PRÉSIDENT DE THÈSE
R LE PROFESSEUR C. POTAN
mb Académie des Sciences
Historiq ue
Difficulté du diagnostic. — La syphilis du cœur est intéressante à bien des points de vue, non seulement à cause de la difficulté de sa clinique, mais encore à cause de son étude anatomo-pathologique. Il est extrémement difficile de diagnostiquer cette lésion, non seulement au point de vue clinique, mais encore au point de vue anatomo-pathologique, sur la table d’amphithéâtre, surtout lorsqu'il s’agit de lésions scléreuses du myocarde. Ici, rien de caractéristique, rien de bien saillant qui permette d’affirmer la spécificité de la lésion. à
Aussi, combien d'observations tenues pour des observations de sclérose syphilitique cardiaque, qui n'étaient que de la vulgaire myocardite scléreuse.
Auteurs qui se sont oecupés de myocardite syphli-
tique. — La syphilis du cœur est une découverte
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moderne. Bien que des lésions syphilitiques aient été reconnues par Boerhave, Astruc, Morgagni, il faut arrriver à Ricord et à Corvisart pour avoir quelques cas bien authentiques de syphilis cardiaque.
Lebert et surtout Virchow signalent l'existence de lésions syphilitiques du myocarde; puis, la question est spécialement étudiée par Wagner. Lancereaux s’est eflorcé de déterminer les caractères anatomiques et cliniques qui distinguent la myocardite syphilitique de celle qui relève du rhumatisme ou de l’alcoolisme. Depuis lors, l’histoire de ces déterminations myocarditiques de la vérole a été l’objet d’un certain nombre de travaux, parmi lesquels nous citerons ceux de Marchiafava, Mannino, Henderson, Jullien qui a collecté sans se montrer peut-être assez sévère, les faits publiés pour en faire l’analyse, Mauriac, Grenouiller. Lang, Buchwald, Schwalbe, Newton
Pitt, Nekam, Zacharine, Lacharjin, Bogoslowsky, Green, Mracek… C’est d’après l’ensemble de leurs descriptions
que l’on-peut esquisser une étude de la syphilis du CŒUr. Lt
Étiologie
Il y a bien peu de chose à dire au point de vue étiologique.
1° Rareté. — Un point à noter, c’est la rareté de la syphilis du cœur, comme la rareté de la syphilis musculaire en général. Est-ce à cause dé la grande
irrigation du cœur? Est-ce à cause de sa grande
nutrition ou de son activité toujours mise en action ?
La cause intime reste encore inconnue; ce que l’on connaît bien, c’est la rareté de la syphilis du cœur. Les statistiques des différents auteurs sont variables à ce point de vue là. Si l’on élimine les cas douteux, les vraies manifestations syphilitiques du cœur
peuvent être actuellement réduites à 30 cas (Jullien),
à 41 cas (Lang), à 102 cas (Mracek).
2". Age. — L'âge des maladesest des plus variablés; cependant le plus grand nombre de faits se rapporte à des sujets âgés de 20 à 40 ans.
Chez le nouveau-né, la syphilis héréditaire est
parfois une cause de lésion cardiaque, comme en font
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foi les observations de Rosen, Coupland, Kartzow,
Parrot, Morgagni, Wendt, FϾrster.
3, Sexe. — [Le sexe masculin semble être plus souvent frappé : sur 31 cas, il y en a 16 qui appar-
tiennent seulement à des femmes.
4. Période de l'infection.— La syphilis cardiaque a été observée à diverses périodes de l’infection. Dans une observation d’Hutchinson et dans plusieurs autres, il est dit que le malade était dans la première année de la vérole ; quelques faits se rapportent à la deuxième année.
Plusieurs de ces cas peuvent être contestés ; mais il est probable que, comme les myosites en général, la myocardite scléro-gommeuse peut être un accident précoce. Il n’én est pas toujours ainsi. car on a vu la syphilis cardiaque survenir 8 ans (Buchwald), 11 ans (Jullien), 14 ans (Virchow, Morgan), après l’infection.
Dans la grande magorité des cas, la syphilis cardrague coïncide avec les mantfestahons tertiaires. Dans la majorité des cas, c’est 8 ans après le chancre qu'apparaît la syphilis cardiaque,'Les malades, dans cet intervalle de temps, avaient été en proie à des accidents multiples, ou étaient restés indemnes en apparence ; quelques-uns avaient déjà subi de grands
désordres de la nutrition quand le cœur a été atteint.
Anatomie pathologique
L’anatomie pathologique est le grand point de la syphilis du cœur ; aussi insisterons-nous beaucoup sur ce chapitre.
Les lésions signalées dans la syphilis du cœur sont diverses. Elles peuvent porter sur le péricarde, l’endocorde, le myocarde. De ces lésions il y en a qui sont fréquentes : ce sont les lésions myocarditiques; d’autres sont très rares: ce sont les lésions péricardiques et endocardiques. Ces-lésions peuvent être isolées ou associées, ce qui complique encore l’aspect.
Nous étudierons ces lésions séparément, en commençant par les plus fréquentes-qui sont les lésions myocarditiques.