‹ Syphilis de la rateChapitre 21 sur 28 · Guérin. Arch. prov, de méd., fév. 1900, Syphilis de la · texte numérisé non relu

Guérin. Arch. prov, de méd., fév. 1900, Syphilis de la

rate.

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Le 25 du même mois, la rate n’est plus percutable: les forces reviennent, le visage se colore, le malade engraisse.

Cette observation s’écarte donc de la règle qui veut, qu'avec une grosse rate existent ou apparaissent au bout de peu de temps des accidents tertiaires. Elle est intéressante en ce qu'il est difficile de reconnaître la véritable cause de la tuméfaction et qu'il semble, au premier examen, qu'il s’agit d’une lésion primitive de la rate.

L'influence du paludisme sur la localisation de la syphilis, chez le sujet de Guérin est-elle importante ? Évidemment c’est une association périlleuse : la malaria ayant hypertrophié une première fois la rate, l’a peut-être rendueplus apte à augmenter une seconde.

Mais s’il s'était agi d'un regain de malaria cette splénomégalie ne serait pas disparue sous l’influence du traitement. |

Les éléments que nous possédons sur ce sujet sont peu nombreux, mais cela tient probablement, à ce qu’on a bien souvent reporté l’étiologie d’une grosse rate à une affection autre, le paludisme par exemple.

De ces observations nous pouvons conclure que seule dans la syphilis acquise la période tertiaire donne une splénomégalie véritable.

Il semble qu'il s’agit là d’une forme maligne, dans laquelle, il faut bien le dire, les antécédents paludéens jouent probablement un rôle important. Dans ce cas, la rate peut atteindre des dimensions considérables ; devenir une véritable rate géante analogue à celle

qu'on observe dans un certain nombre d’affections.

Cr — Cette énorme tumeur peut ètre pseudo-fluctuante et causer à son porteur des douleurs considérables.

L'état général du malade peut être très grave, l’affaiblissement surtout extrème.

Le diagnosticest difficile à faire, si l’on ne songe pas à la syphilis : il faut faire des recherches minutieuses, tant parmi les antécédents du malade, que parmi les accidents qu’il pourrait présenter. Il faudra songer à rechercher Iles symptômes présentés par toutes les variétés de grosses rates.

Ce diagnostic, comme le fait remarquer M. Guérin, acquiert aujourd’hui, une importance considérable. Les chirurgiens s’occupent des splénomégalies et une opération, toujours sérieuse, pourra être évitée, si l’on songe à la possibilité d’une localisation syphilitique.

Les recherches dirigées avec soin de ce côté, feront découvrir des lésions anciennes, ou même en activité qui avaient échappées à un malade négligent.

Nous pensons que, dans le doute, avant de faire subir une grave opération au malade, il est tout naturel d’instituer pendant quelques joursle traitement spécifique, qui pourra faire merveille.

Quelle est la valeur de l'hypertrophie splénique, dans la syphilis acquise, au point de vue du diagnostic et du pronostic?

Hätons-nous de dire d’abord, qu'elle n’a pas l’importance que nous lui avons vu acquérir dans l’hérédosyphilis.

M. le professeur Fournier dans son Traité de la

us og à syphilis, ne se prononce pas sur ce sujet et constate simplement : « quelle importance ne prendrait pas la splénomégalie, s’il venait à ètre dûment prouvé, que cette hypertrophie splénique constitue une manifestation exordiale, voir qu’elle peut servir de thermomètre, pour juger de l'intensité et de la permanence de l'infection. »

Nous avons vu nombre d'auteurs étudier cette splénomégalie, au point de vue de sa fréquence, de sa précocité, à toutes les périodes de l'infection.

Malgré leurs affirmations, et les observations qui les accompagnent, la recherche de ce symptôme ne s’est pas vulgarisée.

Il est vrai que c’est une percussion délicate et qu'il ne s’agit pas d’une splénomégalie au sens strict du mot, excepté dans certains cas de la période tertiaire.

Pourtant ce n’est pas un symptôme à dédaigner : sa recherche peut, dans certains cas, assurer le diagnostic, révéler l’intensité de l’affection, indiquer la valeur du traitement.

S'il est prouvé, d’une façon irréfutable, par de nouvelles recherches, que lhypertrophie splénique existe dès le début de la période primaire, sa constatation, à cette époque, permettra, dans certains cas, de porter le diagnostic de syphilis.

Il semble en effet prouvé, qu'en cas de chancre mou, l'hypertrophie fait constammant défaut: elle p’rmeitra donc, dans les cas douteux, chez des malades qui ne sont, ni tuberculeux, ni paludéens, ni lympha-

déniques, de faire le diagnostic.

À un autre point de vue, elle acquiert encore de l'importance ; ne serait-ce que pour décourager ceux qui seraient tentés de pratiquer l'éradication du chancre; car, elle prouve que ce n’est pas une lésion purement locale, qu'il est inutile, par conséquent, de l’enlever pour faire avorter une maladie déjà généra- V'ÉTCAENN

Aux périodes secondaires et teriiaires, il est prouvé, semble-t1l, qu'elle existe toujours dans les périodes actives de la syphilis, en même temps que les accidents cutanés, osseux, etc., qu’elle les précède un peu, et qu'ellesubsiste, alors que toute lésion a déjà disparu. Il serait possible donc, en surveillant un syphilitique, de très près, il est vrai, de prévoir une éclosion d’accidents, grâce à une matité exagérée.

De même, en présence d'accidents douteux, cette constatation peut être d’un grand secours, car cette hypertrophie représente comme l’adénopathie un symptôme permanent d'infection générale.

Enfin, elle peut renseigner sur la valeur thérapeutique du traitement : elle diminue sous l'influence du mercure et tant que chez un syphilitique, la rate est perçue, alors même que tous les accidents ont cédé, le traitement doit être continué, car l'infection se révèle, par l’hypertrophie splénique, comme étant dans sa période de virulence.

En un mot, La recherche du volume de la rate, dans

la syphilis acquise, mérite d'être faite.

No

Ce que nous avons dit, du retentissement des lésions spléniques syphilitiques, sur le sang de l'enfant, doit faire prévoir, que des altérations pareilles existent chez

l’adulte, avec des lésions profondes de la rate.

Malheureusement les examens n’ont pas été pratiqués d'une façon systématique, mais qu’il nous soit permis, à ce propos, de rappeler les rapports de la leucémie avec la syphilis et en particulier de citer les conclusions, auxquelles est arrivée Mile Majerczak dans sa thèse De la lymphadénie chez les syphilitiques (Paris 1902),

La syphilis est une des causes de la lymphadénie et de la leucémie : il existe, en effet, dans cette affection, un ensemble de modalités cliniques et anatomopathologiques qui révèle le tableau de la lymphadénie.

La lymphadénie, dans la syphilis, répond à deux modalités; elle est aleucémique ou leucémique. Il existe toujours avec ces états, des lésions de la rate et en particulier, une hypertrophie généralement assez considérable.

D'ailleurs si l’origine syphilitique de ces lymphadénies est probable, leur nature exacte ne peut cependant, de par l’anatomie pathologique, être affirmée, d’une façon absolue, faute de connaître la caractéristique spécifique de la syphilis.

Les manisfestations de la vérole sur le tissu Iymphoïde sont toujours graves, elles accompagnent en même temps des syphilis tenaces et, dans le pronostic et le traitement de ces affections, il y a lieu de tenir

compte de ce fait, que le traitement spécifique mixte est souvent mal toléré et expose à l’intoxication.

La symptomatologie de la spyhilis splénique héréditaire tardive, n’a rien de spécial. Nous avons vu que les lésions, au point de vue histologique, étaient analogues à celles qu'on observe dans la syphilis acquise En clinique ces lésions se traduisent aussi par l’hypertrophie.

La splénomégalie peut apparaître tardivement dans l'hérédo-syphilis, voilà un fait acquis.

M. le professeur Fournier dans sa statistique personnelle, en a relevé une quinzaine de cas sur des sujets de 7 à 23 ans, etil en cite trois exemples fort concluants.

On doit connaître ces faits, se les rappeler, car ils peuvent être cause d'erreur de diagnostic.

Carslaw (1) en 1895 signale un fait analogue : il s'agissait d’un sujet de 18 ans, syphilitique héréditaire chez lequel il avait trouvé une rate de 22 centimètres de long, sans aucun accident spécifique actuel. Et, à ce propos, Hawthorne faisait remarquer, qu’en présence d’une hypertrophie splénique, il faut toujours songer à la possibilité d’une étiologie syphilitique: d’après cet auteur, la splénomégalie assure le diagnostic de syphilis héréditaire et il rapporte un cas dans lequel, à côté de celle-ci, il n’existait que les dents d'Hutchinson et

quelques opacités cornéennes.

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