‹ Syphilis Du CœurChapitre 13 sur 15 · OR LE · texte numérisé non relu

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malade, et cette prédisposition aux œdèmes et à V’albuminurie, je fus incliné à m'arrêter au diagnostic de myocardite syphilitique. Le traitement fut institué, (2 grammes d'IK, par jour, puis 4 gr.).

Au bout de quelques jours, l'asthme s’atténua considérablement ; l’albuminurie disparut; le sommeil devint plus calme ; la vigueur mentale reparut ; mais l’arhythmie persista quoiqu’elle se fût déjà considérablement régularisée.

Le 8 août, c’est-à-dire un mois après le début du traitement, l’état du malade devient méconnaissable. L’appétit et le sommeil sont devenus normaux; le pouls ést à 78. Le malade se promène et n’éprouve point d'accidents asthmatiques. Les signes de la stase dans la petite circulation ont disparu ; l’arhythmie est moins prononcée ; les caractères de l’ondée pulsatile sont complètement transformés. Simultanément avec l'amélioration des symptômes asystoliques s’est arrêtéc la transpiration qui était si pémible pour notre malade. |

Le 32 août, c'est-à-dire six semaines après le début du traitement, le malade nous quitta avec une amélioration indubitable de son état général. Les accès d'asthme, accompagnés d'angoisse mentale et de douleurs dans la région du cœur ont disparu, ainsi que les sueurs intensés, l’œdème et la céphalalgie. Les irrégularités dans l’activité du cœur se sont atténuées considérablement, et les bruits cardiaques sont devenus plus nets. Dans ces conditions, le malade, se sentant guéri, repartit pour Saint-Pétersbourg.

Observation VII

Syphilis du cœur (Bogosslowsky. Bull. g. de Thérapeutique, 1801)

Le malade de Sch..., âgé de 58 ans, est entré à Essentouki pour palpitations de cœur, faiblesse générale s’accentuant graduell ement, sueurs abondantes et chute de cheveux.

L'examen objectif donna les résultats suivants: poitrine légèrement enfoncée, muscles insuffisam- # ment développés, peau couverte de sueurs profuses. < La percussion des poumons fait découvrir, dans les parties postérieures et supérieures, des râles qui se 23 reproduisent un peu en bas, mais disparaissent com- Re plètement dans les lobes pulmonaires inférieurs. Le =. choc du cœur ne s’aperçoit pas à la vue; la matité cardiaque commence à la troisième côte ; sur la hgne mamillaire, les limites de cette matité ne sont pas Ve imettes La palpation montré que le choc du cœur est Min #1 fün peu disloqué vers la ligne mamillaire : le pouls est “irrégulier, à 90; pas de souffles : Ph yihonte est bien prononcée. Les bruits cardiaques sont affaiblis ; quant au deuxième bruit aortique, il présente un léger timbre métallique ; V élasticité des parois abdominales est normale ; parfois le malade devient constipé ; la matité absolue du foie commence à la 5° côte. Le scrotum est gangreneux, avec formation d'une cicatrice. Quant aux organes des sens, il faut noter.

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les bruits de longue durée que le malade perçoit dans l’oreille gauche. Le sommeil est insuffisant. Le réflexe patellaire est aboli, tandis que les réflexes des extrémités supérieures sont normaux. Les urines sont acides ; leur poids spécifique est 1017; elles ne contiennent ni albumine, ni pigments biliaires, n1 sucre. Les parties solides sont égales à 39,6; 1l y a 20,5 d’urée, et 12,8 de chlorures. L'acide phosphorique est égal à 2,1 ; l’acide sulfurique est représenté par 1.8, et l’azote par 8,4. Dans les sédiments urinaires, on ne trouve rien d’anormal. excepté du mucus et des cellules épithéliales plates.

Dans son enfance, le malade travaillait beaucoup, exerçant l’emploi de commis; puis, devenu patron de son commerce, il gère en ce moment ses

affaires commerciales, aidé de ses enfants qui sont au

nombre de dix. Il aurait eu, 3< ans auparavant, un chancre induré, avec adénopathie inguinale. Il fut

alors traité légèrement. Quatre mois avant son arrivée aux eaux minérales, il eut de la gangrène du scrotum

et de l’œdème du pénis suivis d’une fièvre très forte

(40°). Cette gangrène était probablement le résultat

de la syphilis d'autrefois. .

Sch... faisait souvent abus de Doistoas alcooliques et de tabac IL 80 nait deux ou trois ans après la cessation de son traitement antisyphilitique. Sa. femme n’eut pas de fausse couche; mais un de ses enfants eut quelque chose au cerveau, et il a une fille

de 12 ans qui est idiote. “.

Toutes ces donnéés nous prouvent que, dans

l’anamnèse de notre malade, il y a assez de raisons.

En dits

. pour admettre que son affection cardiaque tardive est d’origine spécifique.

Le malade fut soumis à l’eau d'Essentenki, à l'iodure de potassium, à la digitale et au convallaria. Ce traitement fut ainsi poursuivi pendant six semaines. ‘Au bout de ce temps, le malade ressentit une amélioration qui peut se résumer par les résultats suivants : pouls à 72, arhythmie moins prononcée, sueurs et asthme considérablement diminués, appétit amélioré, nausées et renvois . disparus, chute des cheveux arrêtée.

Observation VII

Syphilis cardiaque (De Massary, Bull. la Société de Biologie on

Malade entré à Necker, É 3 décembre 1894, avec tous les signes d’une affection cardiaque én apparence classique. | CAE

Les symptômes observès étaient ceux que l’on rencontre habituellement dans l’asystolie; mais il existait cependant particularités dignes se rapportées.

En premier lieu, on put observer, pendant toute: la durée de l’attaque d'asystolie qui se termina par la mort le 26 décembre, l'existence d’un pouls lent, permanent ; malgré tous les stimulants cardiaques, le nombre des pulsations du cœur, ne GÉparse pas 38. par minute.

Le 40 LP

En second lieu, on remarqua l'existence d’un souffle systolique dont le maximum ne correspondait pas à la pointe, mais à la partie moyenne du ventricule ; ce souffle avait un timbre râpeux, rude, et s’accompagnait d’un piaulement musical, surtout perceptible au niveau du bord gauche du sternum.

‘état du malade se maintint stationnaire pendant un certain temps; puis des signes d’affaiblissement du cœur apparurent, et le 26 décembre, le malade mourut subitement.

À l’autopsie, le cœur, vu extérieurement, présente la forme et l’aspect du cœur de Traube : le ventricule gauche, énorme et dur, constitue les trois quarts de l'organe, et porte appendu sur son côté le ‘ ventricule droit dont les dimensions sont moindres. Il n’y à pas trace de péricardite, ni de plaques laiteuses ventriculaires.

L’endocarde est sain partout, sauf sur une zône

exactement circonscrite; il existe une large plaque

jaune, uniformément épaissie et de consistance quasi-

cartilagineuse, qui s’étend depuis l'insertion des valvules sigmoïdes aortiques jusqu'aux muscles papil-

laires antérieurs, en englobant la grande valve de la valvule mitrale : en arrière, elle envahit la cloison Fo he à la partie supérieure de laquelle elle acquiert une épaisseur considérable. Il en résulte

un canal rétréci sous-aortique dont les parois sont :

transformées en un tissu fibreux et rigide. Nul doute

que c’est en ce point que la colonne sanguine produi-

sait le souffle râpeux entendu pendant la vie et dont le

foyer maximum ne répondait exactement ni à la

DOUTE du cœur, ni à la base.

A la partie supérieure et antérieure du ventricule gauche, on constate au niveau de l’orifice auriculoventriculaire une saillie qui correspond à un épaississement énorme de la paroi ventriculaire.

Cette tuméfaction bombe également en dedans de la cävité ventriculaire, et contribue à compléter le rétrécissement sous-aortique dont nous venons de parler.

Sur une section de la partie ainsi déformée, on dècouvre une tumeur arrondie ou plutôt ovoïde de 5 centimètres environ de diamètre, plus grosse qu’un œuf de pigeon. Sa consistance est élastique et ferme; le centre de la néoplasie est de couleur jaunâtre et d'apparence caséeuse; la périphérie est manifestement fibreuse et translucide, entourée d’une zône embryon- ” naire où serpentent de nombreux vaisseaux sanguins; les portions centrales sont exangues et en état de regression. Le tissu musculaire du myocarde est à ce niveau aminci; les fibres, surtout celles qui sont immédiatement contiguës à la tumeur, ont un aspect jaunâtre, pâle, et sont dissocièes; les autres sont rouges et paraissent saines. Le reste du ventricule est hypertrophié ; mais la fibre musculaire n'offre pas d’altérations apparentes. Les reins sont réguliers, bosselés, parsemés de petits kystes ; ils ont l’aspect de petits reins granuleux bien plutôt que de reins cardiaques ; la capsule est adhérente. A la coupe, les pyramides sont injectées, tandis que la” substance corticale est pâle et atrophiée. La rateest petite, scléreuse. Le foie a les caractères du foie muscade, chroniquement congestionné. Les poumons sont engoués, : ne présentent aucune granulation tuberculeuse.

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La coupe histologique de la tumeur cardiaque a été faite de manière à comprendre le centre de la tumeur, une portion de sa périphérie, la partie de la paroi ventriculaire située en avant et enfin le péricarde viscéral. Le fragment de la tumeur est resté deux mois dans le liquide de Müller, puis a.subi l'inclusion dans la celloïdine : les colorations employées ont été les suivantes : hématoxyline avec éosine, hématoxyline avec carmin.

La tumeur estlcomposée de deux parties bien distinctes : l’une qui est centrale, l’autre qui est périphérique.

1° La partie centrale est en pleine dégénérescence caséeuse ; la coloration est diffuse ; aucun

élément cellulaire n’est reconnaissable ; aucun détri=.

tus nucléaire n’est coloré par l’hématoxyline.Cependant, quelques filaments vagues donnent à cette

masse caséeuse un aspect plus fibreux que celui pré- :

senté généralement par le centre dégénéré d’une gomme tuberculeuse. Vers la périphérie, apparais-

sent peu à peu des détritus de noyaux colorés en.

bleu par l’hématoxyline.

2° La zone périphérique est constituée par des.

amas de cellules embryonnaires à noyaux fortement colorés ; ces cellules s’infiltrent dans les interstices que laissent entre elles les fibres musculaires qui, dans cette zône, se colorent mal et ont perdu leur

striation. -

Des vaisseaux capillaires s’avancent jusque dans

cette zône périphérique où ils restént perméables

sur une certaine partie ce leur trajet ; puis ils dis-

paraissent.

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Au-delà de cette tumeur principale, on rencontre dans les interstices musculaires des nodules formés de cellules embryonnaires. Ces nodules n’ont pas subi de dégénérescence caséeuse centrale : ils sont, du reste, sillonnés par des capillaires remplis de globules sanguins. Les fibres musculaires situées au-dessous du péricarde viscéral, c’est-à-dire à quelque distance de la tumeur, sont saines et ne présentent pas trace de dégénérescence graisseuse.

Dans la couche conjonctivo- vasculaire souspéricardique se rencontrent encore un ou deux nodules formés de cellules embryonnaires et situés à la périphérie des vaisseaux dont les lumières restent libres.

Quelle est maintenant la nature de ce néoplasme? On ne peut évidemment hésiter qu'entre la gomme syphilitique et la gomme tuberculeuse. Or, tout porte à considérer la tumeur présente comme étant de nature syphilitique.

Les arguments qui militent en cétte faveur sont les suivants :

1° Aspect fibroïde du centre dégénéré ;

2° Perméabilité des vaisseaux capillaires dans les nodules embryonnaires de la périphérie, fait qui, d’après MM. Cornil et Ranvier, est très-important pour distinguer la gomme syphilitique de la gomme tuberculeuse.

Enfin, il faut noter deux symptômes négatifs qui ont aussi beaucoup d'importance : d’une part,

l’absence de cellules géantes dans toute l'étendue de

la préparation, et, d'autre part, l'impossibilité abso- lue de décéler la présence du bacille de Koch.

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Conclusions

1° La syphilis cardiaque est rare.

2° C’est une manifestation tertiaire de la syphilis, venant ordinairement huit à dix ans ans après l’accident primitif.

3° La syphilis cardiaque est acquise (majorite des cas), ou héréditaire (rareté).

4° Au point de vue anatomo-pathologique les lésions peuvent être divisées en :

a. — Lésions spécifiques.

b. — Lésions non spécifiques,

5° Les lésions spécifiques portent, par ordre de fréquence, sur le myocarde, l’endocarde et le péricarde. |

6° Les lésions myocarditiques peuvent être scléreuses, gommeuses et scléro-gommeuses.

À. — Les lésions scléreuses se présentent sous les différents aspects suivants |

a. — Myocardite interstitielle diffuse.

b. — Placards blancs grisâtres ou nodulés, cartilaginiformes.

c. — Bandes scléreuses contenant le plus souvent dans leur intérieur des gommes microscopiques.

d. — Sorte de pyramide scléreuse à base périphérique.

B. — Les sommes du myocarde peuvent sièger

n'importe où. Généralement elles existent dans le ventricule gauche, respectant ordinairement les orifices et les valvules. Elles sont multiples ou uniques, arrondies. de volume variable, de consistance ferme, de coloration grisâtre ou jaunâtre, sèches à la coupe et toujours entourées d’une zone scléreuse. Ces gommes peuvent se ramollir, se résorber ou ulcérer les parties avoisinantes.

C. — Les lésions scléro-gommeuses ne sont qu un mélange des deux lésions précédentes.

7° Les lésions endocarditiques peuvent être isolées Fe ou associées à des lésions du myocarde.

Ellés peuvent être partétales (grande fréquence) ou valvulaires (rareté). “he

Ces lésions se DÉSSciEAt sous les HApeCES sui- | Ee vants : AAA Es

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8 Les lesions péricarditiques sont très rares. Elles peuvent présenter les aspects suivants :

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