‹ Syphilis congénitale: La syphilis contractée par le fœtus dans l'utérusChapitre 21 sur 51 · PLAIT À AN · texte numérisé non relu

PLAIT À AN

4° Malformations congénitales ; 59 Prédispositions morbides.

Ces quatre dernières catégories ont été réunies par Ed. Fournier sous le nom de stigmates dystrophiques de l’hérédo-syphilis.

Nous énumérerons brièvement ces signes en regrettant de ne pouvoir nous y étendre davantage.

Tout d’abord les manifestations d’ordre syphilitique puis celles d’un ordre plus général auxquelles le

Professeur A. FourNiEer avait donné le nom d’affec—

tions parasyphilitiques.

]. — Accidents de syphilis proprement dits.

En 1889, dans une leçon sur l’hérédité syphilitique M. le Professeur A. Fournier a dit : « La résultante la plus naturelle de l’hérédité syphilitique c'est la production sur l’héritier de parents syphilitiques, d'accidents de syphilis. L'enfant issu d’ascendants syphilitiques apporte avec lui la syphilis qui se traduit sur lui par des manifestations d’ordre syphilitique. mea |

Rien que de très simple à cela, rien que d’absolument connu, d’incontestable et d’incontesté. Ajoutons simplement qu’au point de vue chronologique, l’entrée en scène de la syphilis héréditaire de l’enfant est variable comme échéance.

Trois ordres de cas peuvent se produire :

1° L’infection syphilitique peut se traduire avant la

naissance, in uléro. C’est ainsi que des enfants naissent avec des accidents syphilitiques en pleine évolution ; ou même qu’on a trouvé des lésions de syphilis sur des fœtus expulsés avant le terme de l’aecouchement (syphilis fœtale) ;

20 Bien plus habituellement (c’est là, l’ordre de cas usuel) la syphilis ne se manifeste que quelques semaines ou quelques mois après la naissance (syphilis infantile);

3° D'une façon plus rare enfin, il peut se faire que, latente au moment de la naissance, latente encore pendant les premières années de la vie, la syphilis n'entre en évolution apparente, qu’à un âge plus ou moins reculé, à 5 ans, àroans,à 15 ans, à 20 ans, voire plus tard encore. C’est là, l’ordre de syphilis héréditaires auxquelles on a donné le nom de syphilis hé--

réditaires tardives ».

Nous ne signalerons dans ce chapitre que les manifestations syphilitiques typiques dues à la présence du tréponème réservant celles dans lesquelles l’étiologie syphilitique est contestée par certains ou celles pouvant être également produites par d’autres maladies au chapitre manifestations dystrophiques de la syphilis héréditaire.

La Syphilis chez le nouveau-né tue un grand nombre d'enfants nés à terme ou peu avant terme.

L'enfant est malingre, d'aspect vieillot, il présente quelquefois des éruptions bulleuses à la paume des mains et à la plante des pieds (Pemphigus syphili-

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tique). Le ventre est dilaté, sa paroi est couverte de veines dilatées en tête de méduse et distendue par l’ascite, le foie est gros et dur, la rate amplifiée est nettement perceptible. Ces enfants meurent après quelques heures ou quelques jours. Ils semblent frappés d’une «inaptitude à la vie». Les organes, le foie en particulier sont farcis de tréponèmes. On sait d’ailleurs, que c’est le foie d’hérédo-syphilitique qui fut, en premier lieu, utilisé comme antigène dans la réaction de Bordet-Wassermann.

Mais le plus souvent l'enfant naît sain en apparence et c’est entre la deuxième et la sixième semaine que la syphilis héréditaire précoce se manifeste le plus

souvent.

a) Manifestations cutanées et muqueuses.

Le pemphigus syphilitique peut être étendu à tout le corps mais se localise de préférence au niveau de la paume des mains et de la plante des pieds.

La roséole vraie est très rare.

Les-syphilides papuleuses sont comparables à celles de l’adulte.

Macules et papules sont souvent mélangées. L. Sac- QUET les avait décrites sous le nom de syphilides érythémalo-papuleuses polymorphes.

Au pourtour de la bouche, du nez, de l’anus peuvent se voir des fissures ou rhagades souvent accompagnées de plaques muqueuses localisées sur les lèvres, les gencives, la langue et les conjonctives.

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b) Lésions viscérales.

Le coryza donne lieu à un écoulement séro-purulent quelquefois strié de sang, quelquefois fétide, qui se concrète en croûtes à l’orifice narinaire. On peut y trouver le tréponème.

Les laryngopathies sont rares.

Le joie est l'organe le plus souvent touché. L’atteinte hépatique peut se manifester, outre son augmentation fréquente de volume par un üictère persistant.

De même, il importe de toujours soupçonner la syphilis en présence de vomissements ou de diarrhée persistante (MARFAN).

La rale est constamment hypertrophiée.

L’anémie est souvent spécifique.

La tuméfaelion testiculaire (HuTINEL).

Les lésions oculaires les plus communes sont la kératilte interstitielle, l’iritis, la choroïdite, la choriorétinite.

Les lésions auditives sont le résultat de la destruction du nerf acoustique qui entraîne la surdité labyrinthique.

Les lésions du système nerveux qui ne semblent pas prêter à discussion sont :

Le fabès dont les signes sont habituellement plus frustes que chez l’adulte.

La paralysie générale dans laquelle le liquide céphalorachidien est positif 9 fois sur ro.

Enfin, parmi les altérations du squelette, seuls, la dent d'Hutchinson et la maladie de Parrot semblent pathognomoniques.

Cette dent forme avec la kératite interstitielle et la surdité la {riade d’ Hutchinson qui est un des meilleurs signes de syphilis de l'enfant.

La maladie de Parrot est une ostéochondrite gommeuse de l'extrémité diaphysaire des os longs suivie d’une fracture incomplète, souvent localisée au voisinage de l'épaule. Son signe le plus caractéristique est une impotence fonctionnelle complète du membre d’où le nom de pseudo-paralysie, accompagnée d’une douleur vive.

Toutes les autres altérations du squelette prêtent à discussion et nous les décrirons avec les manifesta— tions dystrophiques de l’hérédo-syphilis.

IL. — Manifestations dystrophiques de la syphilis héréditaire.

« Contrairement à une opinion par malheur trop accréditée, l’hérédité syphilitique ne se traduit pas exclusivement par des manifestations d’ordre syphilitique, disait le Pr. A. Fournier en 1889.

Elle se traduit encore et tout aussi souvent, plus souvent même, dirai- je, par quantité de phénomènes, lésions et symptômes qui, pour n'avoir plus l'apparence, l’allure, le cachet syphilitique, n’en sont pas moins des conséquences indéniables de la syphilis.

Pour ma part, une des convictions qu’a le plus

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solidement implantées dans mon esprit, mon. étude assidue et de vieille date de la syphilis, c’est que la syphilis n’est pas seulement uniquement une maladie à symptômes et à lésions syphilitiques, mais qu'elle est une maladie de tout l’être, qui, par la réaction générale qu’elle exerce sur l’organisme, est sus— ceptible d’éveiller à côté de ses troubles propres, des troubles d’un autre ordre, lesquels sont non plus de la syphilis proprement dite, mais bien des dérivés indirects de la syphilis et que j'ai proposé de désigner sous le nom de parasyphililiques ».

Depuis Fournier, il n’est pas une dystrophie, pas une malformation qu’on n'ait pu rattacher à la syphilis héréditaire.

Quelle est leur valeur au point de vue diagnostic de la syphilis héréditaire ?

En 1895, Lecrain déclarait : « Les lésions dystrophiques sont vraisemblablement le fait d'infections ou d’intoxications chroniques telles que tuberculose, paludisme, saturnisme, alcoolisme, albuminurie, diabète, etc..…., en raison de l'influence permanente qu’elles exercent sur l’organisme. » |

Et vraisemblablement aussi la syphilis tiendra parmi ces dernières un des premiers rangs pour des. raisons diverses, à savoir : parce qu'entre toutes les maladies infectieuses elle est une des plus fréquentes ; parce qu'elle exerce sur l’organisme une réaction profonde, et enfin, parce que la modalité dystrophique est une expression commune de ses conséquences. héréditaires.

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