‹ Syphilis congénitale: La syphilis contractée par le fœtus dans l'utérusChapitre 32 sur 51 · TI. — DANS LE SANG · texte numérisé non relu

TI. — DANS LE SANG

La sérologie sanguine, tout au moins dans les premiers jours, ne semble pas avoir la même valeur chez le nourrisson que dans la syphilis acquise de l’adulte. Il est fréquent, en effet, presque normal de voir la. réaction de Bordet-Wassermann négative les dix premiers jours de la vie ; pour beaucoup d’auteurs, à cet âge les pigments biliaires qui se trouveraient dans le: sang, troubleraient son pouvoir hémolytique au point de rendre la réaction positive ou négative sans aucune signification.

Marran estime qu’un Bordet-Wassermann positif apporte une certitude de la syphilis, qu’une réaction douteuse, faible, est encore un élément de grande. présomption de la syphilis, qu’une réaction négative: ne permet pas de l’exclure.

Bar et Dauray, d’Asrros et Trissonnières, Sor- TRAIN Ont montré en effet que le Bordet-Wassermann: pouvait être négatif dans certains cas de syphilis en: évolution avec accidents syphilitiques incontestables.

Levapiri a montré que lorsque l’enfant présentait.

et a

des lésions actes de syphilis le Bordet- Massomans de la mère est positif dans 96 % des cas.

Nogécourr a insisté sur le parallélisme à peu près constant des réactions sérologiques de la mère et de l'enfant.

Pour le D' Marcel Prvanp la positivité apparaît vers dix jours et augmente de fréquence jusqu’à trois ans qui est la période optima à laquelle 20 % de Bordet- Wassermann sont positif.

Berthe Sagin présente, dans sa thèse de 1913, 23 cas de nourrissons issus de syphilis post-conceptionnelle ; tous les 23 sont indemnes de dystrophies, quelques-uns également sont indemnes d'accidents syphilitiques.

Sur les 23, deux seulement ont une sérologie négative, et encore dans ces deux cas étiquetés syphilis post-conceptionnelles, on n’a pu mettre en évidence ni par l’interrogatoire, ni par la clinique, d'accident primitif récent de la mère. Ces deux’ femmes présentaient durant leur gestation des accidents papuloérosifs.

Berthe Sagin conclut que la séro-réaction de Wassermann chez les enfants issus de mères atteintes de syphilis post-conceptionnelle tardive est positive dans la majorité des cas, même en l’absence de tout accident clinique.

D'autre part, parmi les observations que nous reproduisons plus loin, la sérologie s’est révélée positive toutes les fois que l’on a pratiqué cet examen.

Donc nous concluerons que si la sérologie est rare-

ment positive chez le syphilitique héréditaire environ 20 % elle est toujours positive chez le syphilitique congénital, si l’on veut bien excepter les rarissimes cas de contamination au passage signalés par Bonner montrant que parfois l’enfant était resté indemne.

IT. —— Dans LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN.

Otto Tezxer en 1936 a examiné 84 nourrissons issus de parents syphilitiques et a trouvé chez 48 (soit 57,1 %) un liquide céphalo-rachidien pathologique.

Chez 103 enfants plus âgés il a trouvé 29 (soit 28,2 %) liquides pathologiques ;

Chez 87 d’entre eux, cliniquement indemnes au point de vue neurologique, il trouve 13 examens positifs (soit 14,9 %).

Chez les 16 autres touchés neurologiquement il trouve 16 liquides anormaux (soit 100 %).

Mais ces examens ont été faits sur ce qu’on a cou-

tume d’appeler les hérédo-syphilitiques, sans que nous puissions connaître le nombre des congénitaux que ce groupe contenait.

Le seul argument que nous puissions tirer de cette étude c’est que les syphilitiques congénitaux étant sujets à faire plus fréquemment des affections nerveuses auront plus souvent une réaction positive dans le liquide céphalo-rachidien.

Traitement des enfants issus de parents syphilitiques.

Le Mercure a donné à nos prédécesseurs des résultats excellents dans le traitement de l'hérédo-syphilis. On employait soit les frictions soit les solutions.

Les friclions étaient faites chez les nouveau-nés avec une dose de 1 gr. d’onguent napolitain, donc, très forte par rapport à celle qu’on emploie chez. l’adulte. Le nourrisson âgé de :5 jours supporte 2 gr. d’onguent, celui qui est âgé de 2 à 3 mois en tolère 5 gr. On répétait les frictions quotidiennement pendant quinze à vingt jours de suite. Puis, on suspendait le traitement pendant un mois.

Par la voie buccale, on employait la liqueur de Van Swieten, à la dose moyenne de X gouttes, par jour et par kilogramme du poids du nourrisson, administrées en plusieurs prises quotidiénnes dans les biberons.

Marran préférait le tartrate de mercure qui n’a pas la saveur métallique du précédent, mais qui, moins riche en mercure doit être prescrit à une dose plus élevée, XV gouttes par jour et par kilogramme de

solution à 1/1.000.

ON En

Le Bismuth dont l’activité est très supérieure à celle du mercure est difficile à employer chez le nourris son, car les masses musculaires sont peu développées chez ces derniers. Cependant si le nourrisson est intolérant au sulfarsénol, c’est à lui qu’on aura recours. La dose initiale sera d’environ 3 à 4 cgr. selon le poids de l’enfant en solution ou en suspension huileuse. On répète les injections 2 fois par semaine à raison de 20 injections par série et trois semaines de repos entre chaque série.

Le Novarsénobenzol a été employé surtout en France, mais la difficulté des injections lui font habituellement préférer le :

Sulfarsénobenzol. Ce dernier se fait en injections intra-musculaires, dissout dans de l’eau distillée, ou mieux encore dans du sérum physiologique ? Ces injections ont le tort d’être douloureuses, il existe pourtant dans le commerce un arséno-solvant qui atténue notablement les douleurs.

Les doses sont calculées en fonction du poids du nourrisson. Les 3 dernières doses doivent atteindre 1 Cgr. 1/2 par kilogramme de poids, la 5e dose devant être égale à la moitié de la dose maxima. La progression se fait autour de ces deux points de repère. Chaque série comporte ainsi une douzaine d’injections, entre chaque série, trois semaines de repos.

Ceci'est la techniqus suivie dans le service du D' Marcel Pixarp ; certains estiment ces doses trop

-élevées. Cependant nous n'avons jamais constaté

CAO

d'accidents à la suite des doses extrêmes ; la durée du traitement sera guidée par la clinique et les examens sérologiques.

Quelle va être l’action du traitement sur ces enfants de syphilitiques ?

Un premier fait s’impose à l'esprit, c’est qu'il ne peut avoir d'action sur les dystrophies ou que peu d’action, car ce sont des lésions qui ont été créées dès. la fusion des cellules génératrices. Ce sont des lésions en partie fixées.

Sur les lésions évolutives le traitement va agir bien davantage. Là encore il faut opposer l’hérédo-syphilitique au syphilitique congénital.

Il est un fait connu depuis longtemps de tous les syphiligraphes c’est, qu’on guérit une syphilis, la première année, ou qu'on ne la guérit jamais.

L’hérédo-syphilitique possède une vieille syphilis qu'il avait déjà en puissance avant sa création. Sur cet organisme taré le traitement aura une action peu

intense et il faudra souvent le continuer pendant très longtemps, à plus forte raison si le nourrisson n’a pas été traité dès sa naissance.

Le syphilitique congénital possède une infection acquise depuis peu de temps. Son organisme a été conçu par des cellules saines et est resté sain jusqu’à la contamination. Le traitement institué dès la naissance va agir très bien et l’on verra les lésions régresser rapidement. Parfois même, l'enfant n'en aura jamais, si le traitement est survenu avant leur appa—

rition ; la sérologie se négativera rapidement.

R. Pinasseau 6

= Br

Et même très souvent sa sérologie sera négative avant sa naissance. Car, en effet, actuellement les femmes enceintes sont suivies cliniquement et séro— logiquement, durant tout au moins la dernière partie de leur grossesse, et l'accident initial et surtout les accidents secondaires passeront rarement inaperçus. La sérologie dépistera les autres cas. |

Ainsi dans le cours de sa vie intra-utérine le syphilitique congénital recevra déjà un traitement actif par l'intermédiaire de la mère.

Et souvent au moment de sa naissance la plus grande partie de son traitement a été fait. On consolidera par 3 séries de sulfarsénol un enfant qui jamais

ne présentera d'accidents de la syphilis congénitale.

Sur quels signes va-t-on se baser pour instituer le traitement ?

Toutes les fois que par la clinique et par les examens sérologiques on pense pouvoir empêcher une lésion d'évoluer, ou en faire régresser une autre. Seules, les lésions évolutives paraissent justiciables du traitement. Cependant quand un enfant présente quelques malformations il semble parfois intéressant de faire un traitement préventif pour éviter les risques d'accidents plus tardifs.

Et M. le DT Marcel Pinarp écrivait en 1936 dans la Vie médicale à propos d’une enquête que faisait ce journal sur les signes de la syphilis congénitale : Il ne faut pas exagérer la valeur des stigmates. On ne

traite pas quelqu'un parce qu'il présente de l’axiphoï-

Atom ie

die ou une taroupe, mais on peut en faire son profit. Ainsi, il y a quelques années, un de nos confrères avant de donner sa fille en mariage au porteur d’une forte taroupe eut la sage idée de lui faire pratiquer un examen oculaire et une analyse sérologique.

Choriorétinite syphilitique avec début de névrite optique et B.-W. + permirent de pratiquer du Novarsénobenzol pendant les fiançailles, la cécité fut évitée, la descendance protégée ».

Observations.

Nous avons rassemblé quelques observations dans les pages suivantes :

Si les hérédo-syphilitiques sont relativement nombreux à la consultation de M. le DT M. Prnarp à la policlinique de Cochin, les syphilitiques congénitaux sont rares. Nous avons donc réuni quelques observations prises dans la littérature. Parmi celles-ci, seules celles de Mme le D: Berthe Sapin sont accompagnées de la sérologie.

Nous y ajouterons quelques observations prises dans les Services de M. le D M. Prvarn à Cochin et à Baudelocque (clinique du Prof. CouveLatire).

Observations de syphilis congénitale.

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