‹ Syphilis du TesticuleChapitre 3 sur 65 · HART RARE · texte numérisé non relu

HART RARE

En 1881, Tedenat publie de très intéressants articles sur ce sujet, et Minière donne dans sa thèse l'avant-propos de ce qui allait paraître un an plus tard (1882) sous la plume de Reclus.

Reclus précise la symptomatologie du testicule syphilitique, en décrit une forme inflammatoire, rattache définitivement à la Syphilis la gomme et le Fongus,. et avec Malassez, en fixe l'anatomie pathologique, à laquelle aujourd'hui encore 1] reste peu à ajouter.

À Rohmer échut en 1883, la tâche ingrate de se livrer à la critique de l'œuvre de son illustre prédécesseur. Mais la critique ést malaisée quand l'œuvre est excellente. 5

Bien qu'il s'en tirit parfaitement, il ne risquait point de lui porter ombrage.

Le nom et l'ouvrage de Reclus devaient éclipser tous ceux qui l'avaient précédé, comme tous ceux qui lui ont succédé.

Il. Après Reclus

L'histoire de la Syphilis du Testicule sera brève.

En 1913 Barraud y préconise le traitement arsenical. Mais c'est à notre époque M. Chevassu qui, soit dans ses leçons, soit dans ses écrits, est, sans conteste, l’auteur qui a le plus puissamment éclairé de sa grande expérience, la localisation testiculaire du Trépomène.

L'étranger nous a paru être quelque peu en retard.

En Allemagne 3 thèses ont précisé la Syphilis du Testicule : celles de Peters, de Micheel, de Butchkus.

En Itahe l'étude de la Syphilis testiculaire clinique (Tanturri, d' Amato) cède le pas à celle de la Syphilis testiculaire expérimentale (Ossola Truffi).

En Amérique l’histoire du Testicule syphilitique est de date récente. Ces dernières années ont vu paraître de nombreuses revues générales sur ce sujet.

Les noms de C. Williams, Ravogli, Thompson, Symmer, Herman lui sont attachés.

De sorte qu'en définitive, de ce qui précède, on peut conclure que l’histoire de la Syphilis du Testicule est essentiellement française.

L'Etude de la Syphilis expérimentale du Testicule est intéressante à un double point de vue.

1° Elle peut éclairer dans une certaine mesure l'étude de la Syphilis testiculaire ;

2° Elle permet l'étude de la Syphilis expérimentale en général.

Tracer l’histoire de l’une, c’est rappeler en partie l’histoire de l'autre.

La Syphilis expérimentale a été scientifiquement inaugurée dès 1903 (soit 2 ans avant la découverte du Spirochaeta pallida) par Roux et Metchnikoff.

Elle a été reprise avec succès par Neisser. Grâce à ses recherches, cet auteur eut le mérite de montrer que des différents organes d'un singe syphilisé, la moëlle osseuse, la rate, les ganglions, mais surtout les testicules étaient infectieux.

L'inoculation de substances testiculaires lui donna des résultats positifs même dans les cas où les inoculations avec les autres substances, moëlle, rate, etc. étaient restées sans succès.

Le testicule lui apparaissait, donc, comme un véritable dépôt de virus.

Jusqu'alors, les expérimentateurs employaient pour leurs recherches, les singes anthropoïdes, animaux coûteux difficiles. à manier, bref incommodes.

C'est pourquoi Bertarelli eut l'idée de s'adresser au lapin qui, tout en conservant à peu près les avantages du singe, n'en avait pas les inconvénients.

Il imoculait la cornée de cet animal, mais très rapidement l'on se rappela qu'il existait un organe beaucoup plus sensible: au virus syphilitique : le testicule.

Parodi procéda le premier Re de testiculaire du lapin. Il constata qu'elle produisait des infiltrats durs dans lesquels il lui fut aisé de découvrir le tréponème.

Hoffmann, Læœbe, Truffi, Ossola, Mezincescou et nombre d’autres répétèrent ces expériences, qui depuis Uhlenluth et Mulzer sont

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devenues la méthode classique pour l'étude de la Syphilis expérimentale.

Il convient de revenir sur quelques-unes de ces recherches. Mais d’abord comment se présente la Syphilis expérimentale du Testicule ?

19 La Syphilis du Testicule du lapin succède, soit à une inoculation dans le parenchyme testiculaire. soit à une inoculation dans la peau du scrotum ;

2° Les produits d'inoculation sont des produits humains virulents de Syphilis acquise ou même de Syphilis héréditaire (Max Koch) ; quelquefois des cultures impures (Bruckner et Galacesco), d’ autrefois, des cultures pures de tréponèmes (Noguchi). La transmission en série est facile et le devient de plus en plus, au fur et à mesure des passages sur le lapin. Après une incubation de 8 à 12 semaines pour les premières inoculations, de 4 à 6 semaines pour les passages, apparaissent dans environ 70 0/0 des cas, les signes de la lésion primitive.

Quand l'inoculation est strictement scrotale, on voit à l'endroit inoculé ou dans les environs immédiats un ulcère scrotal chancriforme.

Quand l'inoculation est uniquement testiculaire, on voit es les Jours qui suivent, un gonflement de la glande avec infiltration diffuse, rétrocédant rapidement (Wezincescou).

Dans les deux cas, à date à peu près similaire (et même quelquefois après une latence de 2 ans, chez un lapin inoculé au scrotum, ZTruffi) apparaissent les lésions des glandes génitales, d’abord de l'une, plus tard de l’autre.

C'est tantôt une orchite, tantôt une pachyvaginalite chronique.

L'orchite peut être diffuse ou circonscrite.

Elle est nodulaire et contient des spirochètes.

Pareillement la pachyvaginalite est généralisée ou localisée.

Dans les zones infiltrées, on trouve des tréponèmes. Qu'il s'agisse d'orchite ou de a lee il y a liberté du sac scrotal, et même du testicule dans le premier cas.

Quelques temps après, apparaissent le plus souvent, les signes de généralisation : ganglions, papules anales et surtout Syphilis du Testicule opposé.

L'examen histologique de ces lésions a montré que, bien qu'il s'agisse de lésions primitives, elles correspondent, au point de vue anatomo-pathologique, à des lésions tertiaires pareilles à celles du testicule syphilitique de l’homme.

À la périphérie des nodules même zone d'infiltration interstitielle avec endo et péri-artérite proliférante, avec sclérose diffuse, étouffant les canalicules séminifères.

Au centre dégénérescence granulo-graisseuse, aspect de tissu

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myxoedémateux, équivalent chez le lapin à la nécrose (Uhlenluth). j !

Les spirochètes très nombreux à la périphérie, sont de plus en plus rares au fur et à mesure que l'on se rapproche du centre. Mais, fait capital, on les trouve, non seulement dans les zones interstitielles, mais aussi dans la lumière des canalicules séminifères (Ossola).

La Syphilis expérimentale du lapin a été particulièrement attaquée ces derniers temps.

C'est qu'en effet, l’on s'est aperçu que cet animal, à l'instar du lièvre, pouvait être atteint d'une spirochétose spontanée : (la spirochètose cuniculi ».

On en a conclu, un peu rapidement, que toutes les expériences faites sur le lapin, ne présentaient qu'une garantie relative.

Or, pour ce qui concerne la Syphilis expérimentale proprement dite, (nous ne parlons pas de la maladie de Levaditi et Marie) et la spirochètose cuniculi, 1l n'y a pas de discussion possible. Ce sont deux maladies essentiellement différentes :

L'une, la première, provoquant des ulcérations, des nodules profonds, des orchites.

L'autre, la deuxième, caractérisée par des lésions superficielles, érythème ou papules, mais jamais d'atteinte testiculaire.

D'où l’on peut inférer : que la Syphilis du Testicule expérimentale est bien la même affection que la Syphilis du Testicule humain.

En résumé :

L'Etude de la Syphilis expérimentale du Testicule montre :

19 L'affinité très grande du tréponème pour le testicule et ce génitotropisme mérite d'être souligné.

2° Que la glande génitale peut être une véritable réserve de virus (Neisser et Truffi) ;

3° La Bilatéralité habituelle des lésions testiculaires chez le lapin ; |

4 La possibilité d'une pachyvaginalite syphilitique isolée sans lésion testiculaire :

5° La présence du spirochète dans les canalicules séminifères et la possibilité d'une Syphilis germinative paternelle :

6° La diminution de la fécondité et l'augmentation de la mortinalité chez les lapins inoculés.

Au cours des chapitres qui vont suivre, nous aurons l’occasion de rappeler ces données expérimentales, qui peuvent éclairer, dans une certaine mesure, la Syphilis du Testicule de l’homme.

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