ONANISME. — IMPUISSANCE
Nous croyons dans ces notes concourir au but moral qui a dirigé l'auteur du poëme, en signalant ici une autre cause de flétrissure, de désorganisation, de décrépitude prématurée du corps humain, plus funeste, plus générale, plus ancienne encore que la Syphilis; le lecteur a déjà deviné le vice que nous attaquons.
La masturbation est un des plus grands fléaux de la jeunesse; par cette habitude vicieuse, la santé se perd, les forces s'affaiblissent, l'énergie morale s'affaisse, et une impuissance précoce en est presque toujours la conséquence, si l'on ne restaure pas la constitution par l'emploi de quatre à six bouteilles de Rob de Boyveau-Laffecteur, en prenant en même temps des infusions de houblon ou de fumeterre et des bains avec 500 grammes de gélatine ou de son. On devra se nourrir, en outre, de bons consommés, de viandes rôties et boire aux repas du vin de Bordeaux.
L'impuissance, connue sous les noms de débilité, d'anaphrodisie, d'agénésie , ne doit pas être confondue avec la stérilité, qui se reconnaît à des désirs et à une faculté vénérienne sans puissance prolifique , ou , si l'on veut, à une aptitude à la copulation, avec inaptitude à la génération ; tandis que l'impuissance est une syncope génitale, caractérisée par l'abolition permanente ou passagère des facultés nécessaires pour une parfaite copulation. L'impuissance est beaucoup plus fréquente chez l'homme que chez la femme, parce que, chez cette dernière, la conformation des parties qui servent à la copulation la met à même de recevoir presque toujours , au moins d'une manière passive, les cmbrasscments de l'homme. L'impuis-
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sance est absolue lorsqu'elle dépend de l'absence des orfjanes génitaux. L'impuissance peut encore être absolue , lorsque les organes génitaux existent , mais vicieusement conformés ou pathologiquement altérés; l'absence des testicules n'est pas un obstacle aux jouissances de l'amour. Les eunuques sont stériles, il est vrai, parce qu'ils ne peuvent éjaculer , mais non toujours impuissante en amour. L'impuissance est constitutionnelle, ou par frigidité , lorsqu'elle dépend d'un tempérament apathique et très-froid, ou qu'elle est une conséc^uence de la débilité générale qui frappe toute l'économie. L'impuissance est locale lorsqu'un individu , doué d'une certaine vigueur, éprouve une faiblesse et une inertie marquée des organes génitaux. Les personnes d'un tempérament mélancolique sont prédisposées à l'anaphrodisie, qui peut être le résultat: 1° de désirs trop empressés et d'une imagination trop ardente; 2° de la crainte de n'être point aimé; 3° de l'extase qui survient à la vue des attraits d'une femme bien faite et jolie; 4° d'une continence qu'impose la pureté d'un véritable amour; 5° d'une extrême susceptibilité nerveuse.
L'exercice abusif et prématuré des organes génitaux, et surtout l'excès de la masturbation , causent fréquemment l'anaphrodisie atonique. On a remarqué aussi que, par un effet tout opposé, l'abstinence absolue des plaisirs vénériens devait affaiblir et même annihiler à la longue les facultés génitales. L'anaphrodisie peut être le fruit de l'influence de diverses situations morales de l'homme sur l'action des organes génitaux : certaines passions, telles que la haine, la jalousie, la vue de quelque difformité, le dégoût inspiré par une haleine fétide, des espérances déçues dans l'acte conjugal, peuvent encore y donner lieu. Les constitutions éminemment lymphatiques s'accompagnent d'un état de froideur qui peut aller jusqu'à l'impuissance : cette espèce d'anaphrodisie atteint principalement les individus qui sont doués d'un excessif embonpoint. M. Lallemand (Des Pertes séminales involontaires , 1836, page 289) rapporte l'exemple d'un hypocondriaque qui fut frappé d'impuissance tant que la cavité intestinale contint des vers ascarides.
L'impuissance provient aussi souvent de l'émission vicieuse de la liqueur séminale. Cette névrose génitale atteint généralemenl des sujets nerveux , d'une constitution délicate ou affaiblir.
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L'impuissance peut être la suite de la faiblesse particulière des organes génitaux, due à des jouissances vénériennes anticipées, à l'abus de ces mêmes jouissances, ou à celui, plus dangereux encore, des plaisirs solitaires ou de la masturbation. Les méditations profondes et soutenues peuvent causer l'impuissance, comme les frictions mercurieiles, la liqueur de \'an Svieten, le baume de copabu , les saignées répétées, les préparations d'iode et surtout l'iodure de potassium et les injections astringentes, etc.
L'bomme bien portant semble douter que jamais la maladie et la mort puissent venir le troubler quand il jouit de toute son énergie vitale : hélas ! un atome , une parcelle de verre introduite dans son orteil , viennent parfois humilier ce roi de l'univers , semblable à ce vil insecte qui s'attache au lion et le fait mourir de fureur par sa piqûre II en est de même de Yagénésie ou impuissance. Combien de jeunes gens rougissent et tremblent quand ils se sentent froids et glacés au moment où, pour la première fois, ils brillent de rendre hommage à un objet aimé! Certes, il ne faut pas nier ici l'influence et le pouvoir de l'imagination ; mais d'autres causes plus puissantes agissent encore.
L'homme, dit Fodéré , porte en lui un stimulus veneris , ou cause d'activité permanente, toujours préparé, toujours présent depuis la puberté jusqu'à la décrépitude : qu'il repousse cet aiguillon qui le pousse vers l'autre sexe, ou qu'il en abuse, ces deux extrêmes du célibat lui sont également nuisibles ; et c'est ce qui lui rend le mariage un véritable moyen d'éviter la douleur, de conserver la santé, et de prolonger son existence.
Cabanis a dit : La mutilation sépare l'homme de son espèce, et la flamme divine s'éteint presque entièrement dans son cœur à la suite de la perte fatale qui le prive des plus doux rapports établis par la nature entre les êtres semblables.
Le docteur Menuret sur le même sujet s'exprime ainsi : L'impuissance qui exige des remèdes et se montre surtout guérissable est celle qui dépend du relâchement, de la faiblesse , de la paralysie des parties destinées à la génération, du défaut de semence, de la froideur du (cmpérament, de l'indifférence pour les plaisirs vénériens.
Il en est de même de celui qui perd son énergie virile par l'abus du mercure. Combien de suicides ne reconnaissent pas d'autres causes? Quand
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on coiisidèro la fréquence des affections génitales , connues généralement sous les noms d'impuissance, de stérilité, d'atonie sexuelle, de faiblesse en amour, il semble bien étonnant qu'aucun auteur du premier ordre ne s'en soit pas encore occupé d'une manière spéciale, et cependant, dit le docteur Virey, u que l'on se représente les misères et la honte qui accompagnent l'impuissant dans sa couche nuptiale. Quel dépit doit l'enflammer après de vains efforts! quel chagrin cuisant doit le tourmenter la première fois qu'il approche son épouse et qu'un organe capricieux dément obstinément ses plus magniflques promesses ! Souvent de cette époque datent des antipathies invincibles , un mépris réciproque , source éternelle de disputes faisant un enfer du ménage, et le désespoir de la vie; car souvent, par un malheur incompréhensible, l'imagination effrayée de cette froideur funeste se glace de nouveau à de nouvelles approches, et loin de pouvoir effacer son opprobre par de nouveaux triomphes, nn n'acquiert de plus en plus que la triste certitude de sa faiblesse. »
Or, outre la funeste habitude de l'onanisme, le virus vénérien et le mercure administré sans méthode occasionnent le plus ordinairement l'impuissance, qui le plus souvent aussi ne reconnaît pas d'autre cause. Dans cette circonstance il faut employer le remède de Boyveau-Laffecteur comme dépuratif et fortifiant.
C'est ici l'occasion de donner en faveur de ce remède l'attestation d'un praticien connu depuis longtemps pour s'occuper spécialement du traitement des organes de la génération, surtout de l'impuissance.
Je soussigné Médecin de la Faculté de Paris ,
Certifie que depuis plus de quinze ans j'ai employé avec succès dans ma pratique le Rob Boyveau-Laffecteur, soit comme antivénérien, soit pour remédier aux affections produites par l'abus du mercure et particulièrement contre l'impuissance ou anaphrodisie , les flueurs blanches et les affections de l'utérus.
En foi de quoi j'ai délivré le présent.
Sif/nr : Parext- Albert,
rue d'Anjou, 19, au Marais, rx-n'-darlour on rlirfdc la (inzrlti' ilr Scnlr.
\OTES m DEIXIEMR CHAXT. U
Si la faiblesse ou l'impuissance des organes génitaux était toujours la suite du libertinage, on ne ferait point ici mention des aphrodisiaques; mais une foule de causes peuvent diminuer ou détruire, chez les personnes les plus vertueuses et les plus sages, l'aptitude à se reproduire ; le médecin doit donc employer toutes les ressources de son art pour rendre à ces infortunés l'exercice de la fonction la plus importante de la jeunesse.
Pour remédier convenablement à la débilité des organes génitaux chez l'homme, il faut que le médecin en apprécie l'origine et que le traitement aphrodisiaque soit en harmonie avec la cause qui la produit. Pour les débilités provenant des suites de la masturbation , on fera usage d'aliments spéciaux et d'une liqueur tonique, et quand cette faiblesse génitale proviendra de gonorrhées traitées par le copahu et les injections , il faudra avoir recours à six ou dix bouteilles de Rob de Boy veau, un ou deux printemps de suite.
La stérilité chez les femmes est presque toujours produite par une lésion organique du col de l'utérus, qui se signale par des pertes plus ou moins abondantes.
Toutes les fois que les flueurs blanches sont anciennes , abondantes et douées d'âcreté, elles ne manquent jamais d'exercer une influence nuisible sur l'organisme en général et sur certains organes en particidier. Elles donnent lieu à la pâleur du teint , à une susceptibilité nerveuse et hystérique, à des douleurs, des tiraillements d'estomac, à des digestions difficiles , à la perte de l'appétit, à une maigreur plus ou moins considérable. Quelquefois elles entretiennent un malaise général , une fièvre lente , plus sensible vers le soir. Elles sont occasionnées par une faiblesse des parties , un relâchement des tissus de l'organe, une fluxion permanente sur le bas-ventre ou par une inflammation et par im engorgement. Enfin , il est des pertes blanches d'une nature toute spéciale et qui ont pour cause l'existence d'un virus contagieux. Quoi qu'il en soit, il serait à désirer que toutes les femmes fussent bien convaincues de l'extrême importance de ne jamais reculer devant la nécessité de traiter cette grave incommodité. Dans le principe, on en obtient facilement la prompte guérison ; plus tard, un traitement long et compliqué ne réussit pas toujours à en arrêter le cours. On ne doit jamais oublier que c'est ainsi que débutent toutes ces terribles
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maladies connues dans le monde sous le nom d'ulcères de la matrice , el qui sont souvent si dangereux.
Les flueurs blanches sont , dans leur principe , un véritable catarrhe de la partie ou de la matrice. Le Rub de Boyveau-Laffecteur obtiendra des succès assurés toutes les fois qu'il sera pris en temps opportun et continué aussi longtemps que l'exigent la cause et l'ancienneté de la maladie. Si elle est le produit d'un virus contagieux, le traitement devra être beaucoup plus prolongé. On aura soin de seconder l'action du Roh par des injections d'eau froide et de vinaigre, d'une solution d'alun ou de sous-acétate de plomb ; lorsqu'il y a douleurs , cuissons , échauffement , on commencera par des injections avec une décoction de tètes de pavot et de racine de guimauve qu'on emploiera pendant 10 à 15 jours. Les fumigations de benjoin, les bains salés ou soufrés sont aussi de précieux adjuvants du Rob.
Ce qui peut donner une idée des désordres que produisent les habitudes secrètes est le grand nombre des auteurs qui s'en Sont occupés.
J'ai vu , dit le docteur Martins , une mère de famille périr dans la cinquanlième année de sa vie, victime de tous les maux qu'elle devait à sa honteuse habitude. Au milieu de ses souffrances, pressée déjà par l'agonie, entourée d'un appareil religieux, sa pensée tout entière était pour le vice qui la tuait; et la mort, en suspendant sa dernière volonté, n'arrêta que son dernier crime !
L'Onania Anglais avait déjà peint avec force l'empire que cette manœuvre odieuse a sur les sens. Elle n'a pas plutôt subjugué le cœur, dit-il, qu'elle poursuit la victime partout. Elle s'en saisit, l'occupe en tous sens, en tous lieux ; et au milieu des travaux les plus importants et des actes même de la religion, elle amène de honteuses pensées et des dé.<<irs coupables.
Boerhaave dit : C'est une terrible maladie. Je l'ai vue souvent; je n'ai jamais pu la guérir.
Vanhelmont a traité sans succès pendant trois ans un malade confié à ses soins.
Tissot lui-même ne consentait à entreprendre le traitement que parce qu'enfin il peut citer quelques exemples de guérison.
Hippocrate, ce père de la médecine, dit en indiquant les maslnrbateurs :
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Ils n'ont point de fièvre, et, qnoiqu'ils mangent bien, ils maigrissent et se consument. Ils croient sentir des fourmis qui descendent le long de l'épine dorsale. Les promenades, surtout dans les routes pénibles, les essoufflent, les affaiblissent, leur procurent des pesanteurs de tète et des bruits d'oreilles; enfin une fièvre aiguë termine leurs jours.
Arètée s'exprime ainsi : Les jeunes gens prennent l'air et les infirmités des vieillards. Ils deviennent pâles, efféminés, engourdis, paresseux, lâches, stupides, même imbéciles. Leur corps se courbe, leurs jambes ne peuvent plus les porter. Ils ont un dégoût général , et sont inhabiles à tout ; plusieurs tombent dans la paralysie
Aetius. L'estomac se dérange, tout le corps s'affaiblit, l'on tombe dans la pâleur, la maigreur, le dessèchement, les yeux se cavent.
Sanctorius. On éprouve des douleurs dans le foie et dans les reins. La pierre se forme dans la vessie. La chaleur naturelle diminue. La vue s'affaiblit ou se perd.
Zhnmennann a vu un jeune homme de vingt ans contracter des attaques d'épilcpsie incurables. On le trouva mort un matin dans sa chambre, tombé hors de son lit et baigné dans son sang.
Doussiu-Dubreuil cite la lettre suivante :
Cl Je t'écris, mon ami, au milieu des douleurs les plus vives. Je vais de pire en pire , et il ne me reste plus de forces que pour te donner une commission, dont la délicatesse ne me permet d'en charger qu'un ami tel que toi, la voici. L — est l'ami perfide à qui je dois ma triste situation. Va le trouver, ne lui dissimule rien; mais dis-lui en même temps que je lui pardonne de tout mon cœur, pourvu que j'apprenne qu'il a pris enfin la ferme résolution de sonder l'abîme profond dans lequel il se précipite depuis longtemps. Oh! mon ami, je t'en conjure, intéresse-toi à son sort; dis-lui surtout qu'il retourne à la vertu, et que sans elle il n'est pas ici-bas de véritable bonheur. Promets-moi donc , mon ami , que tu vas faire tout ce qui dépendra de toi pour le retirer du précipice , et je mourrai moins malheureux. »
.\ous ne pouvons mieux terminer cette longue mais utile note, qu'en citant la traduction par M. Barthélémy d'une énergique épigramme de Martial .sur l'onanisnte. La délicatesse de notre langue lui a imposé la
U XOTES Dl DKIXIKMK CHANT.
nécessité d'ailoucir le cynisnio de l'expression latine, dont nons donnons pourtant l'orij^inal.
Poiitice , (jiiod nunqiuim futiiis sed pelliie lera
l teris , ac l eneri servit arnica inanus , Hoc iiihil esse ^;»toA' .' Sceliis est , crede mihi , sed iiu/ens.
Quantum rix animo concipis ipse tuo.
Xempè semel futuit generaret ut Horatius très.
Mars semel ut geminos Ilia casta daret. Omnia perdider((t si masturhatus ulejque
Mandassel manihus gaudia fœda suis.
Ipsam crede tibi naturam dicere rerum :
Istud (pind digilis , Pontice , perdis , liomo est.
(Mart. , cp. 42, lib. 9.)
De ce que tu t'abstiens de femme , et que ta main
Remplace de Vénus l'honorable senice ,
Tn crois que ce n'est rien I C'est un coupable vire,
Un crime , un attentat contre le genre humain.
Un seul acte d'amour créa les trois Horace ;
Mars engendra , d'un coup , ses deux nobles enfauls :
Et le monde eût perdu cette sublime race ,
Si leur sperme eût coulé sous leurs doigts étouffants.
Ah ! quand cette œuvre impie en ta main se consomme ,
De la sainte nature entends crier la voix :
Sais-tu bien ce que font tes sacrilèges doigts?
Sais-tu ce que tu perds? Malheureux! c'est un lionime.
(2) Et, du métal liquide adorateur fervent,
L'infuse dans le corps, qu'il tue en le sauvant.
Le mercure était regardé par les anciens comme une substance dangereuse. Ils ne l'employaient pas en médecine. Les Arabes furent les premiers qui en firent usage dans le traitement extérieur des maladies cutanées, et contre les insectes qui naissent sur la peau. Toutefois, ils en redoutaient les effets, car ils ne le laissaient entrer que dans la proportion d'un dixième à un quarantième dans les onguents dont ils se servaient.
Vers la fin du quinzième siècle, en 1493, à l'occasion de l'épidémie si grave et si rebelle qui régna à \aples, on fut conduit à faire usage du mercure, par l'analogie de quelques-uns des symptômes de cette maladie avec les affections lépreuses, contre lesquelles les Arabes avaient employé avec succès des onguents dans lesquels entrait ce médicament.
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Depuis cette époque, qui date de plus de trois cents ans, ou n'a pas cessé d'employer ce niédicanicut contre la syphilis, malgré les nombreux et graves accidents auxquels il donnait lieu, et que, par un aveuglement incompréhensible, on a regardé jusqu'à la lin du dernier siècle comme les résultats naturels de la maladie.
Le mercure fut d'abord administré sans règle et sans méthode. Quelques médecins éclairés et prudents l'employèrent cependant avec quelque précaution, tels furent entre autres, Gruenbeck, Widmann, Aguilaicus, Torelia ; mais beaucoup de charlatans le prescrivaient sans mesure et sans discernement, ce qui en rendait l'usage beaucoup plus dangereux.
Le chevalier Ulrick de Hutten fut une victime remarquable de la confiance .qu'on avait dans les propriétés du mercure, et de l'ignorance où étaient alors les médecins sur la manière de l'employer. Cet écrivain, qui soutint la réforme de Luther, nous dit avoir subi onze traitements mercuriels dans Tespace de neuf ans , et n'avoir du qu'au gaiac la guérison radicale d'exostoses, de pustules, d'ulcères rongeants, de caries profondes et de douleurs atroces. Cette manière de traiter la syphilis était si cruelle , que plusieurs aimaient mieux mourir que d'essayer à guérir par ce moyen. Qu'on ne croie pas cependant, répète Ulrick, que beaucoup fussent guéris; à peine sur cent v en avait-il un, encore retombait-il très-souvent au bout de quelques jours.
Malgré le hideux tableau exposé par Hutten et Kernel des accidents que produisait le mercure, on n'en continua pas moins l'usage, parce que, comme je l'ai dit déjà, loin de les attribuer au médicament, la plupart des médecins n'y voyaient que les symptômes ordinaires de la syphilis; et, dans leur persévérance à croire aux propriétés du mercure, au lieu d'en proscrire l'usage, s'attachaient à en régulariser l'application.
(3) Et, bientôt dépouillé de son masque changeant, Reprend sa forme crue et coule en vif-argent.
Il y a peut-être ici de l'exagération poétique; mais tout le monde sait que l'onguent napolitain dont on se sert pour faire des frictions laisse échapper le mercine brillant et limpide, si on le fait fondre doucement.