‹ Syphilis du TesticuleChapitre 44 sur 65 · FORMES AIGUËS · texte numérisé non relu

FORMES AIGUËS

À) Epididymite secondaire.

C'est en réalité une forme subaiguë.

Elle ne nous retiendra pas longtemps.

Nos recherches nous ont permis, en effet, de conclure que c'est une affection qui, loin d'amener le malade au médecin, lui est révélée par ce dernier au cours d'un examen systématique.

Le Diagnostic se restreint donc singulièrement.

La localisation de la Syphilis à la tête de l'organe, ses irrégularités, en général petites, jointes aux antécédents et aux examens complémentaires (toucher rectal, urines? élimineront un noyau blennorragique ou tuberculeux, confiné en général à la queue de l'Epididyme.

À notre avis, un seul Diagnostic est discutable parce que difficile : |

Le Kyste de l’Epididyme.

Nous croyons que l’Epididymite secondaire est le plus souvent unilatérale ; le kyste assez souvent bilatéral. Il présente, en outre, une rénitence particulière qui contraste avec la dureté et la sensibilité des noyaux syphilitiques. Son volume est variable, mais lorsqu'il est gros, il est transparent ; les infiltrations syphihtiques sont toujours opaques.

Mais Kyste et Epididymite secondaire peuvent coexister, de sorte qu'en définitive le fraitement d'épreuve, seul, reste juge. Pour notre part, nous n'avons tenu compte que des infiltrations nodulaires ou diffuses de l'Epididyme qui ont cédé au traitement.

Il nous souvient d’un malade, observé à Boucicaut, en pleine éruption secondaire, avec Syphilides papulo-croûteuses généralisées du corps, des membres, du scrotum, de la face et du cuir chevelu ; avec plaques muqueuses de la langue et des amygdales, et qui présentait deux têtes épididymaires irrégulières : la droite, grosse comme un gros index, collée contre le testicule était dure et très sensible. La gauche, moins infiltrée, était peu douloureuse. Toutes deux portaient, en leur milieu, un noyau de la taille d'une grosse noisette.

Eliminant la Tuberculose et la Blennorragie, nous avions conclu, avec M. Pinard, à une épididymite secondaire. Le Diagnostic, cependant, ne nous agréait pas complètement. La bilatéralité et la taille des lésions allaient à l'encontre de nos observations sur l'Epididyme secondaire.

Ét de fait, quand six semaines après, le sujet étant blanchi, nous examinâmes à nouveau ses Epididymes, nous ne fûmes qu'à

moitié surpris de retrouver intacts les deux noyaux épididymaires, tandis que la tête épididymaire droite, incomparablement diminuée, était devenue souple, insensible et mobile. Le kyste épididymaire avait été, donc, ici, un point d'appel à une Epididymite secondaire diffuse et lisse.

B) Orchi-Epididymites syphilitiques tertiaires aiguës. a) Formes nettement aiguës, voire suraiguës.

Dans ces formes, on ne pense pas à la Syphilis. En l'absence de lésions uréthrales, génitales ou infectieuses, on pense au Néoplasme. Il en fut ainsi dans les deux observations que nous avons exposées : celle de Massabuau et la nôtre. Comme ces formes ne semblent pas céder au traitement anti-syphilitique, il n'y a que demi-mal, puisque, de toutes façons, la castration s'impose.

b) Formes subaiguës ou poussées aiguës des formes chroniques méconnues.

C'est alors le tableau d'une Orchi-Epididymite aiguë ; et, dans ce cas, on ne pense pas assez à la Syphilis. Tous les Diagnostic pourraient alors se poser :

Sur les Orchi-Epididymites aiguës des infections générales (ourlienne, rhumatismale, typhique) nous serons brefs. Elles s'accompagnent dans la règle, d'un cortège de signes ou d’antécédents suffisants.

L'Orchi-Epididymite paludéenne dont l'existence est douteuse, n'est, au bout du compte, qu’une grande exception. L'Orchi-Epididymite de la Fièvre de Malte peut, par contre (dans les régions où sévit cette affection), être d’un Diagnosüc plus difficile. Mais, fait capital, elle survient au cours d'une fièvre prolongée dans le deuxième ou troisième mois de la maladie, dont elle est davantage un signe qu’une complication.

L'Orchi-Epididymite tuberculeuse aiguë ne se voit pour ainsi dire pas chez l'adulte.

En réalité, restent trois diagnostics courants à discuter :

L'Orchi--Epididymite gonococcique :

L'Orchi-Epididymite urinaire,

Et tout un groupe d'Orchi-Epididymites aiguës ou subaiguës mal connues.

L'Orchi-Epididymite gonococcique, c'est la plus fréquente. Elle se rencontre à tout âge, et qui plus est, très longtemps après la poussée apparente de la maladie (Augagneur).

L'Orchi-Epididymite urinaire n'est pas rare. Elle est l’apa-

nage du prostatique ou du rétréci, bref du sujet à urines troubles, vidant mal sa vessie et qui se sonde.

Les Orchi-Epididymites infectieuses aiguës ou subaiguës constituent un groupe qui n'a pas été démembré complètement :

‘On en connaît d'origine uréthrale (infection à coli ou staphylo) ; On en a citées d'origine traumatique (?), suite de kélo-

tomie (Mandl).

En pratique, le Diagnostic de toutes ces Orchi-Epididymites se fait par élimination.

Sauf évidence, un examen complet est nécessaire :

Examen de la prostate et des vésicules, du canal, de l’écou- RS : ; lement uréthral, s'il existe, des urines, si elles ne sont . , pas claires, de l'état général, des antécédents.

S'il ne s'agit pas d'une Orchi-Epididymite gonococcique ou, d' une Orchi- Epididymite urinaire, 1l faut penser à une poussée

aiguë de Syphilis qu'il faut rechercher avant de conclure à une Orchi-Epididymite infectieuse de cause mal connue.

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