‹ Syphilis et Endocardites infectieusesChapitre 16 sur 19 · MOULE · texte numérisé non relu

MOULE

A première vue l'état général semble en effet plaider pour la typhoïde. En réalité, en dehors des symptômes gênéraux, on constate l’absence de taches rosées; une cyanose insolite, une dyspnée à 40.

La température atteint 39° le matin, 39% le soir.

Et surtout l'examen qui montre du reste une grosse rate révèle une lésion cardiaque : un souffle systolique bruyant, empiétant sur le grand silence, invariable avec la respiration et avec les mouvements. La tension artiérielle est : 12-9.

Dans les antécédents, syphilis reconnue par le malade.

On complète l'examen et on trouve une abolition des refiexes des membres inférieurs, une inégalité pupillaire el un signe d’Argyll-Robertson.

Malgré les traitements anti-infectieux, la mort survient rapidement en quelques jours, dans l’hyperthermie.

Autopsie. — Végétations mitrales. Sans caractère particulier, pas de lésion spécifique en dehors du cœur, lésions d'infection générale : foie, rate, poumons, etc...

Le malade ici semble être décédé sans insuffisance cardiaque à proprement parler, emporté par une infection suraiguë.

Bordet-Wassermann positif.

OBSERVATION XII. —— A... L..…., 61 ans.

Arrivé à l'hôpital le 7 novembre 1926.

L'examen montre un malade pâle avec 39° de fièvre dyspnéique.

LÉ

À l’auscultation des poumons, on ne constate que quelques râles de bronchite diffuse.

L'examen du cœur montre une légère tachycardie, sans arythmie et un léger souffle systolique siégeant un peu en dedans de la pointe et au-dessus, se propageant peu.

La tension artérielle est de 13-8.

Le foie est un peu gros et sensible, la rate est percutable mais non palpable.

Un peu d’albumine dans les urines.

Dans les antécédents, ni maladie infectieuse grave ni rhumatisme articulaire aigu. Syphilis reconnue. On la vérifie à l'examen par une cicatrice de chancre, sans aucun autre signe : le Bordet-Wassermann est négatif.

L'évolution se poursuit pendant une semaine sans grandes modifications. Une première hémoculture est négative ; une seconde faite 5 jours après n'est pas plus heureuse.

Entre temps, le malade maigrit considérablement, pâlit davantage, se sent de plus en plus faible et ne mange pas.

Le traitement consiste : salicylate de soude par la bouche et intra-veineux, trypaflavine intra-veineuse.

Aucune amélioration. Et même augmentation d'in-

tensité du soufle, augmentation de volume du foie et diminution des urines.

Un examen de sang montre une diminution des glabules rouges, une légère augmentation des globules

L'ÉMe

blancs, une diminution de l’hémoglobine sans autre modification.

Au bout de 3 semaines l'état semble s'améliorer légèrement, la température diminue. Mais la pâleur, la dyspnée persistent, le souffle est toujours aussi bruyant ei n’a@ pas varié.

Cependant, quelques jours après, le timbre devient piaulant, presque musical, en même temps que la dyspnée augmente. Une nouvelle hémoculture est négative. Une série d'’injections intra-veineuses quotidiennes de 1/4 de milligramme d'ouabaïne n'apporte aucune amélioration, et le malade meurt comme un infecté.

Autopsie. — Grosse congestion pulmonaire bilatérale. Végétations multiples sur la valvule mitrale et sur la paroi de l'oreillette. Un pilier est en partie rongé par une de ces végétations. Le foie est gros, décoloré et mou ; la rate est grosse. Les reins sont légèrement atrophiés.

Aucune trace de syphilis viscérale.

OBSERVATION XIII. — A... G.…, 44 ans.

Entre à l’hôpital le 24 avril 14924 pour des troubles cardiaques : douleurs à l'effort dans la région précordiale, essouffiement facile, pâleurs récentes mais s’accentuant rapidement.

Dans les antécédents une syphilis datant de 40 ans, traitée pendant trois ans, au bout desquels le Wassermann aurait été négatif. Jamais de rhumatisme dans le passé.

Examen. — Le malade est pâle, non dyspnéique,

AS ee

l'examen montre un souffle systolique léger à la pointe, et un double souffle de la base.

La tension artérielle est à 12-6.

L'examen du sang montre une formule sensiblement normale.

La radio montre un gros cœur gauche.

La température est peu élevée : 38°-38°5, mais le malade est extrêmement fatigué.

On entreprend un traitement par l’ouabaïne qui n'’aliore pas les symptômes.

Bien plus, la température commence à osciller, atteint 39°, le foie augmente de volume.

Les bruits du cœur ne sont pas modifiés mais plus rapides. La tension n’a pas changé.

L’hémoculture pratiquée par deux fois est négative. Le Bordet Wassermann est positif.

La mort survient rapidement en quatre semaines.

Autopsie. — Gros cœur gauche, insuffisance aortique, légère perte de souplesse de l'aorte, sans aucune végétation.

Sur la valvule mitrale, très petites végétations.

Il est intéressant ici de constater l'absence de toute lésion aiguë sur l'aorte et au contraire la localisation exclusive des végétations sur la valvule mitrale qui ébait auparavant indemne.

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