‹ SyphilisChapitre 22 sur 23 · MÛTES DU QUATRIEME CHANT · texte numérisé non relu

MÛTES DU QUATRIEME CHANT

ia prévention; le condamne à raison des premier el troisième chefs à nnc année d'emprisonnement, à une amende de deux cents francs et aux frais du procès, taxés à 902 francs 85 centimes.

H Ouï le rapport fait à l'audience du six février dernier par M. le conseiller Van Mons ;

11 Entendu M'^' Orts fils et Sanckes pour le prévenu , et M** Mascart et Vleminckx pour les parties civiles, dans leurs moyens respectifs.

» Ouï M. Keymolen , substitut du procureur général, en ses moyens et conclusions ;

>) Attendu qu'il résulte de l'instruction, que ce n'est pas un Rob Boyveau- Laffecteur quelconque , mais celui préparé et mis dans le commerce par le docteur Giraudeau que les plaignants ont entendu acheter ;

1) Que cela est d'autant moins douteux que le prévenu s'était annoncé comme unique dépositaire du remède, le seul véritable, disait-il, et avait mis en œuvre les moyens les moins délicats pour donner le change à cet égard aux acheteurs, et les induire en erreur;

1) Attendu qu'il est constant qu'il a vendu aux parties civiles et autres du Rob autre que celui prémentionné , et qu'entre ces deux Robs il a été signalé des différences notables par les experts nommés par justice; . » Attendu que ces faits tombent sous l'application de l'article 423 du Code pénal, qui punit le fait de tromper l'acheteur sur la nature de toutes marchandises; que c'est en vain que l'on prétend que cet article ne peut être invoqué dans l'espèce ;

!) Qu'en effet l'article 423 est général et n'admet, ni dans son texte, ni dans son esprit, la restriction qu'on veut y apporter;

1) Attendu que les lois de police qui, comme dans l'espèce, réglementent l'exercice de certaines professions qui réclament une surveillance plus étroite, ne dérogent pas aux lois générales, alors surtout que celles-ci n'ont rien d'inconciliable avec les premières;

» Par ces motifs et ceux du premier juge sur les points non réformés, la Cour, statuant, le condamne à trois mois de prison et à cinquante francs d'amende ;

I) Condamne Brunin-Labinieau aux dépens.

j> Et faisant droit sur les conclusions des parties civiles :

10i> \OTKS m QIATRIKMK CHANT.

•! Attendu que d'après les circonstances de la cause , il y a lieu de réparations allouées par le premier juge, et qu'elles peuvent t^tre équitableineut évaluées pour le sieur H. Kreins à trois cent vingt -cinq francs, pour le sieur M. Duray à cent vingt-cinq francs , et ptuir le sieur S. Culot à cent soixante-quinze francs, y condamne le prévenu. »

(7) « De Tocéan Arctique aux crêtes du Caucase, w Va, circule. '^ Tel est l'impérial ukase.

COUVEHXEMKXT HISSU.

Traduction d'une lettre officielle, adressée par le ministère impérial des affaires étranqtres à l'ambassade de Russie, à Paris, en date du 11 janvier 1851 :

u M. le docteur Giraudeau de Saint-Gervais, à Paris, en transmettant, en juillet 1850, à M. le Alinistre de l'intérieur différents documents qui constatent son privilège pour la préparation du Rob de Laffecteur, a sollicité l'autorisation de publier dans les journaux une annonce que le Rob de Laffecteur se vend à Saint-Pétersbourg , et à Odessa chez le pharmacien Kochler.

» Le conseil de médecine, appelé à porter son jugement sur cette affaire, n'a trouvé aucun empêchement à autoriser M. le docteur Giraudeau de Saint-Gervais de publier dans les journaux russes , dans des formes et des expressions convenables, les deux annonces précitées. Toutefois, le susdit conseil a cru devoir faire observer que les pharmaciens russes qui acquièrent à l'étranger le Rob de Laffecteur, soit du propriétaire lui-même, soit de ses mandataires , ne sauraient être privés de vendre ce remède conformément aux règlements établis.

!) L'ambassade impériale est invitée à faire connaître cette décision à

M. le docteur Giraudeau de Saint-Gervais.

» Pour traduction conforme ,

î) Le secrétaire d ambassade,

)) DE RaL.IBIVK. !!

NOTES Dl Qi ATRIKME CHAXT. 10^

(8) Là, dans un réservoir tombe la Seine entière; Ici, par un long filtre, épurante gouttière.

Détails sur le Laboratoire de la nie des Petits-Augustiiis , n° 9.

Le Rob est fabriqué depuis 1793 rue des Petits-Augustins , n" 9, Petit- Hôtel Persan.

Jusqu'en 1851, le laboratoire contenait quatre chaudières.

Le débit du Rob allant toujours en augmentant , il a fallu multiplier les appareils du laboratoire et recourir à l'emploi de dispositions ingénieuses, qui ont encore améliore une fabrication déjà si remarquable et qui , eh 1838, 39, 40, 4l et années suivantes, avait été l'objet du sérieux examen de professeurs de l'Ecole de Pharmacie, de l'École de Médecine, et de membres de l'Académie nationale de Médecine.

Deâ travaux considérables ont donc été exécutés, et le laboratoire offre aujourd'hui un ensemble d'appareils dont la vue seule peut faire apprécier le mérite.

Les dépenses sont montées à près de 20,000 francs.

11 y a six chaudières dans le laboratoire actuel. Trois chaudières contiennent chacune 2,000 litres; elles servent à la digestion des plantes. L'eau est chauffée non par un foyer placé sous les chaudières cônirae avant 1851, mais par la condensation de la vapeur provenant d'une chaudière à basse pression qui marche avec une atmosphère (chaleur de 100 degrés centigrades) à une atmosphère un quart.

Les soupapes de sûreté s'ouvrent à une atmosphère et demie , degré de chaleur qui n'est jamais atteint.

En effet, deux manomètres métalliques de l'invention du sieur Bourdon, mécanicien à Paris, font connaître au chauffeur, avec une exactitude sans égale, la tension de la vapeur et ses moindres variations.

Ce système de manomètres a valu au sieur Bourdon une médaille à l'exposition de l'industrie à Londres.

Une de ces trois chaudières, contenant 2,000 litres, sert à la confection dn Bob. liii rnnfc du sucre s'y fait ii l'aide d'un foyer parficrdier.

104 NOTES Dl 01 ATRIKMK CHANT.

Trois autres ihaiulièros évaporent au hain-marie , les liqueurs végétales lournies par les trois chaudières de digestion.

1° La grande chaudière ronde contient 600 litres.

2° La moyenne chaudière ronde, 450 litres.

3" La chaudière carrée contient 1,000 litres.

Un système de tuyaux avec robinets conduit la vapeur du hain-marie de la grande chaudière ronde ;

1° Dans les trois chaudières où digèrent les plantes et en élève l'eau à 70, 75 degrés centigrades ;

2° Dans le hain-marie de la moyenne chaudière à évaporation ;

3° Dans le bain-marie de la chaudière carrée.

L'eau de ces hains-marie atteint le même degré de chaleur que celle du bain-marie de la grande chaudière. En effet, les deux manomètres des bains-marie marquent exactement la même pression.

La vapeur passe des bains-marie dans un grand réservoir contenant 1,200 litres d'eau et placé à 2 mètres au-dessus des diverses chaudières. L'eau chauffe à 75 et 80 degrés centigrades ; et par des tuyaux elle alimente les trois chaudières à digestion et les trois hains-marie des chaudières qui évaporent les liqueurs végétales.

Le grand réservoir est rempli d'eau de la ville au moyen d'un robinet flotteur. Cependant la dilatation de l'eau en chauffant en élève le niveau. L'eau alors s'écoule par un trop plein dans un second réservoir placé audessous et contenant 450 litres.

La vapeur par un tuyau passe du grand réservoir dans le petit et elle le fait bouillir. Enfin , par un dernier tuyau , elle va se pei'dre dans la cheminée du laboratoire, après avoir chauffé :

P les trois chaudières à digestion contenant chacune 2,000 litres ;

2" Les trois chaudières à évaporation ;

3° Les deux réservoirs contenant de l'eau à 80 et 100 degrés centigrades.

Toutes ces chaudières marchent à vase clos, et un seul foyer au charhon de terre suffit pour produire les effets remarquables ci-dessus détaillés.

L'eau de la ville, employée depuis 1851, est filtrée au moyen du sys-

\OTES DU QUATRIEME CHAXT. 105

lèmc de filtration Souchon, perfectioniu- par le sieur Bernard'. L'appareil consiste en un tonneau de fer battu contenant les matières filtrantes. L'eau de la ville est amenée par un tuyau fixé à un bout de ce tonneau, et elle en sort filtrée par l'autre extrémité qui se termine en un tnyau conduisant l'eau à un premier, à un second étage même, tant est forte la pression des réservoirs de la ville.

Le Rob de Laffecteur se distingue de tous les produits pliarmaeentiques par le soin qui est mis a sa préparation et par l'ensemble des appareils employés pour cet objet.

En effet, la digestion des plantes, avec une eau renouvelée jusqu'à leur épuisement complet, se fait pendant plusieurs jours, à 70 degrés centigrades et à vases clos, avec attraction des vapeurs à l'aide d'une longue cbeminéc d'aspiration.

L'évaporation des liqueurs et leur concentration à 6 degrés de l'aréomètre Beaumé , se font également à vases clos, pins au hain-marie.

Il en résulte un produit parfait des liqueurs claires, nullement altérées par l'action de Yoxijgènc de l'air, conunc cela arrive toujours avec les procédés généralement suivis, ce qui oblige les praticiens à filtrer trois et quatre fois les liqueurs avant de les amener à la consistance d'exlfaif. (Voir tous les traités de pharmacie.)

Dans notre système d'appareils, l'évapoi-ation des liqueurs fait à vases clos produit un résultat merveilleux. Des masses considérables à' extractif végétal à 6 degrés de l'aréomètre Beaumé , résultant de la concentration successive et séparée de l'eau employée à 1 épuisement des plantes, ces masses d' extractif , dis-je , ont une saveur que le pharmacien instruit sait apprécier; elles sont d'une limpidité parfaite, sans trace de principe amylacé, bien que prises dans les chaudières où elles se concentrent.

Le Rob de Laffecteur est le résultat de cet extractif à 6 degrés Beaumé, joint à du sucre blanc pour sa conservation indéfinie.

Pat" Un moyen particulier , j'évite la clarification qni nuit toujours à un sii'op trop chargé de principes végétaux; le Rob marque 36 do^réi Beaumé, et cependant sa limpidité égale celle d'un sirop d'agrément.

' Avant cette époque, on employait pour 120 francs d'eau filtrée de l'élahlissemeût du quai des Célestins.

lOG \OTES DL QUATRIEME CHA\T.

MM. les Médecins et Phai'maciens qui ont visité le laboratoire et les nouvelles dispositions de 1851 ont apprécié la marche des appareils dont ou vient de donner une faible idée Rien ne peut remplacer la vue.

Avec une permission spéciale du docteur Giraudeau, MM. les Médecins et Pharmaciens sont admis à visiter le laboratoire.

( 9 j Un homme, un homme seul aujourd'hui sur la terre, De ce coûteux arcane est le dépositaire.

La propriété du Rob de Lafl'etteur se divisa, en 1793, en deux parts, et suivant acte passé par-devant M* Laîné , notaire, MM. Roy veau et Hollmaun curent le droit de fabriquer et vendre concurremment le remède de Laffecteur autorise en 1778 par lettres patentes de Louis XVL

M. Giraudeau s'est rendu adjudicataire de la moitié de propriété du Rob possédée par les héritiers Boyveau , ainsi que le constate un acte authenthique passé devant M^' Dessaignes et Reaul'eu , notaires , le 3 octobre 1842.

M. Giraudeau reconnaît qu'il lui a été remis toutes les pièces et le aecret du remède dont il est parlé, sous la rubrique de l'entrée en jouissance. . .

Ledit secret déposé sous une enveloppe cachetée , sous le u° 1 1 des papiers appartenant à des tiers, inventoriés au domicile de M*" Forqueray, prédécesseur de M* Dessaignes, La formule , remise à M. le docteur Giraudeau de Saint-Gervais , avait été déposée sous enveloppe scellée de trois cachets, et a pour suscription : — Dépost' par moi Charles Boyveau soussigné, en exécution de l'art. 10 de l'acte de société fait entre ma mère et mes cohéritiers dans la succession de Pierre Boyveau, notre père, pour l'exploitation du remède connu sous le nom de Rob antisyphilitique. Paris, le 20 octobre 1828. Signé A. -G. Rovveal.

La seconde part de propriété du Rob possédée par M. Hoffmann, a été cédée au docteur Giraudeau , suivant acte notarié en date du 28 oo- \embre 1849, enregistré le 6 décembre 1849; et dans cet acte il a été expliqué que M. Giraudeau serait à l'avenir seul et unique propriétaire du Rob dit de Lafi'ecteur.

XOTES Dl QLATUIÈMK CHAXT. 107

(10) Avec la même force, à la même hauteur, Ce fleuve intarissable et régénérateur.

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