précipité blanc bleuissant à l’air au bout de quelque temps et immédiatement sous l’influence du chlore.

Cyanoferride de potassium. — Précipité bleu.

Tannin. — Pas de précipité; la liqueur exposée à l’air devient d’un bleu noirâtre.

Chlorure d’or. — Précipité d’or métallique.

Acide azotique. — Coloration brune, surtout à l’aide de la chaleur ; le sel passe au maximum.

Acide sulfhydrique. — Pas de précipité si l’acide est énergique ; en présence des acétates alcalins, il se forme un précipité noir de sulfure de fer.

Permanganate de potasse. — La dissolution de ce sel se décolore instantanément et le sel de protoxyde se transforme en sel de fer au maximum.

Sulfhydrate d’ammoniaque. — Précipité noir de sulfure de fer, insoluble dans un excès de réactif.

Acide oxalique. —Précipité jaune ne se formant qu’à la longue et soluble dans l’acide chlorhydrique.

Caractères distinctifs (les sels de sesquioxyde de fer.

Ces sels sont d’une couleur jaune, qui devient plus foncée quand la proportion de base augmente ; leur dissolution rougit toujours la leinturo de Tournesol. Ils donnent les réactions suivantes :

Potasse, soude et ammoniaque. — Précipité brun d’hydrate de sesquioxyde de fer, insoluble dans un excès de réactif.

Carbonates et bi-carbonates alcalins. — Précipité d’hydrate de sesquioxyde do fer, accompagné d’un dégagement d’acide carbonique.

Cyanoferrure de potassium. — Précipité de bleu de Prusse.

Cyanoferride de potassium. — Pas de précipité, légère coloration en brun verdâtre.

Sulfocyanure de potassium. — Coloration d’un rouge intense.

Tannin. — Précipité bleu noir.

Sulfhydrate d’ammoniaque. — Précipité noir. Si la quantité de sel de fer est très-faible et si le sulfhydrate est employé en excès, la liqueur se colore d’abord en vert et laisse déposer du sulfure de fer au bout de quelque temps.

Acide sulfhydrique. — Précipité blanc laiteux de soufre ; le sel est ramené au minimum et la liqueur devient acide.

Acide oxalique. — Pas de précipité ; la liqueur se colore en rouge.

La présence des matières organiques empêche souvent la précipitation des. sels de fer par ces réactifs. Dans ce cas, on détruit les matières organiques par une calcination au contact de l’air et l’on redissout dans l’acide chlorhydrique le résidu qui consiste en oxyde de fer.

Vu :

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