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leurs des membres inférieurs. Encore -une fois la digitale et les diurétiques ont raison de ces manifestations. Le 3 mars 1880, on constate que le souffle n’est plus exactement diastolique, mais s’est rapproché du premier bruit; en outre, il a son maximum non plus à la pointe, mais au niveau de l'artère pulmonairé ; le cœur est un peu dilaté, et les pulsations épigastriques ont acquis une certaine intensité. C’est alors que des phénomènes d’un nouvel ordre viennent jeter une vive lumière sur la nature des accidents
cardiaques. On constate à la face antérieure du tibia
droit une périostite douloureuse, des cicatrices récentes sur le bord de la langue, des ulcérations au dos. Le malade, interrogé, répond que neuf ans auparavant, 1l a été traité pour un chancre suivi de roséole, et que plus tard il s’est cru suffisamment guéri pour se marier. En présence de ces faits, on donne de l'iodure de potassium, et au bout de huit jours, les douleurs de la jambe disparaissent.
Le 22 juillet, on ausculte le malade, et on trouve
la pulsation anormale du ventricule droit notable-
ment diminuée ; le souffle persiste encore. On prescrit des frictions mercurielles et des bains sulfureux, plus tard de l’iodure de fer ; au mois de novembre, on reprend l’iodure de potassium.
Le 6 décembre, nouvel examen : le souffle cardiaque est plus faible, les bruits sont mieux frappés et plus distincts ; les palpitations ont cessé ; le pouls encore un peu mou, est devenu régulier ; en même temps la respiration est plus libre.
L’albuminurie. l’œdème des membres. nfeneu rs:
tous les phénomènes de stase sanguine ont cessé.
a 49 us
Observation III
Myocardite syphilitique (Mannino, giorn. Ital. delle mal. vener e della pelle, décemb. 1881).
Homme de 36 ans, admis dans le service de Fré-
derici pour des troubles graves de la respiration. Antécédents syphilitiques avérés, remontant à 8 ans. Le malade avait toujours joui d’une bonne santé lorsque quelques mois avant son entrée, il éprouva des
troubles respiratoires qui allèrenten croissant et fini- à rent par lui interdire tout travail.
À son arrivée à l’hôpital, on constate que le ven-
tre est ballonné, les deux jambes œdématiées, couver-
tes de taches cuivrées et is petits ulcères. Les joues, les lèvres, le nez sont violacés : les veines du cou
sont iuredesse ; les battements artériels, même au
poignet, sont imperceptibles. E Toux pénible, angoisse respiratoire profonde,
te
‘battements du cœur irréguliers. Les pulsations sont très nettement perçues à l’épigastre ; le cœur ne
paraît pas hypertrophié : mais à la'pointe, le premier
bruit est sourd, accompagné d’un faible bruit de Fe souffle. Râles muüqueux dans les deux poumons CRE | légère hypertrophie du foie et de la rate ; urine alpie 5 inineuser 240 EU SP # “ar On dobnosudue, une ue d’ origine pro-. & bablement syphilitique. La mort. survient ausiques . JOBiE plus ardr, :
ra
À l’autopsie, le péricarde contient trois onces de sérosité claire. Le cœur a une forme globuleuse, l’hypertrophie occupant surtout le ventricule gauche. A la face antérieure du ventricule droit, traînée fibreuse indurée de 8 centimètres de long sur 3 de large ; au ventricule gauche plaque indurée de la dimension d’une pièce de 5 francs ; petites plaques de même nature à la surface du cœur. Une corde fibreuse dure, noduleuse s’étendait sur la cloison interventriculaire ; l’endocarde présentait quelques plaqués opaques.
A l'examen microscopique, toutes ces parties présentaient les caractères de la myosite syphili-
, tique.
Le Observation IV
Syphilis du Fe (Teissier père, Annales de Dermatologie et de Syphiligraphe, juin 1882).
Une prostituée alcoolique, âgée de 27 ans, d’ap- -parence vigoureuse et sans autres antécédents morbides que des plaques muqueuses et un peu d'oppression quand elle marchait vite, fut prise, quelques heures après son diner, de coliques d'estomac et de ventre, puis d’une oppression qui alla rapidement en’ augmentant. La mort survint par asphyxie progressive en quelques heures.
- A l’autopsie, à part l’'œdème marqué des pou- .__ mons, on ne trouva de lésions que dans le cœuretles j sn Guérin : 3
reins. Péricarde sain, cœur non hypertrophié et nullement graisseux; pas de lésions d’orifices, sauf quelques petites végétations sur les valvules sygmoïides de l’aorte, sans rétrécissement. Ventricule gauche à peu près normal, si ce n’est un certain degré à d’endocardite scléreuse avec myocardite interstitielle sur la cloison et la face postérieure. Ventricule droit profondément altéré ; ici, l’endocardite scléreuse est infiniment plus étendue qu’à gauche; sur la face antérieure et sur la cloison, l’endocarde est blanc jaunâtre, épaissi ; le pilier antérieur de la tricuspide
| parait entouré d’une membrane fibreuse, blanche. | à analogue à l’albuginée. La paroi antérieure du ven- Si tricule, dans sa moitié supérieure, a perdu l'aspect x musculaire; elle est d’un blanc grisâtre et crie sous 4 -” le scalpel ; de plus, on y trouve, à la coupe, de petites 3
masses lenticulaires blanc de lait, tranchant, par leur coloration, sur le fond gris et demi-transparent de la paroi. Ces nodules blancs se retrouvent sur le . pilier de la tricuspide, dans la paroi postérieure et en .daus la cloison; il en est qui ont six à sept millimè- ‘AE AA tres de diamètre. Les uns sont plongés dans le tissu et 4 sclérosé ; les autres entourés par du tissu cellulaire ns normal ; ils sont tous d’un blanc laiteux uniforme, d'aspect caséeux, de consistance ferme, sans trace de ramollissement même au centre. L'examen histologique fait par Colrat montra que ces petites masses étaient des gommes du cœur ; les autres lésions étaient celles de la myocardite interstitielle avéc endo je Ho : et périartérite. Il n'y avait point de myosite paren- DM NN MEN nateuse nier fibres musculaires étaient simple-. l Run ment atrophiéess |
2e de
Observation V
Gomme du cœur (Loomis, New-York Med.
Record, 1888),
A l’autopsie d’une fille morte de pneumonie, à l’âge de 20 ans, on trouva dans le cœur deux tumeurs intra-musculaires, siégeant dans la cloison interventriculaire, l’une près de l’orifice aortique, l’autre près de la pointe. Le microscope montra le centre de
* chaque tumeur en nécrose de coagulation, tandis que la périphérie était formée de petites cellules rondes qui s’infiltraient entre les fibres musculaires voisines. D’après Pruddon, il s'agissait là d’une gomme.
Observation VI
Syphilis du cœur (Bogosslowsky. Bulletin de Thérapeutique 1891. p. 538).
170 | J. P- homme robuste, âgé de 45 ans, fut envoyé de St-Pétersbourg à Essentouki pour y faire sa cure, à cause de pléthore abdominale, accompagnée de palpitations violentes et d’ asthme. | La maladie actuelle se développa à son maxi- ° mum dans Fe sept derniers mois.
bouffissure et l’&dème bien marqués dans lés régions
-charlatan. Celui-ci l’avait alors soumis à un traite-
festations de la vérole.
ET
J. P. marchand par sa profession, avant le début: de cette affection, menait une vie assez active et variée, ne se refusant pas parfois l’abus des boissons alcoolique. Son état morbide subit une aggravation qui se manifesta par des excès fréquents de céphalagie et d'asthme, combinés avec des palpitations, de l’arhythmie du cœur et de l’angoisse mentale. Le malade s'adressa alors au docteur Botkine qui le mit à la diète lactée et à la digitale.
Sous l'influence de cette thérapeutique, le malade, dans l’espace d’un mois, maigrit considérablement; mais les accès te ne furent pas complètement guéris. Aprés une enquête soigneusement établie, on apprit que le malade avait été, quinze ans auparavant, atteint de syphilis, et que, dans ces circonstances, 1l s'était confié aux soins d’un
ment, sous l'influence duquel les accidents syphiliti- : Sa ques avaient complètement disparu. Depuis lors, il n'avait plus observé chez lui le retour des mani-
Examiné pour ses palpitations et son asthme, le PE malade a de la pléthore abdominale : il se plaint d’a- 56 voir de l’asthme en marchant sur une surface plane. 4 Parfois, il éprouve des phénoménes d’angine de | poitrine. Les téguments extérieurs sauf la päleur, la
malléolaires, ne présentent rien de particulier, On observe aux pieds des varices et des traces de cicatrices anciennes. | | à k
Le malade a perdu sa chevelure à un âge très précoce ; sa peau est couverte de sueurs très abon-
En on
dantes. Le pouls à 84, très irrégulier, La systole du cœur est impalpable, même après une marche préalable. La matité cardiaque est un peu augmentée vers le côté droit: les bruits du cœur sont faibles : mais on ne perçoit pas de souffles.
Le second bruit de l'artère pulmonaire est un peu accentué. La percussion de la région pectorale donne des résultats négatifs. L'auscultation dévoile dans la partie postérieure du thorax des râles secs. disséminés. La température n’est pas élevée. Les dimensions du foie et de la rate sont normales.Les urines contiennent de l’albumine ; le malade est constipé: mais il a un appétit assez suffisant. Le sommeil est inquiet, interrompu par les accès asthmatiques. |
‘état mentalest celui d’un hypocondriaque. Cette complexité des symptômes pouvait faire penser à l’infiltration graisseuse du cœur. Pour adopter ce diagnostic qui amène consécutivement les mêmes symptômes correspondant au début de la dégénéreseence cardiaque, on manquait pourtant de données nécessaires, car notre malade n’appartenait pas à la caté-
gorie des individus gras, et la matité cardiaque n’était
pas considérablement angmentée. Les affections cardiaques valvulaires devaient être exclues, faute de bruits de souffles et autres signes physiques du côté du cœur. ane
On pourrait songer dans ce cas à une simple myocardite chronique avec dégénérescence secondaire du muscle cardiaque. en se basant, entre autres choses, sur l'abus des boissons alcooliques. Mais, vu l’arhythmie saillante du pouls, les attaques asthmatiques provoquant à chaque mouvement l’anéantissement du