‹ SyphilisChapitre 9 sur 23 · TE8 DL UELXIEME CHANT · texte numérisé non relu

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même des médicaments qui agissent fortement sur le système nerveux ont souvent aussi le même résultat. Il n'est pas rare que des personnes deviennent aliénées pendant le traitement antisyphilitique soit par les fric" tions, soit par l'usage interne du mercure. On en peut dire autant de l'usage de 1 opium. ';

M. CuUerier pense que la métastase peut s'opérer sur le cerveau et sur ses annexes, et produire des céphalies violentes, l'hémiplégie et même l'aliénation mentale. Ce qui semble confirmer cette opinion , qui est eu rapport avec les lois communes des métastases, c'est que le retour naturel ou provoqué de l'écoulement a été presque toujours salutaire. {Compendium. , page 585.)

Il y a plus de fous dans les villes que dans les campagnes , plus dans les piiys civilisés que dans ceux qui le sont moins , et les souffrances que le génie a pei'sonnilîées sous les noms de Werther, d'Obermann, de Chatterton, ne sont pas les seules (a dit une fennne célèbre) que la civilisation avancée nous ait apportées; et le livre où Dieu a écrit le compte des fléaux, n'est peut-être encore ouvert qu'à la première page.

(5) Là, désormais rebelle à des soins superflus, Etendu sur un lit qu'il ne quittera plus.

Quand un homme , jeune encore , occupant une position sociale honorable et jouissant de l'affection d'une famille qu'il aime et dont il est aimé, se tue sans motif apparent, sous le vain prétexte du dégoût de la vie , de spleen, que l'on prenne des informations exactes, et l'on verra que, sur cent suicides de cette espèce, les trois quarts au moins doivent être attribués aux effets du mercure donné inutilement sous toutes les formes. En effet, c'est en vain qu'un malade change de médecin, car la méthode ne change pas. Cela me rappelle la réponse d'un habitant de Païenne à qui je disais , à l'avènement du dernier roi , que le sort de la Sicile allait probablement s'améliorer sous la direction d'un jeune roi. « No la credo , il maestro di capclla è camhiato , ma la musica sarà semprè la stessa. »

Je n'aurai pas beaucoup à dire pour convaincre que les passions Violemmment excitées portent le trouble dans tout individu, soit dans son orga^

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nisation , soit dans son intelligence. Loisqne l'àme est fortement ébranlée par une affection vive et imprévue , les fonctions organiques sont bouleversées, la raison est troublée, l'homme perd la conscience du inoi , il est dans un vrai délire ; il commet les actions les plus irréfléchies , les plus contraires à ses affections , à ses intérêts. Mais le délire des passions est passager; le suicide qu'il provoque est instantané; s'il n'est point consommé, ordinairement il ne se renouvelle plus; la tentative infructueuse semble avoir été la crise de l'affection morale. Tel est le suicide involontaire aigu, bien différent du suicide réfléchi et chronique, occasionné par les affections syphilitiques exaspérées par les mercuriaux.

Celui là qui la douleur ne laisse aucun instant de relâche , qui n'entrevoit point le terme d'une longue et cruelle maladie, après avoir d'abord supporté ses maux avec résignation, devient impatient; et subjugué par les souffrances qui l'affaiblissent depuis longtemps, se tue pour mettre fin à des maux intolérables. Il n'est point d'état qui inspire plus de crainte de mourir, et en même temps de n'être pas délivré des maux présents, que l'hypochondrie syphilitique.

Entin l'idée de se tuer devient une idée fixe qui préoccupe sans cesse les malades, idée dont ils ne peuvent se distraire ni être distraits ; toutes leurs pensées sont dirigées, concentrées sur cet objet avec tout l'entêtement et toute l'opiniâtreté dont les autres monomaues sont susceptibles. Si la fatigue de la veille les fait dormir, ils ont des rêves affreux; ainsi, la nuit comme le jour, ces infortunés ne peuvent éloigner de leur pensée l'idée de la mort, pas plus que les autres monomaues ne peuvent se défaire de l'idée qu'ils sont ruinés, déshonorés, damnés, etc., etc., tant l'attention concentrée pervertit les impressions, rend douloureux les rapports extérieurs, brise tous les liens qui rattachent à la vie.

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