HISTORIQUE
L'histoire de la Syphilis du Testicule peut être divisée en deux étapes : avant et après Reclus. Avant Reclus : tout. Après Reclus : peu de chose.
[. Avant Reclus Jusqu'au XVIe siecle.
C'est la nuit complète : affections vénériennes, scrofule, cancer, tout est confondu. Et la meilleure description de la future Syphilis du Testicule se trouve sous la plume de ME Rabelais, qui a dû être plus d’une fois appelé à donner ses soins ( aux vérolez très précieux » de l'époque.
Dans le chapitre XXVIIT du Tiers Livre, dit M. Albarel, qui cite lui-même À. Paré, frère Jean des Entommeurs répond à la litanie que vient de lui débiter Panurge. C'est alors une succession d'épithètes les unes plus pittoresques que les autres et qui stigmatisent signes et évolution du testicule syphilitique.
On y lit : « C. Basané, C. vietdazé (en languedocien, verge d'âne), C. Fusté (dur comme du bois), C. corneté, C. chétif, C. matafain (le testicule est ramolll comme du mate faim, gâteau de pâte lourde rassasiant vite), C. estiomené (purulent), gersé. »
Plus tard on peut suivre le calvaire du vérolé :
« C. mariné, esgoutté, ventousé, dévalizé »
Et quand les fonctions génitales diminuent c'est : « C. rétif, rance, constipé » : enfin : (esrené, assassiné, C. de zéro » lorsque l'impuissance devient définitive.
Ce n'est pas très flatteur pour Panurge !
Au XVI siecle :
Une lueur dans la nuit. Les affections des bourses sont séparées de la scrofule et du cancer. Mais pendant de très longues années, on continue à confondre vérole et blennorragie. C’est le règne des auteurs identistes. Leurs descriptions sont si vagues, qu'on ne regrette pas de les négliger.
À la fin du XVIIT® siecle :
Ces deux affections, si longtemps unies, vont être séparées. Après une tentative d’Asfruc et de Hunter, B. Bell, en 1793, prononce définitivement leur divorce.
Quelques années plus tard, Astley Cooper, puis Dupuytren apportent leur confirmation, et ce dernier a le grand mérite de préconiser le traitement d'épreuve, dont la loi nous régit encore.
Tout le début du XIX® siècle fut marqué par une période de tâtonnements, ce qui se voit assez fréquemment dans les différents chapitres de la pathologie.
En France Boyer, Roux, Velpeau même, apportent une incertitude dans la description du Testicule syphilitique.
Curling en Angleterre, donne dans son traité, un tableau saisissant de la Syphilis du T'esticule. Malheureusement, c'est également celui de ce qu'il appelle « l’orchite chronique.». Et cette confusion bien remarquée par Gosselin, qui a annoté et traduit ce livre, ne favorise pas la question.
Enfin Ricord vint.
En 1840, reprenant la tradition de Bell et de Cooper, il précise la symptomatologie du sarcocèle syphilitique : l’Albuginite. Il
‘décrit la gomme du Testicule et les lésions épididymaires. Malheu-
reusement Ricord brûle bientôt ce qu'il avait adoré, et sans raison, la gomme syphilitique du Testicule et l'Epididymite syphilitique perdent leur droit de cité. Pendant 40 ans — à part quelques: rares protestataires (Hélot) — tous les auteurs s’inclinent devant l'opinion du grand syphiligraphe.
Cependant en 1863, Dron décrit l'Epididymite qui porte son nom et à laquelle les auteurs, qui lui ont succédé (Fournier excepté), n'ont apporté que des incertitudes.
Plus tard Lancereaux et Virchow donnent une étude remarquable de la gomme.
Si le début du XIX® siècle vit les premiers pas de la Syphilis du Testicule, la fin en fut son âge d'or.