CONCLUSIONS
Il est toujours difficile de résumer un travail. Dans leur brièveté et leur sécheresse, les conclusions risquent de refléter mal la pensée de l’auteur. Au lieu de la traduire, elles la trahissent.
Nous nous soumettrons cependant à la loi commune et essayerons de donner la quintessence des chapitres qui précèdent, non sans avoir rappelé que dans le royaume de la clinique, l'axiome ne règne pas.
I. — La Syphilis du Testicule est, le plus souvent, non pas une orchite, mais une Orchi-Epididymite, et ce nom mérite de lui rester. Elle s'accompagne d'altération constante — ou à peu près — de la vaginale et de lésions très fréquentes du cordon (funiculite).
Il. — La Syphilis du Testicule est moins rare qu'on ne l'écrit, car à côté du testicule syphilitique classique, il faut placer : e
19 Des formes bénignes ou latentes, qu'on découvre chez certains Syphilitiques tertiaires et qui permettent de résoudre le Diagnostic lorsque les lésions qui amènent le malade sont douteuses.
2° Des formes liquidiennes (ainsi appelées à cause de l'abondance de l’épanchement) et qu’on prend habituellement pour une hydrocèle banale, dont il convient de les différencier par l'enquête étiologique, le Wassermann dans le liquide, voire le traitement d’épreuve.
3° Et surtout une Syphilis occulte à qui nous avons essayé de donner droit de vie.
Basée, d'une part, sur la présence du spirochète dans le sperme, démontrée par les recherches expérimentales (inoculation et examens directs) : d'autre
part, sur les malformations des spermatozoïdes, Ex diminution ou leur suppression. (azoospermie), Syphilis occulte du Testicule a une importance AE et théorique incontestable. Elle peut ouvrir sur l’hérédité syphilitique certains horizons insoupconnés.
HE. — Si nous avons insisté sur l'atteinte épididymaire, c’est non seulement parce qu'elle nous a paru fréquente dans l'Orchi- Epididymite proprement dite, mais aussi parce qu'elle peut se présenter isolée.
Nos recherches nous ont permis de conclure :
1° Que l'Epididymite syphilitique secondaire existe sans conteste, mais qu actuellement (vu sans doute la précocité et les qualités du traitement chez les Syphilitiques) elle est un peu différente de l'Epididymite classique de Dron: elle est rare, toujours subaiguë, à ù manifestations cliniques minimes, de sorte qu'elle est méconnue, non seulement du malade, mais aussi, très souvent, du médecin qui ne la recherche pas ou qui ne sait pas la rechercher.
+ | . . . . . o 29 Que l'Epididymite tertiaire, considérée comme une exception, doit, devenir classique, car ce nest pas une rareté.
IV. — Au cours de la Syphilis héréditaire précoce du Testicule,
il convient de souligner la forme liquidienne, c'est-à-dire certaines
hydrocèles du nourrisson, décrites par le professeur Marfan et ses élèves.
Dans la Syphilis héréditaire tardive, le testicule est assez
fréquemment atteint, et c'est alors une forme essentiellement
gommeuse.
V. — La Syphilis du Testicule est moins facile à diagnostiquer qu ‘on ne le dit : parce que à côté des formes types, classiques (testicule irrégulier, ‘indolore, exceptionnellement en galet), il existe, comme nous l'avons vu, d'une part, des formes latentes, inaperçues ; des formes HART non diagnostiquées, la aiguës rares, des assoclations pathologiques (Syphilis et Blennorragie ; Syphilis et Tuberculose ; Syphilis et Néoplasme ?); et surtout des formes pseudo-néoplasiques, que l'on prend pour des Néoplasmes et que l'on opère.
Cette opération étant la castration, 1l importe de se munir auparavant de toutes garanties :
Réaction de Bordet-Wassermann (assez aléatoire), mais surtout le fraitement d'épreuve (court, intensif, polymédicamenteux) $
Et la Biopsie pour laquelle nous avons essayé de donner une description détaillée de l'aspect macroscopique des testi-
cules syphilitiques. FRS Malgré tout, comme il existe des cas ne cédant pas au
traitement (gommes géantes, association pathologique), comme l'exploration sanglante, facile et inoffensive, ne donne pas toujours un arrêt sans appel, comme l'examen microscopique lui-même est quelquefois douteux, le diagnostic dans ces cas reste extrêmement difficile, quasi impossible, et l'erreur est inévitable.
Mais il convient de tout faire — en particulier traitement d'épreuve systématique — pour que cette erreur soit exceptionnelle, non préjudiciable au malade et excusable pour le
médecin.
Et si maintenant nous assayons de condenser dans une phrase nos conclusions, nous dirions :
1° Toute tumeur des bourses, liquide ou solide, chronique et quelquefois aiguë, doit faire rechercher la Syphilis ;
2° et réciproquement, au cours de la Syphilis secondaire, tertiaire ou latente, acquise ou héréditaire, on doit toujours explorer l'appareil épididymo-testiculaire !
Vu : le Doyen, Vu : le Président de Thèse, H. ROGER E. JEANSELME
Vu et permis d'imprimer, Le Recteur de l'Académie de Paris, P. LAPIE